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INDICATIONS FOURNIES PAR LES URINES

dense, et sans dépôt, soyez assuré que le cœur fonctionne suffisamment, que la tension artérielle est assez grande. La digitale n'est pas indiquée. Si son urine, au contraire, devient rare, dense, foncée en couleur, chargée, jumenteuse, c'est l'urine cardiaque ; les phénomènes de stase veineuse existent en même temps ou ne tardent pas à se manifester. L'urine est rare, parce que l'artère rénale ne recevant que de petites ondées sanguines, la pression sur le fdtre est moindre et fait transsuder moins de sérum. Mais comme cette diminution de la diurèse porte surtout sur la quantité d'eau du sang, cette urine rare sera relativement plus riche en matières colorantes et en matières solides ; de là urines denses et colorées. Comme enfin les sels urinaires, les urates, ne sont solubles que dans une grande quantité d'eau, ils se précipitent dans l'urine concentrée; de là urines troubles et jumenteuses. De plus, il se peut que l'excès de pression veineuse détermine le passage d'un peu d'albumine dans les urines; car on sait que la ligature de la veine rénale fait de l'albuminurie ; aussi les urines cardiaques peuvent être albumineuses.

Tels sont les caractères des urines que vous trouverez infailliblement chaque fois que le cœur envoie trop peu de sang aux reins, quand la tension est abaissée; et c'est par les modifications survenues dans la densité, la coloration et la quantité des urines que vous jugerez si la fonction du cœur s'accomplit ou ne s'accomplit pas normalement. Quelquefois cependant le problème se complique : c'est lorsque l'affection cardiaque coexiste avec une maladie fébrile, par exemple, comme cela arrive souvent, avec un rhumatisme articulaire aigu. Car la fièvre, qui abaisse peut-être la tension artérielle, et en

tout cas diminue la sécrétion rénale, imprime aux urines les mêmes caractères que la faiblesse du cœur: les urines fébriles se confondent alors avec les urines cardiaques. Mais lorsque la complication fébrile n'existe pas, c'est à la sécrétion urinaire que nous demandons, dans les cas douteux, si la digitale est ou n'est pas indiquée. Voilà un homme qui a de l'oppression, des palpitations de cœur, le choc vif, la pointe battant contre le 7* espace intercostal; un frémissement cataire et un souffle systolique indiquent une lésion valvulaire avec une hypertrophie de l'organe. Le pouls présente une alternance de pulsations fortes et de pulsations faibles. Le malade crache du sang et a des râles pulmonaires. Est-ce de la congestion active par contraction trop forte du cœur? Est-ce de la congestion passive, un infarctus par thrombose, due à la faiblesse du cœur? Examinez les urines : il y a 2,000 grammes en 54 heures ; elles sont peu denses et peu colorées, sans dépôt, sans albumine ; elles ressemblent aux urines normales. La conclusion est que le cœur se contracte au moins avec sa force normale, que le système artériel reçoit suffisamment de sang, que la lésion valvulaire est au moins compensée par l'hypertrophie et la suractivité fonctionnelle du cœur. Gardez-vous de donner de la digitale.

Voici un autre malade, oppressé, cyanose, quia, comme le précédent, un cœur hypertrophié, battant irrégulièrement, un pouls plus ou moins faible et irrégulier; il a de la congestion pulmonaire; ses urines sont parcimonieuses, colorées, troubles. La conclusion est que le cœur fournit un travail insuffisant; il faut renforcer ses contractions, il faut donner de la digitale. Administrez ce

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