‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 51 sur 105 · CAS OU ELLE N AGIT PAS · texte numérisé non relu

CAS OU ELLE N AGIT PAS

R.,28; le soir : P., 72; T., \iô>i\ R., 28; mais le pouls reste petit, f;iible, irrégulier ; les urines peu abondantes et chargées. Œdème généralisé; respiration trachéale, râles sous-crépilants abondants. Suppression de la digitale.

23 décembre: P., f.O; T., 35°-i; U., 28; le soir: P., 56; T., SG^ô, Pouls, toujours faible et irrégulier. Urines peu abondantes, très-colorées (ne peuvent être recueillies ; la malade en perd avec les selles et involontairement); se trouve soulagée par une vessie de glace à la région précordiale.

24 décembre : P., 02; T., 36°4. Soir : P., 00; T., 37". L'état général s'aggrave; les poumons s'engorgent de plus en plus. Urines toujours peu abondantes.

26 décembre: P., 70; T., 30°; R., 36. Pouls, petit, irrégulier. Anasarque, ascite, cyanose. Œdème pulmonaire considérable; urines involontaires, peu abondantes.

27 décembre: On pratique quelques petites pondions aux jambes avec Taiguille de la seringue de Pravaz. Il s'écoule beaucoup de sérosité par les piqûres. Les jours suivants, la cyanose est moindre, la respiration est plus facile. Le 30 décembre, la malade peut se lever pendant trois heures. Le pouls reste irrégulier et petit, oscillant entre 84 et 100; la température entre 30° et 37°.

Le 3 janvier: Pouls, 108, petit, irrégulier, dépressible ; T., ^6", R., 40; la cyanose est de nouveau plus considérable; la malade est abattue, pousse des soupirs; sa respiration est laborieuse; les battements du cœur très-irréguliers. Cyanose des ailes du nez et de la joue droite. Hoquet. Nausées. Urines, environ 500 grammes en 24 heures. L'aggravation continue les jours suivants, et la malade succombe le 0 janvier.

Autopsie. — Épanchement séreux de 100 grammes dans le péricarde. Le cœur est na.sque, dilaté en gibecière. La valvule tricuspide est épaissie dans sa moitié inférieure; elle est suffisante; la valvule mitrale présente une cavité rétrécie; on y passe à peine la dernière phalange du petit doigt; sa consistance est fibro-cartilagineuse dans toute son étendue; sur sa face supérieure , entre le segment interne et le segment moyen, se trouvent des végétations flottant dans la cavité de l'oreillette, et à côté une incrustation calcaire du volume d'un petit pois. La valvule, indurée et formant un cône étroit, a perdu sa mobilité; il y a insuflisance en même temps que sténose; les tendons des muscles papillaires sont épaissis ; les sommets des

colonnes charnues sont durs et présenlent des traces de myocardite interstitielle ; dans le tissu musculaire du cœur, il y a aussi des plaques de myocardite. Ce tissu musculaire est pâle et par places jaune, dégénéré. L'oreillette gauche est considérablement dilatée. L'aorte est volumineuse et présente quelques plaques athéromateuses; les valvules sigmoïdes sont normales. Poumons fortement engoués et œdématiés en arrière et en bas, emphysémateux en avant.

Foie. — Hyperémie chronique et dégénérescence graisseuse. Rate dure; périsplénile chronique. Reins : substance corticale un peu jaunâtre ; hyperémie chronique.

Chez cette femme, affectée d'un rétrécissement mitral, la digitale a manifesté son action par le ralentissement du pouls, qui est descendu à 56 ; mais c'est tout ce qu'elle pouvait produire. Le pouls est resté petit et irrégulier ; l'artère a continué à recevoir des ondées très-faibles; l'urine est restée cardiaque ; les phénomènes de la stase veineuse et de l'ischémie artérielle ont continué à s'aggraver*, nonobstant la digitale. Et vous concevez qu'il n'en pouvait être autrement. Le cœur avait beau se contracter davantage : le rétrécissement mitral, susceptible à peine de laisser passer la dernière phalange, ne laissait passer que des quantités de sang minimes; de plus, l'augmentation de contraction du cœur favorisait la régurgitation par 1 01 ifice valvulaire insuffisant. La digitale devait rester impuissante contre cet obstacle.

Il me reste à signaler une quatrième cause, la plus fréquente de toutes, qui rend le cœur réfractaire à la digitale : c'est l'altération de la fibre musculaire du cœur. Lorsque le cœur est dégénéré, la digitale peut, agissant sur le nerf vague, produire un ralentissement de ses contractions, mais elle ne peut renforcer la contractihté d'un

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