‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 99 sur 105 · CAS AVEC RHUMATISME SPINAL · texte numérisé non relu

CAS AVEC RHUMATISME SPINAL

moindreil.'iiislesjainbes. /Vrticulatioiis des genoux, des cous-do-picd, des poigiiels toujours endolories. MèniD*clat des bases des deux poumons. De plus, expiration souillée avec relenlissemenl de la voix dans la fosse sus-épineuse droite. Mui^nel sur la langue et le voile du palais. Gargarisme au chlorate de potasse.

Le 2Gjuin, exicerbation des arlhropnthies-, hypercstliésie surtout de la peau abdominale; beaucoup de fourmillements dans les membres. Administration de la digitale, 0,75 les :2I3, 27 et :28 juin; ;iprès ces trois doses, la température baisse le iU et le 30, et continue à osciller entre 37° le malin et 38° le soir; le pouls n'est prpsque pas iniluencé. — Le 27 juin, outre les hypereslhésies diverses et les artiu'opalhies, on constate à la poitrine, en avant et à gauche, diminulion de sonorité et du bruit vésirulaire, retentissement de la voix; en arrière et à gauche, matité et expiration souillée depuis T.mgle de l'omoplate jusqu'en bas; à droite, snbmatité et souille commençant à trois travers de doigt plus bas. Expiration souillée dans la fosse sus-épirituse droite. Choc et battements du cœur normaux.

Le 28 juin au soir, la malade a eu un accès d'oppression violente (^00 respirations par minute) qui a disparu à la suite de l'application de ventouses sèches et d'un vésicafoire. Les signes physiques constatés sont les mêmes. — Le 30 juin, amélioration marquée; la température reste abaissée; la malade peut, pour la première fois, remuer un peu les jambes; cependant il existe encore un certain degré iriiyperesthésiedans les membres inférieurs, sur la peau de l'abdomen; -ies cous-de-pied et les articulations du dos des mains sont gonflés; le muguet a disparu. Mêmes symptômes pulmonaires.

Le 1" juillet, on constate que la matité pulmonaire de la base remonte moins haut à gauche; le souflle n'est plus que très-peu marqué; quelques râles sous-crépilants jusqu'à l'angle de l'omoplate. L'expiration souillée se perçoit encore dans la fosse susépineuse droite, avec quelques râles secs à la base. La rachialgie, qui a été constante et fixe, diminue, ainsi que la douleur en ceinture.

Le 3 juillet, ramélioration continue. Les articulations sont à peu près dégagées, les épaules sont restées sensibles; la malade se plaint encore de quelques élancements douloureux dans les bras et les avant-bras, mais leur attouchement et celui des jambes n'est plus douloureux. Le chatouillement de la plante des pieds réveille de la sensibilité à droite, dans le pied seulement; à gauche, encore quel-

qucs irradiations jusqu'aux genoux. Le soiiino pulmonaire n'existe plus que lians la fosse susȎpineuse droite.

Le 5 juillet, la malade peut rester levée pendant 3 heures. Cependant elle accuse encore de renJolorissement quand on touche ses deux bras ou ses jambes, de la sensibilité de la 2'' à la 6* apophyse épineuse dorsale. Les arihropalhies ont disparu. Submali'c dans les deux bases pulmonaires, légère submalilé sous la clavicule gauche et dans la fosse sus-épineuse droite; dans celle dernière région, l'expiration est encore souillée.

