LA DOCTRINE DE BUIIF. EST INSUFFISANTE
orcliite siippurée, soit dans le poumon, résultant d'une inflammation scrofuleuse^ la matière caséouse, quelle que soit son origine, peut se résorber par voie lymphatique ou veineuse et donner lieu secondairement, soit par infection, soit par irritation mécanique, à la formation de granulations miliaires. La granulie serait toujours consécutive à un foyer caséeux existant quelque part dans l'organisme. Je ne sais si cette théorie est fondée, mais je conteste qu'elle exphque tous les faits. J'ai observé au moins 4 ou 5 cas de tuberculisation granuleuse généralisée dans lesquelles Fautopsie, malgré des recherches très-minutieuses, n'a pas montré le foyer caséeux tuberculigène; je vois tous les jours nombre de scrofuleux dont les glandes sont infiltrées de pus caséeux, et ils ne deviennent pas tuberculeux. Le plus grand nombre de ceux-ci ne m'ont pas paru avoir d'antécédents scrofuleux. La diathèse scrofuleuse a considérablement diminué, ce me semble, depuis quelques années, grâce aux progrès de l'hygiônf privée et publique. Depuis que les relations plus faciles ont amélioré les conditions matérielles de l'existence, depuis que dans les quartiers, autrefois infects et obscurs, l'air et la lumière ont pénétré, le nombre des scrofuleux a manifestement diminué dans les grandes villes et cependant le nombre des tuberculeux est toujours resté le même.
Un mot encore ; car je ne veux pas entamer ces questions grosses de discussions. Uae seule considération clinique sur laquelle je veux appeler votre attention. De même que la péritonite, la tuberculose pulmonaire peut être stationnaire. Tout individu /««^ercw/^2«a; n'est pas phthisiqtie; c'est-à-dire qu'un individu peut avoir dans son
poumon des lésions tuberculeuses et celles-ci rester passives, sans évolution, sans trouble fonctionnel. J\ii, présentes à l'esprit, plusieurs personnes, parmi lesquelles trois condisciples aujourd'hui médecins, qui ont eu, dans leur jeunesse, des hémoptysies d'origine tuberculeuse; puis les accidents se sont arrêtés et elles ont déjà fourni une assez longue carrière sans plus ressentir aucun symptôme de la tuberculose. Elles ont des tubercules stationnaires, mais elles n'ont pas d'évolution tuberculeuse. Quand vous aurez reconnu cliez un malade les signes physiques de la tuberculose, pour que votre diagnostic et votre pronostic soient quelque peu précis, sachez s'il y a ou non évolution active, et à cette question cest le thermomètre qui répondra. Tant que la température reste normale matin et soir, les signes physiques persistent les mêmes, l'affection reste stationnaire, il n'y a pas évolution.
Vous avez pu, en suivant les malades du service, voir des cas où cet état stationnaire des tubercules s'est maintenu plus ou moins longtemps :
i°Le 7 janvier 1875, est entrée à la salle Notre-Dame une vieille femme de 72 ans, mère de huit enfants, dont deux étaient morts tuberculeux. Elle-même, sujette aux rhumes depuis des années, nétait réellement malade que depuis le 1" janvier, et avait de la fièvre depuis ce moment; la poitrine révélait une tuberculose, surtout au sommet du poumon droit: sonorité moindre en avant et à droite; respiration rude et expiration prolongée; quelques rhonchus et sibilances. En arrière, matité dans la fosse sus-épineuse droite, expiration prolongée, un peu soufflée, retentissement de la voix, râles muqueux consonnants. Six jours après l'entrée de la malade, la fièvre tomba, la