‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 11 sur 105 · CAUSES DE GRAVITÉ · texte numérisé non relu

CAUSES DE GRAVITÉ

doivent être faits, que les considérations les plus ingénieuses de physiologie pathologique.

Pourquoi la gravité de la pneumonie va-t-elle augmentant avec les progrès de l'âge? Il m'a semblé que parmi les causes, qui rendent cette maladie dangereuse, les modifications dans la force musculaire du cœur interviennent en première ligne. Quand la pneumonie se complique d'une péricardite, ou quand elle affecte un individu atteint de maladie cardiaque, elle est presque toujours mortelle ; on en comprend la raison. Une hépatisation d'un lobe pulmonaire constitue un obstacle considérable à la petite circulation; les capillaires des parois alvéolaires, comprimées par le contenu solide des alvéoles, laissent difficilement passer le sang; le ventricule droit a besoin d'un surcroît d'activité pour vaincre cette résistance et faire traverser à ce liquide ce parcours semé d'obstacles jusqu'au cœur gauche. Si la contractilité cardiaque fait défaut, si la musculature est altérée dans sa structure, elle devient insuffisante à sa tâche, le sang stagne dans le poumon; à l'hépatisation s'ajoutent la stase sanguine et ses suites; le cœur gauche ne reçoit plus que peu de sang artérialisé; dans ces conditions, le pouls devient extrêmement fréquent, petit, dépressible ; le cœur gauche se contractant presqu'à vide, et n'ayant que peu de sang à lancer dans la grande circulation, bat fréquemment et mollement, et les malades succombent finalement à cette insuffisance cardiaque. On voit donc que la guérison de la pneumonie est subordonnée, dans une certaine mesure, à l'intégrité du muscle du cœur. Aussi chez les alcoolisés qui, vieillards avant l'âge par le cœur et les artères, ont tous le cœur gras et friable, la pneumonie est souvent

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iiioilellf. LÏ'UU graisseux du cœur esl le résultai liabituel des progrès de l'âge. « De trente à quarante ans, dit M. Tourdes ('), une couche de graisse plus ou moins abondante se dépose sur cet organe et en augmente le volume et le poids. Plus tard, le tissu musculaire luimême subit la dégénérescence graisseuse ; il devient pâle, friable ; il perd de son élasticité et de sa contractilité ; c'est la fibre elle-même qui subit cette transformation; Tatrophie graisseuse paraît être le dernier terme des modifications du cœur chez les vieillards. D'autre part, l'athérome des gros vaisseaux débute souvent entre trente et quarante ans; on observe alors quelques points blanchâtres, qui annoncent le commencement de la déçrénérescence m-aisseuse. » Au delà de soixante-dix ans, il est rare que nous ouvrions le corps d'un vieillard sans rencontrer le cunir mou et friable et les artères athéromateuses ; à voir ce cœur dont le muscle, pâle et sans consistance, se laisse déchirer à la moindre traction, vous comprenez que si une résistance insolite se trouve sur le chemin de la petite ou de la grande circulation, il no puisse la surmonter.

A l'appui de cette opinion, je relate ici, aussi succinctement que possible, les observations des cas de pneumonie qui se sont terminés par la mort à mon service de l'hùpital Saint-Charles, depuis deux ans. (Voir Obs. l, VIll, IX).

Obskrvation XII. — Nicoliis Tnipp, garçon !)oucher, Agé de 50ans, entre ;i l'hôpital le 15 septembre 1874, .")'' jour d'une pneumonie qui a débuté le 22 par un frisson, de la toux, de l'expecloration, sans point de côté. C'est un homme adoinié depuis longtemps aux boissons alcoolicjues. On constate à gauche lie la malilé avec souffle el râles crépitants, depuis le tiers inférieur de l'omoplate

(') Article Age. in Dictionnaire encydopédique des sciences médicales.

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