Les symptômes spinaux qui succédèrent clicz cette jeune fille i\ la suppression du flux menstruel, parurent liés à une méningite spinale dont elle accusait tous les symptômes. La fièvre persistante témoignait qu'il s'agissait d'un procès inflammatoire et non d'une simple irritation ou congestion spinale. Six jours seulement après, les déterminations articulaires multiples vinrent signer le diagnostic rhumatismal de l'affection. Il ne pouvait être question dans ce cas d'arthropathies d'origine spinale, car nous avions la fièvre rhumatismale et le rhumatisme articulaire évident par tous ses caractères : rougeur^ chaleur, gonflement, mobilité et peu de fixité des lésions. D'ailleurs l'affection spinale elle-même accusait par ses allures cliniques le caractère de congestion mobile et tugace qui est l'apanage du rhumatisme aigu ; l'hyperesthésie n'occupe pas tous les jours la même place : un jour c'est la jambe droite qu'on ne peut toucher sans réveiller une douleur exquise ; le lendemain, on peut la toucher sans douleur, et c'est le bras droit qui est particulièrement hyperesthésié ; puis c'est la peau du cou qui devient hyperalgésique passagèrement; un autre jour c'est la surface cutanée de l'abdomen. Et, bien que les phénomènes excentriques d'origine spinale, douleurs, contractures,

fourmillements, trémulation convulsive, bypcresthésie racliidieime, douleurs en ceinture, se prolongent pendant un mois, cependant jamais les fonctions de la moelle ne sont compromises ; ni la sensibilité, ni la molilité des membres ne sont diminuées, et l'affection se résout sans traces, témoignant ainsi qu'elle n'avait réalisé aucune lésion persistante, qu'elle était sans doute simplement

congestive.

Sur ce rhumatisme spinal et articulaire, le premier dominant largement la scène morbide, vint enfin se greffer le rhumatisme pulmonaire. Quinze jours après le début, on constate une congestion pulmonaire aux deux bases, avec un épanchement léger dans la plèvre gauche; trois jours après, le sommet postérieur du poumon droit est hyperémié et ces symptômes de congestion pulmonaire et spinale survivejit longtemps aux congestions articulaires.

Telles sont les observations qui constituent notre second groupe. De l'analyse à laquelle nous nous sommes livré, nous pouvons conclure, au point de vue qui nous occupe, que le rhumatisme articulaire aigu s'accompagne assez souvent de congestions pulmonaires, partielles, mais bien accentuées et plus ou moins étendues. Ces congestions peuvent précéder les localisations articulaires et être la première manifestation du rhumatisme ; le plus souvent elles se constatent en même temps; quelquefois elles ne viennent qu'au bout de quelques jours.

Les synqjtômes qui les accusent sont : une toux plus ou moins fréquente, de l'expectoration plus ou moins abondante, tantôt blanche et spumeuse, tantôt visqueuse et

roiiilléc, de l'oppression à des degrés variables. Le signe physique, souvent le premier constaté à l'examen du thoi-ax, est une diminution de sonorité à l'une des régions pulmonaires, soit dans une base, soit, et cela fréquemment, à l'un des sommets, sous la clavicule ou dans une fosse sus-épineuse. Cette localisation au sommet de la malité ou de la submatité, si manifeste que, quand nous l'observâmes la première fois, elle nous donna l'idée d'induration tuberculeuse, cette localisation est remarquable; elle est presque spéciale à la congestion rhumatismale, car les congestions hypostatiques et cardiaques débutent toujours dans les régions déclives. Cette submatité varie d'étendue et d'intensité; elle peut se généraliser d'un côté, envahir le côté opposé, disparaître et reparaître, suivant la marche capricieuse de toutes les déterminations rhumatismales; elle peut alterner ou coexister à côté d'une zone de sonorité tympanique plus ou moins aiguë, sonorité qu'on observe souvent dans le voisinage des portions tuméfiées du poumon.

Au niveau de la submatité, on perçoit d'abord un grand liffaibhssement du bruit vésiculaire; si la congestion plus intense ou l'exsudation fibrino-plastique cousécutive a comblé les alvéoles, on perçoit, au lieu d'un bruit vésiculaire affaibli, une respiration rude, puis souflilée, avec retentissement de la toux et de la voix. L'hyperémic de la muqueuse bronchique engendre d'abord ce que j'appelle une respiration rugueuse, c'est-à-dire inégale, âpre, comme constituée par des râles secs non encore détachés, mais accolés au bruit vésiculaire; cette altération du bruit vésiculaire correspond à l'enchifrônement bronchique; je la compare à la respiration rugueuse de l'enchifrènement

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