‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 112 sur 287 · TRAITEMENT DE LA DYSPNÉE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA DYSPNÉE CARDIAQUE

dyspnée, en combattant la lésion géométrique dont je vous ai parlé dans ma VIe leçon.

11 faut seulement avertir les malades de ne point se refroidir dans l'intérieur de la cloche ou en en sortant; un châle ou un paletot supplémentaire y suffit. Parfois les clames ont besoin d'un chauffe-pieds.

Avant l'apparition des raies bronchiques et comme moyen préventif, il faut utiliser la sympathie qui relie le contenant au contenu, les parois du thorax aux poumons, en activant la circulation capillaire de la peau de ces parois à l'aide de frictions stimulantes avec le baume de Pioraventi, qu'on pratique le matin (une cuillerée ;\ soupe de ce baume, en frictions pendant cinq minutes sur les parties antérieures de la poitrine et surtout au niveau des insertions diaphragmatiques).

A fortiori, quand ces râles se sont fait entendre, insisté-je sur les révulsifs, en commençant par le sinapisme, pour passer à la teinture d'iode, aux ventouses sèches ou même aux ventouses scarifiées.

11 arrivera que vous serez appelés pour des malades que vous savez atteints d'une affection du cœur, mais n'en ayant eu jusque-là que les accidents de la première période, et qui, tout à coup, seront pris d'accidents analogues à ceux du catarrhe suffocant ou de la bronchite capillaire généralisée. A l'auscultation, vous entendrez des râles fins extrêmement étendus, il y aura de l'expectoration rosée et môme sanglante : c'est une double congestion pulmonaire qui s'est brusquement produite Alors n'hésitez pas, ouvrez largement la veine ; appliquez ensuite des ventouses scarifiées, puis faites administrer un vomitif, en mettant, bien entendu, dans chacun de ces actes thérapeutiques un intervalle suffisant. En agissant ainsi, vous n'avez pas simplement produit une décongestion rapide et directe des poumons, vous provoquez un état demi-syncopal assez durable pour entraîner la petitesse du pouls, c'est-à-dire un rétrécissement du calibre vasculaire et, par suite, un acte décongestif ; enfin, par le vomitif, vous ne faites pas seulement vomir l'estomac, mais — passez-moi l'expression — vous faites aussi vomir les bronches.

C'est par cette médication variée, qui s'inspire des nccidenU

g4 4 LES MALADIES DU COEUR.

et tient compte de leur cause pathogénique, que vous parviendrez pendant longtemps à prévenir ou à combattre la dyspnée et l'anémie, sa conséquence nécessaire. Et ne croyez pas qu'il soit contradictoire de signaler les émissions sanguines parmi les moyens propres à prévenir l'anémie des affections cardiaques : le sang que vous tirez avec une sage audace dans les conditions que je détermine, loin de servir à l'hématose, s'y opposant, est une cause indirecte et puissante d'anémie.

Nous avons vu que celle-ci était due àl'anoxémie par le rétrécissement du champ de l'hématose ; il importe donc que le malade respire un air plus riche en oxygène et plus abondant, et vous comprenez ainsi le bon effet des bains d'air comprimé, du séjour à la campagne et de préférence dans des lieux peu élevés, les vallées ou le voisinage de la mer. Ici l'instinct du malade est d'accord avec la science.

Contre cette anémie commençante ou confirmée les ferrugineux sont indiqués — mais ce qui est surtout bienfaisant et ce qu'on n'emploie guère en pareil cas, c'est l'hydrothérapie. Or l'eau froide, sagement employée, a des effets complexes et salutaires.

Je la conseille sous forme de lotions froides, pratiquées à l'aide d'une grosse éponge chaque matin au réveil, et non sous celle d'affusions et encore moins de douches en pluie, qui saisissent trop le malade et peuvent sinon être dangereuses, au moins devenir l'occasion de spasmes pénibles et inquiétants.

Ces lotions ne stimulent pas seulement la peau, elles l'aguerrissent contre le froid et préservent ainsi le malade des accidents que celui-ci peut provoquer.

Il vous reste encore à combattre l'imminence morbide pour les affections des voies respiratoires créée par la tendance aux congestions. A cet égard, vous conseillerez à vos malades d'éviter le refroidissement brusque, qui cause des affections inflammatoires, telles que la pneumonie ou la pleurésie, et, chez de tels sujets, peut provoquer une congestion pulmonaire active, généralisée et formidable; d'éviter également le refroidissement persistant et surtout humide, qui produit les affections catarrhales. Ici encore l'hydrothérapie est un excellent moyen préventif. Maisj insisterai bientôt spécialement sur celte puissante médication.

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