‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 73 sur 105 · DÉGÉNÉRESCENCES FÉBRILES · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCES FÉBRILES

Lésions parenchymateusps duos à la chaleur, — Altération du sang. — Expériences physiologiques de Cl. Bernard, Obernier, Wallher, Vallin. — Les symptômes nerveux de la fièvre typhoïde sont-ils dus à la chaleur? — Opinion de Liebernicister. — Faits contraireô. — Raisons de l'utilité et indications do la digitale.

Les altérations que nous venons de décrire dans les dilTéronts organes, le foie, les reins, le cœur, les muscles, ne sont pas spécialement dévolues à la fièvre typhoïde, ni môme aux fièvres infectieuses en général : elles n'ont rien de spécifique, elles se rencontrent dans toutes les maladies dyscrasiques qui ont troublé profondément la nutrition des éléments constituants du corps ; elles se rencontrent surtout, invariablement avec le même aspect, dans toutes les affections fébriles un peu prolongées ; vous n'ouvrez pas un cadavre de phthisique, de pneumonie ayant dépassé deux septénaires, de rhumatisme articulaire aigu, d'une maladie quelconque avec fièvre ayant duré un certain temps, sans trouver les organes et les tissus altérés, absolument comme dans la fièvre typhoïde. La conclusion s'impose: ce sont des altérations nutritives qui peuvent être liées directement au processus fébrile; je ne dis pas qu'elles lui sont liées exclusivement. D'après quelques expérimentateurs ces altérations pourraient être réalisées artificiellement sur des animaux soumis à une température élevée. Iwaschkewitcli (') vit chez des chiens

{') Analomisch-palhologischc Vcrànderungen in parcnchymatœsen Qrganen untcr dcm Einjluss von erhœhter Teinpcralur. Dissertation. rctersburg, 1870. Virchow und Hirsch, /a/iresôeric'it^ /«r 1870. Band 1, S. 17'J.

et des lapins ainsi traités, le cœur et le foie diminués de poids, et leurs éléments histologiques troubles et remplis de fines granulations. Wickham Leeg ('), sur des lapins et des cochons d'Inde, tués en augmentant progressivement la température de leur corps, put constater aussi le premier stade très-bien accentué de cette dégénérescence parenchymateuse dans le foie, les reins et le cœur.

Comment agit la chaleur fébrile pour déterminer ces altérations régressives, cette nécrobiose des éléments histologiques? (( Chez tous les êtres vivants, dit Liebermeister (-), et dans les cellules vivantes examinées sous le champ du microscope, nous voyons que les manifestations de la vie sont influencées considérablement par la température, et depuis les recherches de Max Schultze et de W. Kûhne, nous savons aussi que, à un certain degré de température, la vitalité des cellules est promptement anéantie. On peut donc avancer avec certitude, et cela est confirmé par l'observation, que les éléments biologiques du corps humain ne peuvent être soumis à un certain degré de température sans perdre leurs propriétés vitales. Si la température est élevée pendant un temps assez long à un degré normal, mais non absolument au degré qui tue immédiatement la cellule, elle détermine une destruction lente et progressive de ces éléments, c'est-à-dire la forme ordinaire de la nécrobiose; cette altération peut être due à d'autres causes, elle se produit toutes les fois qu'il y a une cause quelconque de destruction lente des tissus. » Ajoutons à cela

{') Transaclions 0/ the Palfiol. Soc, vol. XXIV.

(*i Liebermeister. Uandbuch der Pathologie tind Thérapie des Fiebers, 187Ô, p. 4ô3.

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