SON TYMPANIQUE DANS L.\ PNRL'.MONIE
d'ail- qui vibre. Une corde tendue fait un plus grand nombre de vibrations et donne un son plus aigu qu'une corde moins tendue; une colonne d'air plus grande, un grand tuyau d'orgue, donnent nn son plus grave qu'une colonne d'air plus courte, qu'un petit tuyau d'orgue. Cela posé, le relâchement du tissu pulmonaire tend à produire un son profond et tympanique; d'autre part, la diminution du volume d'air contenu dans le poumon relâché tend à donner un son ai^iu, de sorte que la note du son tympanique dépend, toutes choses égales d'ailleurs, de la résultante de ces deux circonstances. Lorsque la rétractilité pulmonaire naturelle est épuisée et que la partie rétractée continue à être refoulée et vidée de son air, soit par l'hépatisalion avoisinante, soit par un épanchement, alors on conçoit, d'après ce que nous venons de dire, que le son tympanique s'élève; si la compression arrive au point que les alvéoles ne contiennent plus d'air du tout, alors le son élevé devient de la matité non tympanique.
La hauteur du son dans une cavité pleine d'air varie encore suivant que la communication avec l'atmosphère est plus ou moins large ; percutez un verre dont vous fermez une partie plus ou moins grande de l'orifice, et vous constaterez que le son est d'autant plus élevé que la communication avec l'extérieur est plus large. Ce Aiit trouve son application clinique : Wintrich (') a montré — et vous nous avez vu plus d'une fois confirmer la réalité de ce qu'il avance — que le son d'une caverne communiquant avec une bronche peut s'élever ou s'abaisser suivant que, par l'ouverture ou l'occlusion de la bouche et
(') Mediciii. yeuigkeilen. V. Jalirg. (18Jj). p. iS-Boilagcet Vl.Jahi'g. (ISÔC).
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des narines, on rend la communication avec Tair extérieur plus ou moins facile. Vous nous avez vu aussi confirmer cet autre fait signalé par Biermer('), que le son d'une caverne allongée suivant l'axe du corps peut s'élever lorsque le malade s'assied sur son lit, parce qu'alors le liquide contenu dans la cavité, remplissant la partie déclive, raccourcit d'autant la longueur de la colonne d'air qui vibre, et par conséquent, conformément aux principes des tuyaux d'orgue, rend le son plus aigu; le malade étant, au contraire, dans le décubitus horizontal, le liquide occupe la paroi postérieure allongée de la caverne et la colonne d'air est plus longue; le son est plus grave ("). Rien de semblable ne s'observe dans le son du poumon relâché, qui peut jusqu'à un certain point se distinguer cliniquement du son tympanique cavitaire, en ce que ces modifications de sonorité ne sont pas produites par le changement de position du malade, ou par l'action de fermer ou d'ouvrir la bouche. Cependant, dans la pneumonie et dans la pleurésie, il pourra se faire que vous constatiez dans certaines circonstances le phénomène que je vous signale. Ne vous hâtez pas de conclure à l'existence d'une cavité; le fait est susceptible d'une interprétation différente. Lorsque, par exemple, le sommet du poumon sous la clavicule est condensé et ne renferme plus d'air, la percussion profonde peut faire vibrer les colonnes d'air contenues dans les grosses bronches; de là résulte un son tympanique cavitaire; c'est le son tra-
(') BiERMEn. Schweizer. Zeilschr/ff. i, III, iV. p. 310. 1862. {Jnhrbiicfier, CIXX, p. 35.)
(') RéciprnqufmenI, si l;i rnvoine a son plus jinind (lianièlr(> dans le srns anti'i'O-postérii'ur. le phonoinène inverse pnuna s'obsorver : élévation du son dans le décubitus horizontal, abaissement dans la position assise.