DES IIYDROPISIES LIÉES A LA DL\RRHEE CHRONIQUE
que le froid, la déclivité, la fatigue musculaire, aient pu servir de facteurs accessoires à l'œdème de notre malade, et en tout cas aient contribué à l'entretenir.
Le rôle de la circulation lymphatique, dans ces anasarques liés à l'entérite chronique, est encore très mal connu ; pourtant, les recherches histologiques récentes de Ranvier et Renaut, le rendent assez vraisemblable. Nous venons devoir un fait chnique qui montre, d'une façon saisissante, la part que les lymphatiques jouent dans la production de certains œdèmes supposés cachectiques.
11 y a cinq semaines, nous recevions un vieillard de soixante-dix ans, jadis robuste, mais affaibli par la misère et la mauvaise nourriture. Cet homme avait les deux jambes enflées, et de plus, sur la jambe gauche, une lymphangite récente, d'aspect érysipélateux, qui se compliqua bientôt d'un abcès circonscrit de la cuisse. Après l'ouverture du phlegmon, tout rentra rapidement dans l'ordre et l'œdème disparut.
Mais quinze jours plus tard, sans autre cause qu'une tentative faite par cet homme pour marcher, l'œdème reparaissait aux deux membres inférieurs, avec l'allure clinique d'un œdème brightique, blanc, mou et indolent, qui bientôt se compliqua d'ascite; il n'y avait cependant pas trace d'albumine, et le cœur était normal. Evidemment, cet œdème était en majeure partie d'origine lymphatique, car les ganglions étaient restés engorgés et sensibles. Inutile de dire que ce malade n'était pas leucocythémique.
Voilà donc un cas oîi les aj)parences étaient celles d'un Œ'dème cachecticpie lié à rinauiliun et à la misère, et oii, cependant, la gène de la circulation lymphati(jue jouait certaiiieiiii'iil un roJt; de pi'finicr ordre. 11 ne faut donc pas se hâter de rejeter ce facteur patliogeiii(|ue dans les anasarques d'origine intestinale, mais nous ignorons complètement dans quelle mesure? le système lymphatique peut se trouver en cause.
En résumé, si nous cherchcms à tirer une conclusion des