CAS TRAITÉ PAR BAINS ET TONIQUES
seulement plusieurs jours après la suppression des bains. Le délire diminuait à la suite des bains, mais le tremblement, la raideur, la carphologie, la tympanite, persistèrent au fort de la maladie, malgré les bains; la température était remontée au bout de deux heures, les deux premiers jours; puis les jours suivants elle restait abaissée pendant plusieurs heures; la fièvre était moins tenace. Malgré l'élévation de la température et la fréquence du pouls, la respiration ne s'est pas accélérée et l'engouement pulmonaire est resté modéré. Dans ce cas, le régime tonique 'a été associé fort heureusement, je crois, aux bains froids. Il s'agissait d'un garçon de 15 ans, dcveiTu exsangue par les hémorrhagies nasales; nous étions en présence de symptômes nerveux adynamiques graves auxquels l'anémie ne semblait pas étrangère. Il fallait, pensions-nous, alimenter malgré la fièvre, et de plus stimuler vivement les centres nerveux pour entretenir leur activité défaillante pendant l'évolution de la maladie. Aussi, sachant par expérience combien, dans l'état de fièvre, les alcooliques sont tolérés facilement par l'organisme, nous n'avons pas CI aint de donner à cet adolescent de 15 ans, outre le lait (1 litre par jour) et plusieurs tasses de bouillon, outre le verre ou demi-verre de vin habituel à la suite de chaque bain, 40 à 50 grammes de rhum et 200 grammes de malaga chaque jour. En remplissant cette indication vitale, nous avons permis au malade de réparer ses pertes sanguines; en soutenant et alimentant son organisme, nous lui avons donné une force de réaction capable de lutter contre la maladie. Aussi la convalescence a-t-elle été assez rapide; en général, depuis que nous alimentons convenablement les malades pondniil r<''volution de la maladie.
nous ne voyons plus ces complications graves de la convalescence, telles que l'idiotie, la calvitie, les paralysies, autrefois si fréquentes à la suite du typhus abdominal.
Un des effets les plus heureux qui résultent des bains froids, est précisément la possibilité d'alimenter plus facilement les fiévreux. Rafraîchis, la langue plus humide, le déhre apaisé, l'adynamie momentanément disparue ou atténuée, les malades prennent souvent après le bain les aliments liquides ou les stimulants qu'ils se refusaient à ini2férer avant. J'ai relaté ces deux faits dont l'issue a été favorable malgré la gravité excessive des phénomènes. On voit que si les symptômes d'excitation cérébrale se sont atténués par les bains froids, les phénomènes spinaux, raideur, catalepsie, tremblement, ont cependant persisté.
En résumé, mon expérience, tout insuffisante qu'elle est, m'induit à confirmer l'opinion de ceux qui reconnaissent aux bains froids une très^grande utilité dans les fièvres typhoïdes à température élevée et à symptômes nerveux graves. Ceux-ci sont certainement atténués; le délire cesse ou devient plus calme, la stupeur s'efface ou devient moindre; dans les cas graves, comme ceux que j'ai relatés, les phénomènes a dynamiques, tympanisme, selles et urines involontaires, somnolence, peuvent cependant continuer malgré les bains froids; il m'a semblé que l'hypostase pulmonaire se produit moins facilement. Ce que j'ai vu m'a laissé cette impression profonde que la méthode par les bains froids a sauvé des malades qui auraient succombé par d'autres traitements.
J'ajoute que cette méthode est d'une application trèsfacile dans les hôpitaux et dans la pratique civile. Une