LEUR FRÉQUENCE
naire, cyanose, anasarque, urines cardiaques, surtout lorsque ces symptômes s'accompagnaient d'un bruit de souille doux, il me semblait naturel d'admettre qu'un obstacle mécanique était la cause de la stase du sang à tergo, et de sa répartition inégale dans les systèmes veineux et artériel. Que de fois l'autopsie donnait un démenti, et ne découvrait qu'une hypertrophie simple du cœur avec ou sans dégénérescence graisseuse, quelquefois un cœur gras sans hypertrophie, rarement une dilatation simple du cœur sans hypertrophie, ni dégénérescence graisseuse; dans quelques cas, l'autopsie ne trouvait aucune altération notable du cœur. Souvent il est vrai, à côté de l'hypertrophie, on rencontrait sur les valvules du cœur quelques épaississements, quelques nodosités sclérotiques au niveau des insertions tendineuses, mais en réalité il n'y avait là ni sténose ni insuffisance; les valvules étaient aptes à fonctionner normalement. Pour réaliser le rétrécissement ou l'insuffisance voulus, le clinicien jaloux de son diagnostic devait forcer les faits, torturer, si je pais dire ainsi, les altérations valvulaires, supposer les valvules maladroites, mettre de connivence je ne sais quelle paralysie fonctionnelle des piliers charnus de la valvule. La vérité est que si les lésions endocardiques pouvaient expliquer, ainsi que je l'ai dit, les bruits de souffle perçus à l'auscultation, elles ne rendraient pas compte du mécanisme des stases à tergo. Rappelant ensuite mes souvenirs et me remémoriant toutes les autopsies de maladies du cœur auxquelles j'ai assisté, je suis arrivé à cette opinion que le nombre des obstacles valvulaires réels, primitifs du cœur, tout considérable qu'il est, ne l'est pas autant qu'on se l'imagine généralement ; ce n'est pas, dans la majorité des
cas, par ses orifices et ses valvules que le cœur commence à devenir malade. Les aflections valvulaires sont presque exclusivement réservées au rhumatisme et à rathérome sénile; et cène sont pas là, tant s'en faut, les seules causes des affections cardiaques.
Il existe donc une série de maladies du cœur qui aboutissent soit, dans le plus grand nombre de cas, à riivpertrophie simple du cœur, soit à sa dégénérescence graisseuse, maladies susceptibles de donner lieu aux phénomènes de Tasystolie aiguë ou chronique; le mot asystolie, pris dans le sens de dyssystolie, n'exprime qu'un syndrome : affaiblissement de la systole du co'ur et ses conséquences, insuffisance cardiaque.
La grande découverte de Bouillaud sur la coïncidence du rhumatisme avec les affections valvulaires du cœur, avait absorbé toute l'attention des cliniciens dans l'étude des obstacles organiques siégeant aux orifices du cœur et de leurs conséquences. La théorie des maladies du cœur devint toute mécanique; Ihypertrophie du cœur n'est que providentielle ; quand elle existe, il faut chercher un obstacle mécanique, soit dans le cœur lui-même, soit dans l'arbre de la grande ou de la petite circulation. On connaissait, depuis Louis, Tinfluence des affections pulmonaires chroniques, c'est-à-dire des obstacles à la petite circulation,, sur l'hypertrophie du cœur droit; on savait, au moins depuis Ilope, que l'augmentation de la tension artérielle résultant de l'athérome artériel détermine l'hypertrophie du cœur gauche ; enfin, depuis Bright et surtout depuis Traube, on sait que cette môme hypertrophie existe habituellement, avec l'atrophie des capillaires, dans la néphrite interstitielle. Dans tous ces cas, c'est une