CAS TRAITÉ PAR AFFUSIOXS EN TONIQUES
fies verligcs, de In f.iibîesso; il ;i cunliiiuéii Iravailler pend.'iDt 8 jours. Tous les pliénomènes s'airgravnnl, il eut de l'inappétence, des bourdonnements d'oreilles, un peu de surdilé, des liallucinalions nocturnes, quehiues selles diarrhéiques, de la toux; il dut s'aliter ù partir du 20 décembre.
A son entrée, le '21 au soir : T., 41''G; P., 88; R., 28.
28 décembre, 0"= jour : T., 39''7; P., 92; R., 26. Lèvres sèches, langue sèche, blanche au milieu. Ventre légèrement ballonné, non tlouloureux; lach. s rosées douteuses. Pas île selle depuis hier. A l'examen du thorax, on constate des sibilances disséminées en avant et en arrière. Intelligence nette. Prescription : Potion avec •i grammes extr. de quinquina et 10 grammes de rhum. Soir : T., 40^5; P., i04;R., 2i.
29 décembre, 10* jour : Nuit calme. A eu 11 selles diarrhéiques depuis hier soir. Langue sèche, rugueuse et rouge sur les bords. Ventre un pou tendu, indolore. Rhonchus et sibilances assez nombreux. A pris trois tasses de lait, un peu de bouillon. Traitement : Idem; tisane gommeuse; cataplasme laudanisé sur l'abdomen; 2 lavements d'amidon laudanisés. Soir : T., 40''5: P., 104; R., M.
30 décembre, 11"^ jour; T., 39'8; P., 100; R., 24. A eu une seule selle ce malin. Intelligence nette. Ventre un peu bouffi, une tache rosée. Langue assez sèche. Mêmes symptômes thoraciques. Prescription : Suppression du cataplasme et des lavements. Soir : T., 39"8; P., 108 ; R., 2G.
Les symplOmcs s'accentuent les jours suivants; les taches rosées se dessinent le 12° et le 13'' jour; la bronchite typhoïde se généralise; des selles involontaires ont lieu dans la nuit; le ventre devient un peu douloureux à la pression. Le malade délire la nuit à partir du 2 janvier. La température est entre 3U"2 et 40"2.
5 janvier, 17"= jour: T., 30 '2; P., lOS; R., 44. Délire toute la nuit Selles et urines involontaires nombreuses. Langue sèche et couverte d'un enduit noirâtre. Prostration considérable. Tremblement généralisé. Respiration laborieuse; engouement pulmonaire très-marqué; submatité et faiblesse de bruit vésiculaire dans les deux bases; rfdes muqucux, rhonchus et sibilances. Ventre tendu, sensible. Traitement : Potion tonique ut suprà; malaga, 200 grammes depuis le 3 janvier; lait et rhum, 40 grammes depuis le 4 janvier; eau vineuse pour boisson; ventouses sèches. Soir : T., 30''8; P., 120; R., 52.
G janvier, 18' jour : T., SÙ'ô; P., 128; R., 40. Le malade a été
îigilé loiilc in joiirn(';o, n dùliré et chnntû louîe In nuit. Selles involontnires. Ce matin, raideur des membres, somnolence; respire un peu mieux qu'hier. Trnilemenl : Potion tonique avec extrait de quinquina, 4 grammes, et rhum, 20 grammes. De plus, rhum, KO gnunmes; malagn, 200 grammes. Soir : T., 39»8; P., 128; R., -ii.
'jnnvier, 19'* jour:T., 39'5; P., 134; R., 40. Coma; contracture;- Lnngue sèche comme du bois. Selles diarrhéiques involoninirrs" Ventre souple. Raies sous-crCpitants abondants. Tr.iitemenl : Idem; mnlaga, 300 grammes; bains lièdes et aiïusiuns fioides sur la t'Me toutes les 3 heures. AU heures du malin : 1" bain à 30 degrés penrlaut 20 minutes. Le malade étant dans le bain, on lui fait une alïusion froide de 2 minutes sur la tète. Après le bain : T., 37"; P., 118; il., 40. A 2 heures : T., 40"; P., 120; R., 40. 2' bain et affusion. Après le bain : T., 37°; P., 110; R., 32. Pendant In nuit, 2 affusions froides. Le malade a pris 300 grammes de maiaga, loo grammes de rhum, 3 litres de lait, 2 litres d'eau.
