‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 79 sur 105 · RELATION ENTRE FIÈVRE ET TROUBLES NERVEUX · texte numérisé non relu

RELATION ENTRE FIÈVRE ET TROUBLES NERVEUX

Celte conclusion ne découle pas des fnils, puisque jnmais on ne rencontre dans les pyrexies de températures aussi élevées que celles dont il a été question. On voit, il est vrai, des accidents nerveux graves accompagner une fièvre excessive. Parmi les observations que nous rapporterons se trouve l'histoire d'un jeune homme de 55 ans, qui, au début d'une fièvre typhoïde compliquée de pneumonie fibrineuse, présentait, à 4 heures et demie du soir, une température de 41"9. A 7 heures, ce malade fut pris de convulsions toniques et cloniques, avec trismus, suivies de coma jusqu'à \0 heures, puis somnolence et stupeur; il guérit cependant, grtàce aux bains froids. — Un autre, âgé de 15 ans, dont la température s'élevait le soir jusqu'à 41"G, avait du délire, de l'agitation, du tremblement généralisé et une raideur générale comme cataleptiformc. Il fut soumis aux bains froids et guérit comme le précédent. Faut-il attribuer les symptômes nerveux observés dans ces cas à la chaleur fébrile? N'est-il pas possible aussi que la température excessive ne soit elle-même qu'une manifestation nerveuse due à l'irritation des centres gris qui président à la calorification, comme la convulsion et le délire sont dus à l'irritation du centre gris des hémisphères cérébraux et des centres excito-moteurs du mésocéphale?

Il est difficile, dans la fièvre typhoïde, de faire la part des symptômes nerveux qui dépendent de la fièvre, et la part de ceux qui dépendent de l'infection typhoïde. Liebermeister attribue à l'élévation de température tous les troubles fonctionnels que les centres nerveux subissent dans le cours de cette maladie : (c le malaise, la prostration, la céphalalgie, l'insomnie, les rêvasseries nocturnes

conslituent, selon lui, un ensemble de symptômes qu'on observe dans la première moitié de la première semaine; c'est le premier degré. Puis survient de l'apathie et de l'obtusion des sens ; le malade délire quand il est abandonné à lui-même, l'intelligence est nette quand on l'interroge ; c'est le second degré qu'on observe à la fm du premier ou au commencement du second septénaire. Le troisième degré est caractérisé par un trouble intellectuel persistant, de la mussitation, de la somnolence, d'où on peut encore tirer le malade; quelquefois il a du délire intense avec de l'agitation. Cela dure, dans les cas graves, depuis le courant de la seconde semaine jusque dans la quatrième. Enfin, au quatrième degré, les malades restent sans connaissance, sans réaction, stupides, adynamiques; c'est la suspension complète des fonctions de l'encéphale. »

Ce qui prouve aux yeux du professeur de Tubingue que ces troubles fonctionnels sont dus essentiellement à l'élévation de la température, c'est qu'un traitement antipyrétique énergique par les bains froids prévient ou arrête les symptômes; si bien, dit cet auteur, que dans un service comprenant 30 fièvres continues, soumises à ce traitement, il est rare qu'on trouve un cas où l'image de l'état dit typhoïde puisse être démontrée ('),

Je ne saurais souscrire à cette opinion. Après avoir démontré l'influence considérable que la fièvre peut exercer sur les divers organes et les diverses fonctions, après avoir rappelé les expériences et les faits qui établissent cette influence spéciale sur les fonctions nerveuses, je

(') LiEBERMEiSTER. Ilandbuch dcr Pathologie und Thérapie des Fiebers, 1876, p. 4SI et suiv.

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