BIORT PAR EXCÈS DE CHALEUR
que la température de leur corps s'est élevée de 6 degrés au-dessus de la normale.
La cause de la mort paraît être la coagulation de la fibre musculaire du cœur. « Plongez, dit Claude Bernard, un mammifère, comme un lapin ou un chien, dans une étuve à air sec, à 80 ou iOO degrés par exemple; bientôt l'animal est haletant, son pouls bat rapidement, sa respiration se précipite, etc.; cependant tous ces phénomènes ne seraient pas nécessairement suivis de la mort. Mais tout à coup il tombe mort presque instantanément, sans présenter les phénomènes ordinaires de l'agonie, sans qu'aucune circonstance remarquable indique l'approche de cette catastrophe. Alors si Ion ouvre tout de suite le corps de cet animal qui vient de succomber, on constate que tous ses muscles sont dans un état complet de rigidité cadavérique, et en plongeant un thermomètre dans le cœur, on trouve toujours le sang à 45 degrés, à 1 degré près tout au plus, c'est-à-dire à la température que nous avons vue produire instantanément la rigidité cadavérique sur le muscle mort. Il en serait de même si nous opérions sur un oiseau ou une grenouille, sauf que la température du cœur changerait nécessairement ; ce serait 50 degrés environ pour un oiseau et 3*2 degrés jxtur une grenouille. On constate, du reste, que le suc musculaire se coagule à ces diverses températures chez ces animaux ('). »
Obernier enferma des lapins et des chiens dans une caisse dont l'atmosphère était maintenue entre 40 et 46 degrés cenlig. ; la respiration des animaux était accélérée, le^ bruits du cœur plus fréquents. Quand leur tempéra-
(') Cl. BERNAnD. Leçons sir fes propriétés des (issus virants, 1866. p. 231.
lure, mesurée dans le rectum, atteignait 44 degrés, ils étaient pris le plus souvent de convulsions violentes. Puis ils devenaient insensibles, la respiration était rare et profonde, le pouls à peine perceptible, les muqueuses cyanosées; la température s'élevait rapidement à 45 degrés et les animaux succombaient avec des secousses convulsives, en 2 à 4 heures. Si la température du corps n'avait pas dépassé 42 degrés et demi, les animaux restaient en vie et se remettaient parfaitement.
Walther (') expérimenta l'action de la chaleur rayonnante du soleil sur l'organisme des animaux. Par une température de 21 à 32 degrés centig., les lapins et les chiens soumis aux rayons solaires succombaient en une à deux heures; le thermomètre s'élevait de 44 à 46 degrés dans leur rectum. Ils présentaient de la cyanose, une respiration et un pouls d'une fréquence incalculable, de la raideur et des pupilles rétrécies.
C'est à M. Vallin, professeur au Val-de-Grâce, que nous devons les recherches les plus précises sur ce sujet. L'exposition au soleil d'un chien ou lapin, fixé sur une gouttière en bois, le ventre en avant, amenait la mort constamment au bout d'un temps variant de 35 minutes à une heure, suivant l'intensité de la radiation solaire. Les accidents qui précèdent la mort sont les suivants : accélération croissante de la respiration; la température rectale monte de 38 à 43°,5 en 25 à 50 minutes ; puis à ce degré la température se ralentit, devient suspirieuse; l'animal est prostré, mais calme; la température rectale se maintient entre 43,5 et 44 degrés ; ce stade dure 5 minutes. Lorsque la
(') A. Walther, de Kiew. Medicin. Ceniralblatt, 18G7, p. 301 et p. 770-