8 janvier, 20-^ jour: T., 39-3; P., 116; R. 10. Le malade a beaucoup expectoré à la suite de ses allusions froides. La somnolenci', la raideur, les selles involontaires persistent. Langue sèche. VentruboiilTi. Eugouoiiicnt hyposlnlif|uo con.^^id.érable. Avale très-difïlcilement. Même traitement. A midi : T, 39'^3; P., 110; R, 40. Rain tiède d'une demi-heure et affusion froide. .Après le bain : T., 37''G; P., 112; R., 40. A 3 heures : T., 40"; P., 1^14; R. 40. 2« bain et affusion. Après le bain : T., 37"8; P., 118; R., 34. A 5 heures du soir : T., 38»9; P., 128; R. 40.
9 janvier, Sl-^jour: T., 39"; P., 128; R., 52. A eu 5 selles involontaires. Tremblement généralisé. Raideur presipie générale; impossibilité d'ouvrir la bouche. Le pharynx est. couvert d'un mucus visqueux très-épais. Même traitement. Le malade reçoit 10 affusions froides dans la journée; malgré cela le coma vigil persiste. Soir: T., 39 '2; P., 128; R., 52.
10 janvier, 22' jour : T., 37''5; P., 100; R. 42. Rémission spontanée ce matin, qui donne lieu de penser que c'est le stade de déclin qui commence. Somnolence continue; répond aux questions quand on l'interroge; parle difficilement. Carphologie Mussitalion. Langue sèche. A eu 2 selles involontaires depuis hier matin. Râles souscrépitnnts. Prend toujours 100 grammes de rhum et 200 grammes de maiaga dans les 24 heures. Continuation des affusions froides. Soir:T., 39»5;P., 120; R., 42.
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Il jiinvier, 2:l^ioul■: T., 37 i; P., 13-2; U., 42. Toujours rnideur générale; contracture des mains; o[)islliolonos. Quand on louche le nnalade, on ne jjrovoquo pas de contractions cloni([ues réHexes comme dans le tétanos, mais le tonismcesl presque aussi prononcé. Les alTusions froidr-s n'ont p:is d'influence sur celle contracture. Tremblement. Mâchonncmonl continuel Le malade répond très-bien au.v questions, puis retombe dans la somnolence. A eu 2 selles diarrhéicjues. Prescription : Suspendre les afl'usions froides; lotions froides sur le corps; vin de Malaga , 300 grammes; rhum, HO grammes. Soir : T., 39'8; P., 120; R., U.
1-2 janvier, 2i^jour : T., 38^ P., 112; Pi., 40. Intelligence plus nctie; répond mieux aux questions. Avale mieux. L'état général semble amélioré, la langue est toujours sèche. Aeu 2sellesdiarrhéi ques et des urines involontaires. Traitement: Mdnga, 200 grammes; tisane de café; bouillon; lait. Soir : T., 39'2; P., 1 12; P.., 44.
14 janvier, 26" jour : T., 37; P., 108; R., 40. L'amélioration con tinue, la raideur est un peu moindre; la déglutition se fait bien. Depuis hier, 2 selles diarrliéiqucs. Même régime; de plus, 2 œufs. Soir:T., 40''2;P., 120;R., 40.
IG janvier, 28'= jour : T., 37; P., 1 10; R., 32. Langue assez humide. 2 selles diarrhéiqiies. Raideur moindre. Soir : T., 30"2 ; P., 110;R., 40.
