‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 57 sur 105 · CAS DE RÉCIDIVE · texte numérisé non relu

CAS DE RÉCIDIVE

(les bîiins froids. Un seul bain est nécessaire le soir à cinq Ikurcs; dans la journée, la leinpérature élail à 30".j.

20 décembre, U" jour de la récidive : T., 39» le matin, :3'J»i le soir. Nuit bonne, sans délire. Urines volontaires. Langue humide. Ventre tendu, indolore. Pas de diarrhée. Respiration obscure dans les deux bases avec (juelques râles niuiiueux et léger souHle â l'expiration dans la réi^ion inlerscapulaire. Les bains ne sont plus nécessaires.

27 décembre, lU*" jour: T., 39° le matin, 3'J°i le soir. L'amélioration continue. Cinq à six selles diarrhéiques dans la journée.

2S décembre, tl^jour : T., 38"4 le malin, 3(S'' le soir. Lani,^ue un peu sèche. Taches rosées, très-nombreuses à l'abdomen, au thorax, au dos. La diarrhée n'existe plus. La défervescence continue les jours suivants, sans incident. Le 4 janvier, 17^ jour de la récidive, la température est normale matin et soir et se maintient. La convalescence est parfaite.

Voilà certainement un cas de vraie récidive, qui a commencé après 4 jours environ de convalescence, et a évolué avec une température très-élevéc et tous les symptômes de l'affection. On voit que le tracé thermométrique de cette récidive est très-réi?ulier; régularité qui n'existe pas d'ordinaire dans les fièvres de convalescence.

Mais dans les observations que j'ai mentionnées, il ne pouvait être question de récidive, si l'on ne veut pas appeler récidive, toute fièvre qui peut survenir pendant la convalescence.

La cause de cette fièvre, je la conçois dans une sorte d'habitude du système neiTCUx. On sait, et nous reviendrons sur ce sujet, que les centres nerveux interviennent dans la production de la chaleur noi^malc et pathologique; ils peuvent agir par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs, qui, relâchant ou dilatant les vaisseaux centraux et périphériques, augmentent ou diminuent la quantité

de sang, partant de chaleur, qui va à la périphérie et peut se perdre au dehors ; ils peuvent agir aussi, on le pense, par les fibres des nerfs de la vie animale, ou de ceux de la vie organique, qui modifieraient directement les procès physico-chimiques et biologiques des tissus, pouvant donner lieu à la production de la chaleur. Quel que soit d'ailleurs le mécanisme encore mal élucidé de la calorification, on sait que la température de notre corps tend à se maintenir constante dans de certaines limites; il y a dans les centres nerveux des dispositions qui régularisent la température et la maintiennent à un certain degré, en faisant varier la déperdition de calorique suivant la production de calorique, et réciproquement. C'est ce qu'on traduit par Vhypothèse d'appareil régulateur de la température. On ne fait pas de fièvre artificiellement, en augmentant la chaleur du corps, placé, par exemple, dans une étuve chaude, ou en augmentant les combustions par l'alimentation, le travail musculaire : les vaisseaux de la peau se dilatent, les glandes sudoripares entrent en jeu et laissent écouler, comme par des soupapes de sûreté, l'excès de chaleur produite. On ne refroidit pas facilement le corps dans une atmosphère froide ; les vaisseaux de la peau se contractant, refoulent le sang et la chaleur à fintérieur, et diminuent la déperdition de calorique. Le système nerveux maintient le rapport constant entre la production et la perte ; il régularise la température.

Or, l'état de fièvre consiste en ce que, comme dit Liebermeister, « le système nerveux, régulateur de la température, est réglé à une température plus élevée. » Le fébricitant tend en effet à maintenir sa température fébrile

constante, et Liebermeister a montré que, lorsqu'on lui soustrait du calorique par les bains froids, la température ne baisse pas proportionnellement à la quantité de calorique soustraite, mais le fébricitant fait alors plus de calorique; il augmente ses combustions pour ramener sa température au degré primitif; car, tant que «l'état de fièvre » existe chez lui, l'appareil régulateur est réglé à ce degré. La clinique montre, d'ailleurs, qu'aucune médication antipyrétique ne maintient la température abaissée au delà d'un certain temps ; celle-ci tend toujours à se reconstituer au niveau qui lui est assigné par la cause pyritogène. Voici un fiévreux qui marque 41 degrés de température à faisselle ; plongez-le dans un bain froid : il ne marquera plus que 36 degrés ; 2 heures après, la fièvre est redevenue ce qu'elle était. Abattez sa température par la quinine : au bout de 24 heures, la quinine sera éliminée par les urines et la fièvre aura repris possession de notre malade.

Vous concevez donc que la fièvre consiste dans une modalité particulière des centres nerveux qui président à la calorification. Le système nerveux fait la fièvre comme il fait la convulsion. Or, nous savons que le système nerveux a une tendance à conserver la modalité qui lui a été imprimée; un enfant qui a eu beaucoup de convulsions répète ces convulsions sous la moindre influence; les tics, les mouvements nerveux, les crises hystériques, la toux nerveuse, etc., sont des actes que les centres nerveux exécutent spontanément, involontairement, lorsque ces actes, ayant été fréquemment répétés par lui, sont pour ainsi dire par lui assimilés.

N'en est-il pas de même de la fièvre? Un rien la donne

à certains enfants. Un individu qui a eu les fièvres intermittentes conserve quelquefois toute sa vie une aptitude spéciale à faire facilement de la fièvre, à reprendre des accès par toutes les causes possibles, et en dehors de toute influence palustre.

On conçoit de même qu'un sujet qui a eu pendant 3 à 4 semaines de la fièvre, dont fappareil régulateur a été réglé à une température élevée, continue à faire facilement de la fièvre pendant la convalescence, sous l'influence de mille causes, alimentation, travail de la nutrition, efforts musculaires, etc. La cause efficiente de cette fièvre est donc une habitude acquise du système nerveux; et nous avons vu combien difficile cette habitude peut être à rompre.

Du pouls dans la Gèvre typhoïde. — Il est souvent peu fréquent. — Signiûcation pronostique du pouls fréquent. — Observations.

Après ces études thermométriques, nous allons aborder quelques courtes considérations relatives au pouls de la fièvre typhoïde. Vous connaissez la qualité qu'elle donne au pouls : assez ample au début, tant que le cœur n'a pas abdiqué sa force musculaire, il est cependant mou, dépressible et dicrote (voir page 292, tracés sphygmographiques) ; le dicrotisme se trouve au bas de la ligne de descente; il est perceptible au doigt qui palpe. Ces qualités du pouls sont attribuées au relâchement paralytique de la tunique musculaire de l'artère, à l'adynamie artérielle.

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