‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 95 sur 105 · DES BAINS FROIDS. — ENTÉRORRHAGIE · texte numérisé non relu

DES BAINS FROIDS. — ENTÉRORRHAGIE

derbroiiii pnr les bnins froids, eurent 9 fois des hémorrlingies inteslinjiles, c'est-h-dire 6,8 p. 100; 2 seulement se terminèrent pnr la mort.

Scliultze, de Ileidelberg, pense que les bains froids favorisent les hémorrhagies intestinales; dans les cas traités par la nouvelle méthotl;', elles offrent une proportion de 9,0 p. 100; autrefois la proportion n'était que de 3,4 p. 100.

Schmid, à la'clini((ue d'Erlangen, sur 50 cas traités par les bains froids, vit une fois seulement de riiémorriiagie intestinale.

Merkcl, de Nuremberg, sur 41 cas traités par la même métbode» vit 2 liémorrbagies.

MoUière, sur 234 cas trnifés par la mélliode de Brand, signale 1 liémorrbagii'S intestinales, dont 2 mortelles.

Mayet et Weil, sur 52 cas soumis aux bains froids, n'ont pas noté d'iiémorrhai'ie intestinale.

Parmi les 20 malades que nous avons soumis à liivdro- * ... ^

thérapie, 2 ont eu des hémorrhagies intestinales ; dans un

cas seulement l'cntérorrhagie survint trois heures après

un bain froid ; cette médication suspendue, l'hémorrhagie

continua le lendemain, puis s'arrêta; mais 5 jours après,

survint une perforation intestinale. L'hémorrhagie parut

liée au processus grave et gangreneux des ulcérations,

processus qui amena plus tard la perforation.

Dans l'autre cas (obs. Di^ouot), les bains étaient suspendus depuis deux jours quand les selles devinrent sanguinolentes ; on les avait su.^pcndus parce que les douleurs abdominales et lemétéorisme faisaient craindre cette complication, et cependant celle-ci ne survint pas pendant les bains froids.

D'après ce qui précède, je ne pense pas que l'hydrothérapie augmente le nombre des cas d'hémorrhagic intestinale. Toutefois, lorsque les symptômes abdominaux graves, douleur, météorisme, selles involontaires fétides,

484 rrÈVRE typhoïde et antipyrétiques.

tremblement généralisé, peuvent faire craindre Timminence d'une hémorrhagie ou d'une perforation, la prudence exige que l'on ne soumette pas les malades aux mouvements qu'exigent les bains. Dans ce cas, les lotions ou enveloppements froids devront être employés de préférence contre la température excessive.

Les bains progressivement rafraîchis, de 35 à 20 degrés e*n 10 à 15 minutes, recommandés par Ziemssen, sont avantageux chez les sujets faibles, trop impressionables au froid, ou lorsque déjà un certain degré de faiblesse cardiaque fait craindre une action fâcheuse du froid sur le cœur. Un pareil bain produirait, suivant Ziemssen et Immermann, un abaissement de température de 2 degrés à 2"4; prolongé pendant 30 minutes^ il aurait à peu près la même action antipyrétique qu'un bain primitivement froid de 1 0 minutes.

Les enveloppements froids remplacent les bains contreindiqués par la faiblesse générale ou cardiaque trop grande. Voici comment Liebermeister les pratique : Un grand drap plié en double ou en quatre est imbibé d'eau froide, bien exprimé, étendu sur une couverture de laine; le malade, nu, est mis dans le drap mouillé, puis enveloppé dans la couverture de laine. Il est bon que le drap couvre le corps depuis le cou jusqu'au-dessous des genoux, de manière que les pieds ne soient enveloppés que dans la couverture sèche. Sur un second lit avoisinant ou sur un matelas à terre, on prépare pendant ce temps le second enveloppement. Au bout de 10 minutes, et pour les enveloppements suivants, au bout de 15 à 20 minutes, le malade est retiré et soumis à un nouvel enveloppement, et ainsi de suite 3 à 7 fois. D'après ses recherches calo-

ENVRLOPPEMENTS FROIDS. — AFFUSIONS. 485

rimétriques, Liebermeister estime que quatre enveloppements successifs avec de l'eau très-froide ont à peu près le même effet qu'un bain à 25 degrés centig. de 10 minutes. Lindwurm, de Municli, dit que 6 à 7 enveloppements, de dO minutes cliacun, agissent comme un bain froid de 15 A 20 minutes.

