‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 31 sur 105 · SOUFFLE ORGANIQUE SANS OBSTACLE VALVULAIIIE · texte numérisé non relu

SOUFFLE ORGANIQUE SANS OBSTACLE VALVULAIIIE

interne de rendocarde ; ils ne disent pas si cette altération de texture a rétréci l'orifice ou rendu la valvule insuffisante. Que de fois voyons-nous des dépôts de mass^ athéromateuses calcaires dans le cul-de-sac des valvules sigmoïdes de l'aorte, chez des sujets dont les valvules étaient nonobstant suffisantes et dont le cœur fonctionnait à merveille !

Quant à Thypertrophie du cœur dans notre cas, elle peut être considérée comme compensatrice, en ce sens qu'une partie du travail du cœur est absorbée en pure perte par les vibrations transmises jusqu'à la paroi thoracique sous forme de frémissement cataire ; c'est là une résistance à la circulation dans le trajet cardiaque du sang, comme l'athérome artériel est une résistance dans le trajet artériel ; le ventricule est donc obligé d'augmenter sa contraction pour fournir le même travail utile; de là son hypertrophie.

Comparez à ce malade (') qui brave si vaillamment son affection valvulaire, cette femme de 64 ans, couchée au n" 4 de la salle Sainte-Anne (voir Observation VIII j ; elle n'a

(') Actuellement, octobre 187 G, se trouve couché à la salle Saint-Charles, un jeune homme au '.]'' septénaire d'une fièvre typhoïde. Ce jeune homme, qui a 29 ans, a eu à l'âge de M ans un rhumatisme articulaire aigu avec endocardite, sans récidive depuis. Il présente une hypertrophie considérable du cœur gauche dont la pointe bat avec force contre le septième espace intercostal, à un travers de doigt en dehors du mamelon ; à l'auscultation on perçoit des bruits réguliers et forts, un bruit de sourtle doux avec piaulement présystolique et syslniiqiie à la pointe imitral) et un bruit de souffle plus rude, diastolique à la base laortiquei. Il existe donc des altérations aux deux orifices du cœur; et cependant ce jeune homme, qui est menuisier, très-laborieux, à son ouvrage tout l'été depuis quatre heures du matin, et faisant des efforts musculaires considérables, n'a jamais eu ni battements de cœur, ni oppression, ni toux, ni expectoration, ni aucun trouble fonctionnel. Il est entré à l'hôpital avec une fièvre typhoïde bénigne, sans aucun symptôme pulmonaire ; actuellement on ne per(.'oit à l'auscultation de la poitrine que des râles ronflants et sibilants discrets.

qu'une hypertrophie du cœur dont la pointe bat au 7*" espace intercostal, à 3 centimètres en dehors du mamelon ; •Ses orifices et ses valvules sont sains, son cœur n'est pas gras, et cependant sa face est bouffie, ses lèvres cyanosées, ses bras et ses jambes infiltrés de liquides; ses poumons, engorgés de sang et de sérosité, font entendre des râles sous-crépitants et de l'expiration soufflée dans les sommets. Ses urines sont cardiaques et indiquent une diminution dans la tension artérielle. C'est la troisième fois qu'elle vient à notre service; le repos et la digitale, régularisant et renforçant la contraction de ce cœur de bœuf, rétablissent pour un certain temps l'équilibre de la circulation et lui rendent un peu de bien-être. Mais elle ne peut se livrer au moindre travail, faire le moindre effort, sans qu'aussitôt cet équilibre, toujours instable, ne se perde de nouveau, et l'asystolie reparaît. Voilà donc tout le tableau de la cachexie cardiaque tel que pourrait la réaliser un rétrécissement mitral produit par une affection cardiaque, sans qu'il existe aucun obstacle à la circulation intra-cardiaque.

Les faits semblables sont d'une très-grande fréquence; vous rencontrerez dans la pratique, plus souvent que vous ne pourriez le penser d'après les livres sur la pathologie du cœur, des cas de maladies cardiaques sans lésion valvulaire, ou dans lesquelles la lésion valvulaire ne joue qu'un rôle secondaire; et je n'entends parler ici ni des myocardites ni des péricardites. Dans les premiers temps que j'étais chargé de cet enseignement clinique, je diagnostiquais plus souvent que je ne le fais aujourd'hui des rétrécissements et des insuffisances valvulaires. En présence d'une hypertrophie du cœur avec œdème pulmo-

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