L'amélioration continue. Le 29"" jour, le malade a une selle moulée; on découvre des eschares superficielles aux talons et au sacrum Dans la nuit du 18 janvier, il a du délire; la température qui, depuis lo 11, avait oscillé entre 37 le matin et 3'.)''5 le soir, se relève le 17 janvier et reste au-dessus de 38 ilegrés matin et soir jusqu'au 23 janvier. Cette recrudescence fébrile semble due à une otite de l'oreille giuche; le tympan est perforé par la suppuration. A partir du 2. > janvier, 35* jour de la maladie, la température oscille entre 'M et '■M degrés; le 50'" jour seulement elle est normale matin et soir, cl ns'c telle pendant 0 jours; puis elle refait quelques exacerbatioiis vers 38 degrés, le soir, jusqu'au GG^jour. quand le malade convalesceni quille rhôpilal. La contraclurc avait tolalemcnt disparu 16 31' jour; 1(> malade commençait ii manger de la vi;inde, la veille, et se levail pour la première fois penilanl un quart d'heure le 27' jour.
Vûih'i donc une lièvre typhoïde chez un .^ujet profondément anémique, s'accompai^nant de pliénomènes spinaii.\
assez rares, tremblement généralise, raideur des membres, trismus et opisthotonos. Les bains et les affusions froides n'ont pas modifié ces phénomènes greffés sur un terrain anémique. C'est l'alimentation et la médication stimulante qui ont soutenu jusqu'à la fin de l'évolution typhoïde le souffle vital nrêt à s'éteindre. xVu fort de sa maladie, notre homme a pris dans sa journée de 24 heures 300 grammes de malaga, iOO grammes de rhum et 3 litres de lait. Les bains froids étant contre-indiqués par la faiblesse excessive, nous avons eu recours aux bains tièdes à 30 degrés.
Les bains tièdes prolongés peuvent-ils remplacer les bains froids? Liebermeister ne leur accorde pas la même efficacité thérapeutique, car d'après ses calculs la température basse d'un bain influe beaucoup plus que sa durée sur sa vertu réfrigérante. Voici, par exemple, les résultats fournis par une de ses expériences : un malade plongé dans un bain à 25 degrés perd la quantité de calories suivantes : en 5 minutes, 122; en 10 minutes, 165; en 1 5 minutes, 192 ; en 20 minutes, 208; en 30 minutes, 342.
Dans un bain de 28"! , ce même malade perd en 5 minutes, 33 calories; en 10 minutes, 44 calories; en 15 minutes, 50; en 20 minutes, 52; en 30 minutes, 56.
De cette expérience et d'autres analogues, Liebermeister conclut qu'un bain tiède ne saurait être comparé à un bain froid, comme intensité d'action. Remarquons cependant que chez notre malade, chaque bain tiède à 30 degrés, de 20 minutes à une demi-heure, a abaissé la température axillaire de 2 à 3 degrés. Chez une autre de nos malades, soumise à des bains de 25 degrés pendant 10 à 15 minutes, sans affusions froides, la température fut aussi abaissée de 2 degrés. Je ne veux rien conclure
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de ces deux liiils, sachant que la température axillaire n'est pas parallèle à la température profonde. Les éléments nous manquent encore pour juger la valeur comparative des bains tièdes et des bains froids.
Est-il vrai de dire, avec Liebermeister, que l'efficacité thérapeutique du bain est proportionnelle à sa vertu réfrigérante? Je ne puis m'empêclier de revenir sur ce que j'ai dit : Plus vous soustrayez de calories au corps du fébricitant, plus celui-ci, qui reconstitue invariablement sa chaleur fébrile en deux ou trois heures, est obligé de brfder à cet efll't de sa propre substance. Voilà ce que dit la théorie. Revenons ta l'expérience clinique. C'est elle qui dira quelle est l'utilité réelle des bains froids, des bains frais, des bains tièdes. Gomment agissent-ils? Est-ce sur le système nerveux? Est-ce sur la calorifi cation? p]st-ce sur la fermentation morbide? Je ne sais. L'expérience m'a convaincu de l'efficacité merveilleuse des bains froids répétés dans certains cas de fièvre typhoïde. J'ai constaté cette efficacité cliniquement; mais les doctrines physiologiques de la chaleur fébrile ne me laissaient pas prévoir cette cfiicacité, elles ne m'expliquent pas sa raison.
