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INDICATIONS DE LA SAIGNÉE

n'agit ni contre la fièvre, ni contre la phlogose, elle peut agir contre un des éléments accessoires de la phlogose, qui peut devenir dangereux par lui-même, contre la congestion sanguine du poumon, lorsque celle-ci devient, cause de danger.

Chaque fois que, chez un sujet jeune et vigoureux, la dyspnée est intense, la cyanose considérable, l'asphyxie imminente, la clinique seule vous apprendra à reconnaître ces cas, n'hésite^ pas à pratiquer une large saignée et à y revenir au besoin. Cette dyspnée peut être due à un engouement considérable des deux poumons. Autour du foyer pneumonique peut se faire une congestion intense, secondaire, inflammatoire, qui encombre le champ de l'hématose. Dans ces cas de congestion active du poumon indiquée par l'oppression considérable, la cyanose, les râles et la submatité étendus à une grande partie des poumons, la saignée peut être utile; elle est indiquée, elle peut sauver la vie au malade.

La congestion sanguine du poumon n'est pas toujours inflammatoire. Beaucoup d'auteurs admettent que cet organe peut devenir le siège d'un œdème collatéral, œdème aigu, actif de Niemeyer. Dans les sections du poumon non enflammé, il surviendrait, d'après Niemeyer, Oppolzer, Jaccoud, une hyperémie collatérale considérable qui gonfle les parois des alvéoles ; le sang de l'artère pulmonaire pénètrç dans les vaisseaux restés perméables, les autres étant comprimés par l'exsudat pneumonique, et les vaisseaux ainsi distendus activement donnent lieu à de l'œdème pulmonaire et, par suite, à une expectoration séreuse abondante. Dans ces cas, l'on conçoit qu'en diminuant le contenu du système veineux du poumon, on favorise

la résorption de l'œdème pulmonaire et on rend l'air au poumon.

Je suis plutôt de l'avis de Jûrgensen (') ; je pense que cet œdème pulmonaire, qui se traduit quelquefois par les signes d'un catarrhe bronchique généralisé, est le plus souvent passif; qu'il est dû non à ce que le cœur droit envoie trop de sang aux vaisseaux perméables, mais à ce que ce cœur ne peut surmonter l'obstacle que le cours du sang trouve dans le poumon; le sang s'.accumule dans le cœur droit qui se distend et n'a pas assez de force pour envoyer le sang à travers le poumon dans le cœur gauche ; ce cœur restant vide, le pouls devient petit et faible, ou s'il est ample, il est mou et dépressible ; c'est une stase passive par insuffisance cardiaque qui donne lieu à l'œdème pulmonaire. Aussi cette complication vient-elle surtout chez les sujets dont le cœur était déjà altéré dans sa nutrition. Quand la pneumonie affecte un vieillard, un emphysémateux, un alcoolisé, elle est presque toujours mortelle, parce que leur cœur, déjà dégénéré, ne peut lutter contre l'obstacle pulmonaire. Dans ces cas, ainsi que nous le verrons plus tard, ce sont les stimulants du système nerveux, les excitants cardiaques qui sont indiqués. Les émissions sanguines diminuent bien momentanément la quantité de sang qui encombre le champ respiratoire ; mais leur action n'est que passagère. Comme la cause de la stase existe toujours et que la saignée ne tonifie pas le cœur, la stase se reproduit bientôt. Cependant alors la saignée peut être utile en faisant gagner du temps; pendant que le poumon est un peu dégorgé, l'œdème alvéolaire peut se

(') JùRGE.NSE.v. GrunJsûtze fur die Bchandlung der croupôseti Pneumonie in Volkmann's Sammlung Klinischer Vortrûge.

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