ACTION DE LA CHALEUR
température est entre 44 degrés et 44"5, la respiration étant ralentie à 72 et au-dessous^, on voit apparaître des secousses toniques et cloniques; les membres deviennent rigides; les accès convulsifs se répètent ou le coma succède au premier accès; la respiration se ralentit jusqu'à 15, et la mort a lieu 5 ou 40 minutes après le début de Tétat comateux ; la température rectale, au moment de la mort, était de 44''2 à 46"! , le plus souvent de 45 degrés et quelques dixièmes. Au moment même de la mort, les ventricules du cœur étaient rigides, sans battements, insensibles aux excitants de toute espèce. Le diaphragme est après le cœur le muscle qui perdait le plus vite son irritabilité ; en général, il l'avait perdue au moment de la mort. Certains muscles des membres et du tronc devenaient déjà rigides pendant l'agonie ; d'ordinaire, au bout d'une demi-heure, la rigidité était générale.
Dans un second groupe d'expériences, M. Vallin appliqua la chaleur artificielle seulement sur la tête des animaux, au moyen d'un bonnet en caoutchouc à deux enveloppes entre lesquelles circulait de l'eau chaude. La température de la tête sous l'appareil s'éleva de 45 à 56 degrés ; la température rectale jusqu'à 41°4; les symptômes observés furent de la prostration, de l'anesthésie complète, de l'agitation convulsive, du coma; dans un cas de mort en deux heures, le cœur était flasque, ses ventricules relâchés, mais il avait perdu son excitabilité. 11 est impossible, dit M. Vallin, de ne pas rapprocher ces faits de la découverte faite par Claude Bernard, de l'anesthésie par la chaleur. Si on plonge des grenouilles pendant quelques instants dans de l'eau à 37 ou 38 degrés, elles deviennent complètement insensibles; elles sont flasques, en état de mort
apparente. Dès qu'on les porte dans l'eau froide, elles se mettent immédiatement à nager et reprennent à l'instant leur apparence normale. L'insensibilité générale et complète peut être observée également si on se contente de plonger dans l'eau chaude la tête seule de la grenouille.
La conclusion que M. Yallin déduit de ses belles recherches est celle ci : « Il semble qu'on peut ranger tous les cas (accidents produits par la chaleur, insolation) en deux catégories : dans les uns, réchauffement est rapide, général, la température du sang s'élève à 45 degrés, et la mort a lieu, après quelques convulsions, par la coagulation du ventricule gauche ; dans les autres, où réchauffement est plus lent et porte surtout sur les centres nerveux, la température du sang ne s'élève que faiblement ; la mort semble reconnaître pour cause un trouble profond de l'innervation et consécutivement l'arrêt du cœur dans le relâchement, comme après 1 excitation du pneumogastrique. Ces deux modes de production d'accidents correspondent assez bien à ce que les auteurs ont décrit sous les noms de forme sthénique et forme asthénique de l'insolation. ^
A côté de ces faits, qui démontrent l'influence de la chaleur sur les fonctions du système nerveux, il faut citer les recherches de Ilarless ('). Ce médecin a montré, au moyen de graphiques, que si on chauffe un nerf moteur jusqu'à 30 à 32 degrés, son irritabilité augmente progressivement ; mais dès qu'on atteint 35 ou 36 degrés (sur la
('i Harless. l'eber den Einjluss der Tcmperaturcn und ihrer Schwanktuujen auj die molorischen Scrven, in llenles und Pfeufer's Zeitschr., VIII, p. 122-183.