Quoi qu'il en soit, l'imagination des médecins a été vivement frappée par la méthode thérapeutique nouvelle. Pathologistes et physiologistes se sont ingéniés, surtout en Allemagne, à trouver des procédés mécaniques qui répondent à cette indication : refroidir le corps des fébricitants. F. Hosenthal (') propose de les exposer à un courant d'air bdid; Leube (*) les couche sur un matelas de caoutchouc
(M J. ROSENTIIAI,. Loco cilato, p. 32.
(') Lkube. L'eher die AhhùUlung fieberhr/ler Krankcn durch Fishisscn. {Deutsches Archiv j'iir liliii. Med. Land VIII, S. o.Jô.)
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rompli (riin mélange réfrigcraiiL do glac(3 et de sel niariii ; Piicgol (') leur couvre le thorax et l'abdomen de vessies de glace; Kemperdick f) et Foltz (^) leur ingèrent de Tcan froide par la bouche et par le rectum; Senator (;') le':;r enveloppe la peau de moutarde avant de les mettre au bain, à l'effet de dilater par rubéfaction les vaisseaux cutanés et de prévenir ainsi la restriction que ces vaisseaux contractés par le froid peuvent apporter à la déperdition du calorique. Que sais-je encore? On est pénétré de celle idée que le danger des pyrexies c'est la fièvre quicombure l'organisme. C'est un incendie qu'on s'acharne à éteindre. Et voilà à quel rafllnoment de thérapeutique réfrigérante a conduit celle doctrine poussée à l'excès!
Je crois qu'on est allé trop loin. Sans doute la fièvre est un danger; elle n'est pas tout le danger. J'ai cherché à établir fimportance de l'élément chaleur dans l'évolution clinique de la fièvre typhoïde ; je croyais autrefois, sur la foi des auteurs et des doctrines physiologiques, que la fièvre mesurait la gravité et dominait toute la symplomatologie de l'affection. L'observation clinique m'a amené, je dois le dire, à modifier un peu mes idées. J'attribue encore à la chaleur une très-grande signification, mais certainement la fièvre typhoïde n'est pas tout entière dans la fièvre. En subordonnant à l'élévation de température, toute l'évolution de la maladie, tous les symptômes nerveux, toutes les dégénérescences parenchymateuscs, l'école allemande a fait, je crois, fausse route. Depuis que j'ai vu la fièvre typhoïde évoluer avec peu de fièvre et
(') I^iET.EL. Deutscftes Archiv fur Klin. Med. Bar.d VIII. S. 516.
(*i Kempeiidick. Berliner Klhi. Wochenschrift. 187 3. n° 10.
(') KoLTZ. Du Laoemenl froid. Lyon, isTÔ.
(*) SnN.VTon. Unlcrsitchungen iibcr denfteberhaflen Proccss. Berlin, 1S73.
RÉFUIGÉRATIÛN A UUTKANCL:. 493
un appareil nerveux des plus graves, et réciproquement avec beaucoup de fièvre et peu de symptômes graves ; depuis que j'ai vu dans la convalescence des typhiques la fièvre se rallumer et brûler souvent des semaines, intense et continue, certes non sans dommage, mais du moins sans danger vital pour l'organisme, je suis revenu un peu des terreurs exagérées que m'inspirait la combustion fébrile des organes. Je fais de la médication antipyrétique, je suis grand partisan des bains froids dans certaines circonstances, mais je ne suis pas hydrothérapiste réfrigérateur cà outrance. J'assiste quelquefois, sans intervenir, à l'incendie fébrile; c'est seulement quand cette fièvre s'accompagne de symptômes nerveux graves, ou quand elle reste au-dessus de 40 degrés pendant trois jours, que je me décide à recourir à l'eau froide. Nlliil mcujni facias ex merâ hypothesi anl opinmw.