‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 44 sur 105 · INFLUENCE DES EFFORTS MUSCILAIRES. ^1\Ç · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES EFFORTS MUSCILAIRES. ^1\Ç

arrive en très-grande quantité au cœur, que l'ondée se forme plus volumineuse dans les cavités, et que celles-ci, douées momentanément d'une force de réaction proportionnelle à la surabondance de l'ondée, la hincoat vivement et font choquer la pointe du cœur contre la paroi thoracique. Reynaud pense que, conformément aux expériences de Claude Bernard, il survient, sous l'inlluence de l'exercice musculaire, une diminution considérable de la tension artérielle ; d'où accélération du cœur.

Mais voyez comment tous ces faits sont sujets h des interprétations diverses. Si un exercice musculaire modéré peut, en favorisant le cours du sang dans les capillaires, accélérer le cours du sang et abaisser ainsi la tension artérielle, il est possible d'autre part qu'une contraction musculaire violente et prolongée, comprimant et étranglant les capillaires, augmente la résistance au cours du sang; et si ces contractions se répètent souvent, elles agissent en réalité comme un obstacle permanent qui commande un travail plus considérable et par suite une hypertrophie compensatrice du cœur.

Je pense qu'il faut tenir compte aussi des moditlcations que reflbit amène dans la respiration et dans la pression sanguine intra-thoracique. Vous savez que le mécanisme de l'effort commence par une inspiration profonde; lu cage thoracique est fixée par les nuiscles inspirateurs pour servir de point d'appui solide aux muscles qui font l'effort ; la glotte se ferme, puis les muscles expirateurs se contractent énergiquement. Or, l'expiration forcée accroît la pression intra-thoracique; la circulation artérielle est favorisée, tandis que la circulation dans les veines caves est ralentie; vous voyez les veines du cou qui se gonflent;

il y a stase veineuse, comme dans le cas de dilatation du cœur droit ; le cœur rer^oit moins de sang et ses battements deviennent moins fréquents et moins énergiques. On peut même, en faisant une forte expiration, la glotte fermée, produire Tarrêt du cœur. Quoi qu'il en soit du mécanisme de TefTort, complexe, que vous trouverez trèsbien étudié par M. Le Dentu, dans le Dictionnaire pratique de mêdeci7ie et de chirurgie, vous comprenez qu'il introduit un trouble profond dans les conditions de la circulation intracardiaque et vasculaire. Ajoutez à ces influences diverses l'excitation nerveuse qui préside à l'effort musculaire et qui peut aussi retentir sur les centres d'innervation cardiaque vasculaire, et vous concevez comment il est possible que la fonction du cœur, ainsi fréquemment troublée, donne lieu aux symptômes de l'asystolie aiguë, ou même aboutisse à une altération organique du cœur avec asystolie intermittente ou permanente.

A la suite d'un effort considérable, les battements du cœur se précipitent, la respiration s'accélère, les veines se congestionnent, la peau se remplit de sang veineux, c'est une véritable asystolie aiguë transitoire ; l'équilibre circulatoire est vite rétabli.

Mais si ces efforts se répètent souvent chez un individu prédisposé aux affections cardiaques, soit par l'excitabilité nerveuse du cœur, soit par des obstacles à la grande ou à la petite circulation, alors toutes ces conditions venant à s'ajouter, il en peut résulter un trouble fonctionnel permanent et par suite une altération organique du cœur.

Lorsque la fonction du cœur est troublée d'une façon intermittente, par accès plus ou moins répétés, suivis du rétablissement parfait de réquilil)re, l'organe central

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