LE POULS DANS LES MALADIES DU COBUH
gauche dépense et perd une partie de sa force utile d'impulsion contre l'obstacle créé par le rétrécissement. Voici un tracé de ce pouls d'après Marey (flg. 15).
Fig. 15.
Vous comprenez de môme que l'ondée sanguine soit peu volumineuse et le pouls petit clans le rétrécissement mitral. C'est ce que vous voyez dans ce tracé pris sur un malade qui présentait tous les signes d'une maladie du cœur à la période des accidents
Fig. 16.
généraux, sans bruit de souffle et avec dédoublement du second bruit (flg. 16). On constate une irrégularité dans le rbythme à la seconde pulsation du tracé.
Enfin, le pouls est petit dans Y insuffisance mitrale, puisqu'une
Fig. 17.
partie de l'ondée sanguine, au lieu de s'engager dans l'aorte, rétrograde dans l'oreille. Notez d'ailleurs que, dans la plupart des cas, le rétrécissement s'ajoute à l'insuffisance.
La figure 17 (p. 203) représente le tracé du pouls recueilli sur un malade atteint d'insuffisance mitrale sans rétrécissement (souille nettement syslolique sous le mamelon, sans dédoublement du second bruit). Cet homme, pour le. dire en passant, était affecté de maladie de Bright et n'avait jamais eu de rhumatisme, mais il était ivrogne et alcoolisé. Ce n'était pas sa maladie de Bright qui lui avait donné son affection mitrale : c'était X alcoolisme qui avait produit à la fois la lésion des reins et celle du cœur. On dit, depuis Traube, que la maladie de Bright avec atrophie rénale peut causer une maladie cardiaque, telle que l'hypertrophie du ventricule gauche, et l'on cherche à comprendre ce qui est absolument incompréhensible; on donne même à ce sujet des explications étranges et qui satisfont les individus d'un bon caractère (par exemple, que c'est l'atrophie des reins qui augmente la pression dans l'aorte, au-dessus des artères rénales, et fait ainsi s'hypertrophier le ventricule gauche !!!). Ces explications, je ne vous les rapporterai pas au long : vous les trouverez ailleurs. Ce que j'aime mieux vous dire, c'est qu'en réalité la lésion brightique n'a rien à voir dans la lésion mitrale ni dans l'hypertrophie ventriculaire gauche, l'alcoolisme les a toutes deux engendrées : soit, quand il y a lésion mitrale, par lésion généralisée de l'endocarde et de l'endartère ; soit, quand il y a hypertrophie ventriculaire gauche (sans lésion mitrale), par endartérite généralisée, nécessitant un surcroît de travail du ventricule gauche, d'où l'hypertrophie de celui-ci.
D'un autre côté, le pouls peut être irrégulier, ou, pour mieux dire, inégal, irrégulier et intermittent. J'entends par pouls inégal celui dont les diastoles sont dissemblables ; j'entends par pouls irrégulier celui dont les diastoles ne se suivent pas à intervalles égaux; le pouls est intermittent, quand la diastole artérielle manque absolument au temps où elle devrait se produire.
Le pouls peut être inégal et irrégulier dans toutes les maladies du cœur à une certaine période de leur évolution. Cette inégalité dans la pulsation de l'artère dérive d'une inégalité dans la contraction du ventricule et, par conséquent, dépend non pas de la nature ni du siège de la lésion d'orifice ou de valvule, mais de la force actuîlle du muscle ventriculaire. La chose est de soi si