INFLUENCK DE LA DIGITALE
être élevée d'une façon continue, pendant le second septénaire, et cependant la défervescence commencer de bonne heure; enfin 3°, que la température peut se maintenir très-élevée pendant plusieurs jours, sans délire ni autres symptômes nerveux.
De révolution fébrile de la fièvre typhoïde modifiée par la digitale. — Peut-elle enrayer la maladie ? — Observations. — Conclusions résultant de nos observations : Action de la digitale sur la température et sur le pouls.
Quand, depuis la seconde moitié de ce siècle, le thermomètre eut pris définitivement possession de la clinique, et que la fièvre apparut aux yeux des médecins comme dominant l'évolution des pyrexies, la thérapeutique dut naturellement s'engager dans une voie nouvelle. Impuissante contre la cause et contre l'infection du sang, impuissante contre les lésions organiques, elle s'adressa à la réaction fonctionnelle dominante, à la fièvre. La clinique, montrant d'une part que la gravité de ces maladies est grandement influencée par la quantité de fièvre qui combure l'organisme, de l'autre que la fièvre modérée ou tombée, la maladie tout entière décline ou se termine, il était rationnel de suivre les indications de la clinique, d'obéir aux lois de la nature, il fallait tenter artificiellement d'abattre ou d'atténuer la fièvre dans les maladies dont elle commande l'évolution. De là l'emploi de la digitale, du sulfalo de quinine, de l'eau froide dans les pyrexies.
Parmi ces pyrexies, la fièvre typhoïde, par sa longue durée, son évolution cyclique, le rôle prédominant de la chaleur; parmi les antipyrétiques, la digitale, par la précision de son action, si bien établie par Traube, se recommandaient tout d'abord. Mais la crainte d'une influence désastreuse sur les organes nerveux et digestifs, si alTectés dans la fièvre typhoïde, rendit les médecins circonspects et peu enclins à cette expérimentation. Peu de médecins en France osent donner la digitale dans la fièvre typhoïde. En Allemagne, depuis que Wunderlich, Ferber, Thomas, Ilankel, font administrée méthodiquement et étudié ses effets thérapeutiques, les médecins la manient avec plus de hardiesse. Aujourd'hui, il est vrai, ce n'est plus elle qui a la vogue comme médication antipyrétique de la fièvre typhoïde. Depuis quelques années déjà, les bains froids sont à Tordre du jour. En France, mon maître, M. Ilirtz, osa le premier donner la digitale méthodiquement dans la fièvre typhoïde. Les premières observations du clinicien de Strasbourg furent consignées- dans la thèse de M. Laederich, soutenue en 1865. Depuis, M. Ilirtz a continué ses études thérapeutiques, dont les résultats sont consignés dans les articles Digitale, Chaleur, Fièvre du Dictionnaire de médecine. Nous avons nous-même poursuivi ces recherches depuis que, suppléant notre maître, nous avons la direction d'un service clinique. J'ai suivi environ 150 fièvres typhoïdes traitées par la digitale. Ce n'est pas par le nombre des morts et des guérisons que je veux juger l'influence de ce médicament; car, ainsi que je l'ai dit déjà, la gucrison est une résultante complexe dans laquelle la nature, c'est-à-dire les lois naturelles de la biologie, joue le principal rôle. Les substances médica-