PROPOSITION DE ^\ LNDERLICH INFIRMÉE
probabilité à une marche grave, aussitôt que dans la deuxième semaine la température du matin reste constamment au-dessus de 39"5, que les températures du soir atteignent ou dépassent 40''5, que la marche est subconlinue, ou (jue les dilTércnces sont plus grandes, mais que le minimum quotidien dépasse la limite exacerbatrice la plus basse, ^O^G ; enfin, si l'abaissement n'apparaît pas vers le milieu de la deuxième semaine et au plus tard jusqu'au douzième jour(').))
A l'appui de mon assertion, j'extrais de mes observalions les laits suivants :
r Kuîclilin (Eugène), âgé de 13 ans, entre le 9 juillet 1874 à la clinique, le 8' jour d'une fièvre typhoïde. Du 8^ au 12"^ jour, pendant quatre jours, la température est entre iO^b et 4r4; elle est même, le 10* et le 1 1* jour, au-dessus de 41". D'ailleurs, le malade n'a ni délire, ni autres symptômes graves. Traitement : sulfate de quinine et bains froids; il en prend 23. A partir du 13* jour, on peut supprimer les bains; la défervescence est terminée le 18* jour.
2" Maria Henri, âgée de 15 ans, entre le 2 janvier 1875 à la clinique , le 0* jour d'une fièvre typhoïde. Du 6* au 9* jour, pendant trois jours, la température est de 40° à 41°; délire agité; cependant selles et urines volontaires. Traitement : bains froids (19 jusqu'au 18* jour). La défervescence commence le 18* jour, est achevée le 24*.
3" Marie Boulanger, 13 ans, entre le 26 novembre 1874, le 8" jour d'une fièvre typhoïde. La température reste, du 8* au 13* jour, pendant six jours, entre 39*5 et 40^5. Pas de délire, ni symptômes graves. Traitement par la digitale. La défervescence commence le 15* jour, la malade est convalescente le 21* jour, malgré la persistance d'un peu de fièvre (de convalescence).
4° Ad. Léon, 18 ans, entre le 23 juillet 1876, le 9* jour. Du 9* au 12* jour, pendant trois jours, la température est entre 40'* et 41°, sans délire, ni symptôme grave. Traitement parles bains froids (12
('i AVu.vDEiti.icii. De la température dans les maladies. Traduction Labadio-Lagrave. Page 31'i.
bains jusqu'au 15^ jour). La défervescence commence le 15* jour, est terminée le 21^
5° Marianne Batho, '21 ans, entrée le 12 août 18"6, le 6* jour. La température reste entre SO'S et 40"8, du 7* au 12* jour, pendant six jours. Délire tranquille. Pas de selles involontaires. La malade prend quatre bains froids seulement le 9* et le 10* jour. La maladie continue entre 39° et 40°2, sans symptômes graves, jusqu'au 25* jour; la défervescence définitive se fait du 25* au 27* jour.
Dans ces cas, il est vrai, nous avons combattu la fièvre par un traitement antipyrétique; mais je ne pense pas que les antipyrétiques abrègent l'évolution de la maladie et en précipitent la défervescence ; nous reviendrons sur ce point. Voici d'ailleurs d'autres cas dans lesquels, en l'absence de toute médication antifébrile, l'issue a été aussi favorable.
6" Marie Rey, 28 ans, entre le 19 août 187G, le 12* jour de sa maladie. De ce jour jusqu'au 16*, pendant cinq jours, la température est entre 40" et 41". Délire agité. Urines et selles involontaires. La défervescence commence spontanément le 17* jour et se termine le 24*. Fièvre secondaire de convalescence pendant douze jours, du 25* au 37* jour, sans trouble fonctionnel.
7° Félicie Bernage, 19 ans, entre le 2 septembre 187G, le 5* jour de sa maladie; la température est à 40" et au-dessus du 5* au 9*, pendant quatre jours. Selles légèrement sanguinolentes. Délire, Urines involontaires. Traitement: toniques. La défervescence commence le 21* jour. Convalescence le 25*.
