PAR OBTACLES A LA CIRCULATION
phie. L'hypertrophie dans ces cas ne reste pas toujours circonscrite au cœur droit, elle envahit le cœur tout entier; je Tai constaté souvent, et vous concevez que cela doit être, en raison de la connexité anatomiquc des deux cœurs qui ne constituent qu'un seul muscle à fibres anastomosées.
Lorsqu'un obstacle existe sur le trajet de l'arbre aortique, c'est au cœur gauche qu'incombe un surcroît de travail pour vaincre cette résistance ; c'est lui qui s'hypertrophie d'une façon prédominante. Or, vous savez combien sont fréquentes les causes susceptibles de gêner le cours du sang de la grande circulation; celles que vous rencontrez le plus souvent à la clinique sont l'athérome artériel et la néphrite interstitielle. La grossesse, qui crée un nouveau champ d'irrigation à alimenter par le cœur, qui augmente par là son travail, produit souvent une hypertrophie passagère du cœur. Les grossesses nombreuses et répétées à de courts intervalles ne peuvent-elles pas engendrer quelquefois une hypertrophie persistante de cet organe? Nous avons souvent inscrit cet antécédent chez des femmes à cœur hypertrophié.
La troisième série de causes morbides, que je me contente d'énoncer, comme la précédente, consiste dans les causes qui agissent directement sur l'organe central luimême, soit sur l'endocarde, soit sur le muscle cardiaque. Le rhumatisme et Tathéromc sont les diathèses principales qui affectent l'endocarde et localisent spécialement leurs effets aux orifices et valvules du cœur. La fibre musculaire est affectée par la goutte, la sénilité, les cachexies diverses, les maladies infectieuses, les maladies fébriles prolongées. Beaucoup de poisons stéatosent le muscle
cardiaque; tels sont : le phosphore, l'arsenic, le sublimé, les acides, etc., mais avant tous, celui qui produit le plus souvent cet eiïet, parce qu'il est le plus répandu, c'est l'alcool. Je n'insiste pas davantage sur ces causes et sur le mécanisme de leur action. Il nous faudrait toucher à trop de questions à la fois. C'est une question de pathologie générale que j'ai cherché à étudier.
Qu'il me suffise d'avoir établi que le cœur devient malade à la suite d'influences diverses. Parmi ces influences, les unes agissent directement sur l'organe central, endoearde, péricarde ou muscle cardiaque ; d'autres troublent indirectement le fonctionnement de cet organe en afl'eclant l'un des éléments de son système nerveux, soit l'innervation centrale bulbaire, soit, l'innervation périphérique ou ganglionnaire, par voie directe ou réflexe; d'autres enfin agissent sur la fonction cardiaque par des obstacles apportés à la circulation générale ou pulmonaire.
N'oubliez pas, d'ailleurs, que ces diverses influences peuvent se combiner, et se combinent sans doute le plus souvent; car tous les systèmes de rori?anisme, toutes les fonctions sont associés dans un but commun; toute cause morbide agit par un mécanisme complexe. Les passions déprimantes, par exemple, affectent le système nerveux du cœur; de plus, affectant les fonctions digestives, elles altèrent la nutrition des organes, et peuvent engendrer l'anémie, dont le cœur subit l'effet. Par quel mécanisme agissent les efforts musculaires, pour produire cet état qu'on a appelé surmènement du cœur? Beau expliquait les palpitations qui surviennent chez un iiulividu qui a fait une course rapide, en admettant que le sang veineux expulsé des muscles par leur contraction