‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 28 sur 105 · TUBERCULOSE PULMONAIRE STATIONNAIRE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE PULMONAIRE STATIONNAIRE

température, qui montait le soir à 39' et au-dessus, redescendit entre 36° et 37°, et depuis lors jusqu'au 26 juin, tant que cette femme resta dans notre service, elle conserva sa température normale, et les symptômes pulmonaires ne s'aggravèrent pas.

2° En juillet 1875, est morte à notre service de phthisie pulmonaire, la nommée Schultz (Marie); elle avait 71 ans; dans son enfance elle avait été traitée comme tuberculeuse, ce qui ne l'empêcha pas de fournir une longue carrière et de faire cinq grossesses heureuses. Mais sur cinq enfants, un seul, âgé de 23 ans, vivait encore. Ce n'est qu'à l'âge de 68 ans qu'elle eut des hémoptysies, commença à cracher, à avoir des sueurs nocturnes ; elle entra à l'hôpital avec des craquements aux deux sommets, et l'autopsie montra des lobules de pneumonie caséeuse et des granulations tuberculeuses disséminées au sommet.

3" Au n° 8 de la salle Notre-Dame, vous avez pu voir, du 19 novembre 1874 au 6 février 1875, une femme de 61 ans, brodeuse, pâle et amaigrie par la misère, mère de trois enfants qui sont morts. Elle toussait depuis 4 à 5 ans, et présentait des signes de tuberculose évidente : submatité sous la clavicule droite; expiration prolongée et soufflée avec quelques râles consonnants ; elle avait sous la clavicule gauche de la respiration rude et l'expiration prolongée; en arrière, la fosse sus-épineuse droite était mate, et dans les deux sommets on percevait du souffle, du retentissement de la voix, des craquements humides quand la malade toussait. Elle n'avait, d'ailleurs, ni diarrhée, ni sueurs nocturnes. Pendant les six semaines qu'elle resta à l'hôpital, la température ne s'éleva pas au-dessus de 37°, et les symptômes physiques restèrent absolument stationnaires.

Je pourrais multiplier ces faits, bien connus d'ailleurs, bien vulgaires, mais qu'il importe de^ rappeler à ceux qui s'engouent trop facilement de la vertu thérapeutique des spécifiques qui, à l'instar du sylphium cyrenaïcum, surgissent à chaque instant dans la matière médicale. Voilà un cas de péritonite tuberculeuse chronique, voilà des cas de tuberculose pulmonaire qui, sans autre traitement sérieux que l'hygiène hospitalière et quelques médicaments palliatifs de la toux et de l'expectoration, comme l'opium ou le goudron, etc., sont restés stationnaires. Les médications spécifiques eussent pu revendiquer l'honneur d'avoir produit cet arrêt du procès pathologique. Aussi, avant d'instituer un traitement de la tuberculose, dans un cas donné, ayez soin d'observer votre malade pendant plusieurs jours; si la fièvre est absente, la maladie ne progresse pas; l'hygiène et le régime suffisent; s'il y a fièvre, tant qu'elle persiste, l'affection est progressive, il y a évolution active du procès, et c'est alors que vos efforts doivent tendre à l'enrayer. N'oubliez pas ce fait banal, mais qu'on oublie trop souvent. Étudiez chaque tuberculeux le thermomètre à la main et vous apprécierez .avec plus de certitude la marche aiguë, .subaiguë, chronique ou l'état stationnaire du processus; vous agirez en connaissance de cause et vous serez moins exposés aux illusions thérapeutiques.

CONSIDÉRATIONS ETIOLOGIQUES

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