POULS PEU FRÉQUENT
graves et prolongées, que le pouls s'accélère pendant la convalescence ; quand l'évolution typhoïde est terminée et que le tracé thermométrique baisse, vous voyez au contraire, dans un grand nombre de cas, le tracé du pouls s'élever (voir les tracés) ; et quand une nouvelle fièvre de convalescence succède à la fièvre typhoïde, le pouls s'accélère et se met en rapport avec la température, comme vous le voyez sur plusieurs de nos tracés. Cette accélération du pouls, pendant la convalescence, avait déjà frappé Traube, qui pensait la rattacher à l'existence des plaques ulcérées dans l'intestin, non encore cicatrisées. Je pense qu'elle s'explique plus simplement par cette hypothèse : ralenti pendant la fièvre, par l'influence du poison typhoïde, aussitôt que ce poison a achevé son évolution et que son influence n'existe plus, le pouls s'accélère en raison de l'anémie consécutive à la maladie. Si celle-ci, bénigne et courte, n'a pas eu le temps de produire l'anémie, l'accélération du pouls ne se manifeste pas ; et lorsque, cela arrive parfois, surtout dans les formes abortives, la défervescence est rapide comme dans la pneumonie, le pouls, loin de s'accélérer pendant la convalescence comme dans les formes graves, peut au contraire se ralentir et descendre au-dessous de la norme, comme après toutes les maladies à défervescence rapide.
J'appelle encore votre attention sur le tracé (pi. II, tracé n° 1) qui concerne une fièvre typhoïde abortive, à début brusque et à ascension rapide ; le pouls resta à 80, bien que la température fat à 41°. Ici la première hypothèse de Liebermeister, celle de l'ascension fébrile lente, ne saurait être invoquée.
Le pouls relativement peu fréquent du typhoïde peut
s'accélérer passagèrement par des influences diverses, suffit de remuer le malade, de le faire asseoir plusieurs fois de suite, pour le voir quelquefois monter à 120 ou plus. Ce fait, que tous les médecins ont constaté, vous impose l'obligation de compter le pouls des malades alors qu'ils sont au repos, si vous voulez avoir le pouls réel et non artificiellement troublé de la maladie.
« Si par suite de la longue durée de la fièvre, dit Liebermeister, il survient une grande faiblesse cardiaque, la fréquence du pouls s'accroît progressivement ; dans quelques cas elle arrive aux chiffres les plus élevés. Quand, chez un typhoïde adulte, la fréquence du pouls s'élève, sans cause particulière, à plus de 120, et reste quelque temps à ce chiffre, on considère cela, en général, comme un signe du plus mauvais pronostic : il y a faiblesse cardiaque ou elle est imminente.
((L'examen du pouls est souvent plus significatif, au point de vue pronostique, que l'observation thermométrique. La fréquence excessive du pouls est moins inquiétante lorsqu'elle se manifeste chez un sujet non adulte ou chez une femme nerveuse; elle est moins significative si elle est passagère et si elle s'explique par une cause accidentelle. Elle est d'autant plus mauvaise que le pouls est en même temps plus faible et qu'il existe d'autres symptômes de faiblesse cardiaque, tels que hypostases pulmonaires, cyanose légère, signes de collapsus, notamment différence excessive entre la température périphérique et centrale, ou œdème pulmonaire. »
Liebermeister a réuni un certain nombre de cas dans lesquels le pouls s'éleva à 120 et au-dessus. « La mortalité générale de la fièvre typhoïde, dans les hôpitaux de Bâle,