8° X... ,âgé de 21 ans, entre le 17 juillet 1876, le 10* jour. De ce jour jusqu'au 17*, pendant sept jours, la température est au-dessus de 40". Pas de délire. Pas de selles involontaires. Aucun symptôme grave. E.^pectation simple. La défervescence commence spontanément le 17* jour. Convalescence le 25* jour.
Ces faits ne sont pas exceptionnels ; ils démontrent que, lors même que pendant le second septénaii^e et au commencement du ti'oisième, la température est très-élevéc matin et soir, la maladie peut être de courte durée et la défer-
FIÈVRE DE RETOUn. 3J9
vcscciice succéder assez rapidement à cette température élevée. Vous voyez donc que les indications pronostiques ne peuvent pas être basées sur la température seule, d'une façon aussi précise que le pensent les médecins allemands. Des cas qui se terminent favorablement et dans un temps relativement court peuvent évoluer plusieurs jours avec un appareil fébrile intense ; d'autre part, des cas très-graves évoluent parfois avec un appareil fébrile modéré. Je tenais à vous signaler ces faits pour vous prémunir contre cette idée que la fièvre mesure toute la gravité de la maladie.
De la fièvre de retour après la défervescence de la lièvre typhoïde. — La fièvre peut survivre à l'évolution de la maladie et se prolonger longtemps pendant la convalescence. — Faits à l'appui. — Cette fièvre de convalescence ne doit pas être confondue avec une récidive. — Sa cause.
Après avoir exposé quelques considérations sommaires sur l'évolution thermométrique normale de la fièvre typhoïde, j'aborde, avec les observations que nous avons recueillies depuis deux ans dans cet hôpital, la question de la fièvre qu'on peut observer pendant la convalescence de la fièvre typhoïde. C'est là un fait très-important dans l'histoire de cette maladie, et qui, à mon grand étonnement, n'a pas suffisamment attiré l'attention des cliniciens. Voici ce que dit Wunderlich à cet égard : « La période de convalescence est fréquemment troublée. La perturbation la plus légère consiste en une élévation thermique de courte tlurée, bien que souvent très-considérable, se manifestant après la première ingestion de viande
OU d'autres aliments nourrissants, très-souvent après une visite d'amis. Dans beaucoup de fièvres typhoïdes, plus souvent dans les cas graves que légers, il se présente pendant la convalescence, sans motifs appréciables et durant un à trois jours, de nouveaux accès fébriles. En ellesmêmes, ces rechutes n'offrent pas de dangers sérieux, mais elles retardent la convalescence, et si l'on ne modifie pas les conditions du malade, elles peuvent probablement avoir ultérieurement de graves conséquences. La température est habituellement le seul signe qui les fasse reconnaître, et indique aussi avec exactitude leur disparition. A certains moments, pendant la durée d'une épidémie, par exemple, il peut arriver que toute convalescence soit interrompue par des rechutes fébriles semblables, rechutes qui peuvent se répéter jusqu'à trois fois chez le même individu. » {Loco citato, page 322.)
D'après mes observations, ces rechutes fébriles peuvent durer bien plus de trois jours. Depuis trois ans que mon attention est éveillée sur ce point, je continue à prendre, matin et soir, la température pendant la convalescence de la fièvre typhoïde, tant que les malades sont soumis à mon observation. Voici l'exposé succinct de quelques faits, dont je possède les observations détaillées jour par jour; je crois inutile de les rapporter complètement et je me borne à en extraire ce qui a trait à notre sujet, à la thermométrie de la convalescence. Je ne cite que les cas dans lesquels celle-ci ne s'accompagnait d'aucune lésion organique, d'aucun trouble fonctionnel, tel que eschare, furoncle, abcès, otite, etc., susceptible d'expliquer le retour de la fièvre ; dans tous ces cas, l'absence de tout trouble, le bon état de la langue et du ventre, les selles moulées,
Tabsence de nouvelles taches rosées et de symptômes pulmonaires, Tappélit persistant souvent, démontraient qu'il n'y avait pas retour du procès typhoïde; ce n'étaient pas des récidives. J'ai vu d'autres cas où ces retours de fièvre étaient en elTet liés à une récidive manifeste; mais je ne veux vous entretenir ici que de ceux dans lesquels la fièvre ne s'expliquait par aucun procès morbide.