‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 22 sur 48 · DF. LA TYMPANITE NERVEUSE · texte numérisé non relu

DF. LA TYMPANITE NERVEUSE

lysie complète des membres inférieurs, survenue graduellement depuis trois semaines. La paraplégie du mouvement est complète, les jambes flasques et inertes, sentant encore vaguement le contact et les impressions thermiques : la tympanite abdominale est énorme, la vessie et le rectum sont paralysés. Une zone d'hypéresthésie et de douleurs en ceinture occupe la région sous-diaphragmatique. Bientôt la fièvre s'allume ; des eschares sacrées considérables se creusent et les masses musculaires des membres inférieurs s'atrophient rapidement. Le diagnostic ne semble pas douteux : il s'agit bien certainement d'une myélite transverse avec destruction progressive de l'axe gris : le pronostic paraît presque désespéré. Cependant la malade, au bout de six semaines de séjour à l'hôpital, commence à retrouver un certain deg*ré de motilité, et ses eschares se cicatrisent : la paralysie vésicale disparaît, la tympanite s'affaisse, et une réelle amélioration se dessine, quand brusquement survient une amaurose de l'œil gauche^ d'origine purement nerveuse et sans lésions papillaires. En même temps une large plaque d'anesthésie atteint le membre supérieur gauche, sans paralysie motrice concomitante. A partir de ce moment, un changement notable se manifeste dans l'état de la malade : le mouvement revient rapidement dans les jambes, la paralysie intestinale n'existe plus, et en moins d'une semaine la guérison de tous les troubles fonctionnels se produit : les eschares mal cicatrisées témoignent seules de la gravité des accidents paraplégiques. Voilà un cas (h; paralysie fonctionnelle (ju'assurémcnt il ('lait diflicilc de ne pas prendre pour une lésion organi(jue.

Dans ces formes mixtes, (jiii peuvent être aussi i)ien imputées à une altération de la niorllc (ju'à la névrose, l'exploration du réflexe rotulicn fournit (juchjucs indications utiles, (liiez les hystériques, h; réllexL' patellaire est prcscjue toujours exagéré, tandis que dans les myélites Iransverses, même à une phase précoce de la maladie, il se supprime, i^e degré même de la tympanite fournit une prt'-somption

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en faveur de la nature nerveuse de la paraplégie, car les myélites véritables, tout en s'accompagnant d'inertie vésicale et intestinale , et de flaccidité de la paroi abdominale , donnent rarement lieu à une distension considérable du ventre, comme c'est la règle dans l'hystérie.

Un autre cas clinique embarrassant, et tout à fait diff'érent du précédent, est celui dans lequel une tympanite douloureuse, survenant brusquement à la suite d'un traumatisme, ou d'une suppression des règles, s'accompagne de symptômes de péritonisme. Le ventre se ballonne, des vomissements surviennent, la face se grippe, le pouls est petit et fréquent : c'est le tableau de la péritonite aiguë, moins la lièvre : or, on sait que la température peut rester basse dans des cas de lésions graves du péritoine , par exemple à la suite des perforations intestinales. Il est difficile, en face de ce complexus symptomatique, d'admettre l'existence d'une tympanite purement nerveuse, et dans certains cas l'incertitude persiste jusqu'après la guérison de la malade.

11 y a quelques semaines, je me suis trouvé en face d'un problème de ce genre. Une jeune fille de dix-huit ans, nerveuse, mais jusque-là bien portante, se heurte légèrement la hanche contre l'angle d'un banc d'un jardin pubhc et ressent une douleur très vive ; elle est obligée de se faire reconduire chez elle en voiture, et le soir même ses règles, qui dataient de l'avant-veille, cessent de couler. Je la trouve le lendemain avec 37°7 de température, mais avec du météorisme, de la petitesse du pouls, une soif ardente, une douleur excessive dans les fosses ihaques, un faciès profondément altéré : je diagnostique une péritonite consécutive à une hématocèle ovarienne ou tubaire probable. Les accidents se maintiennent pendant près d'une semaine, avec vomissements et péritonisme très accentué, mais sans que cependant jamais le thermomètre s'élève au delà de 38° : finalement la guérison survient, sans laisser de traces matérielles appréciables. Ai-je eu affaire à de la tympanite purement nerveuse ou à une péritonite véritable, qui s'est terminée

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