La pratique des enveloppements, pour être bien Hiite, est très-laborieuse; elle demande deux infirmiers, beaucoup de linge, beaucoup de temps. Aussi les bains froids sont-ils préférables quand ils ne sont pas contre-indiqués. Les affusions froides ont, d'après Liebermeister, une action antipyrétique bien moindre que des bains de même durée et de même température. Même si on prend de l'eau très-froide, une afîusion de 2 à 5 minutes de durée soustrait au corps à peine le quart du calorique que lui enlève un bain froid de iO à i5 minutes. Mais, si elles ne valent pas, à titre de médication antipyrétique, ce que valent les bains froids, les affusions remplissent d'aulres indications, elles stimulent les centres nerveux et le centre respiratoire. Quand un fiévreux est dans le coma ou qu'il a du délire furieux, quand la respiration s'embarrasse, alors que cependant le cœur n'a pas perdu sa contractilité, des allusions froides sont indiquées. Veut-on agir plus spécialement sur les fonctions cérébrales, l'affusion sera faite sur la tête seule, le malade étant plongé jusqu'au cou dans un bain chaud. S'agit-il surtout de stimuler par action réflexe les muscles respiratoires, l'affusion sera faite sur la tète et le tronc, et immédiatement après le corps est replongé dans l'eau chaude.

Quelle est l'indication précise des allusions froides dans la fièvre typhoïde? Je crois que l'expérience n'a pas pro-

nonce suiïisamment. Lorsque les symptômes nerveux graves, cérébraux ou spinaux, sont liés à l'exagération de la chaleur fébrile chez un sujet fort, sanguin, et dont le cœur n'est pas dégénéré, ce traitement est peut-être efficace. Mais il m'a semblé que dans un certain nombre de cas l'appareil cérébro-spinal grave de la fièvre typhoïde se développe, indépendamment de la fièvre, chez des sujets anémiques, débilités par des causes d'épuisement antérieures à la maladie, ou par des hémorrhagies survenues pendant son cours. Nous avons cité une observation dans laquelle la raideur cataleptiformc se manifesta à la suite d'épistaxis abondantes : les bains et les afTusions ont été inefficaces ; peut-être, dans ces conditions, sont-ils même dangereux. Ce qui convient le mieux alors, ce sont les stmiulants directs du système nerveux, et parmi eux, mieux que le camphre et le musc, je préfère l'alcool à haute dose, le malaga, le quinquina, associés à Talimentation lactée. A côté de l'observation que j'ai relatée, je rapporterai encore la suivante, exemple de fièvre typhoïde atnxo-adynamique, avec accidents spinaux, chez un individu cachectique, affection menée à bonne fin grâce au régime tonique, hypertonique, plutôt, je pense, qu'aux allusions froides qui restèrent inefficaces.

Orskrvation. — Fièvre typhoïde avec anémie et phénomènes spinaux : trisnius, opislhotonos. — Inefficacité des nffusio as froides. — Efficacité de lu médication stimulante et tonique.

Bojfiiet (François), Agé de 30 ans, tailleur dhabits, entre à l'hôpital le Ti décembre 187i, salle Saint-Uodi, n^ 2. Il habite Nancy depuis G mois, vit misérablement, confiné dans une mauvaise chambre; sa nourriture ordinaire consiste en pain, fromage et pommes de terre; il est profondément anémique; strabisme convergent. Sa maladie aurait débuté, il y a 1.5 jours, par de la céphalalgie violente,

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