PATHOGÉNIE DU SPASME
renouvelé l'expérience, et deux fois les mêmes phénomènes se sont reproduits sous vos yeux.
Et d'ailleurs tout cela est nécessaire.
Nous ne devions pas avoir à nous occuper des mouvements de la vie organique ; de sorte que la mise en action des muscles préposés à ces mouvements devait avoir son origine au lieu même de sa production et au moment de l'acte ; la sollicitation devait partir de Y objet même qui devait être mû. Ainsi les muscles de la vie organique, soustraits à la volonté, ne pouvaient avoir qu'une sensibilité inconsciente et n'agir que par action réflexe ; le point de départ de leurs mouvements devait consister dans une sensibilité locale ; de sorte que toute irritation locale y est une sollicitation à la contraction locale, de sorte enfin que la douleur, qui est une incitation exagérée, y entraîne le spasme, qui n'est qu'une action exagérée.
Tout rétrécissement peut donc se compliquer d'un ensemble de phénomènes où le spasme joue son rôle, et dont je vais essayer de vous faire voir l'enchaînement symptomatique.
Et d'abord, dans tout rétrécissement il y a trouble fonctionnel du canal modifié dans ses dimensions : y a-t-il rétrécissement des voies aériennes, vous constaterez la dyspnée ; s'agit-il d'un rétrécissement de l'intestin, comme notre malade nous en offre un exemple, vous observerez un arrêt plus ou moins complet des matières fécales. La notion du trouble fonctionnel propre à chaque canal doit être induite de la notion physiologique que vous avez de ce canal. Voilà un premier fait d'ordre physique.
En voici un deuxième d'ordre dynamique : c'est le spasme, qui s'ajoute au rétrécissement et en aggrave plus ou moins les symptômes, selon son intensité.
En troisième lieu se manifestent des phénomènes d'un ordre plus général : c'est le trouble consécutif à la fonction entravée, lequel est proportionnel à l'importance physiologique de l'organe altéré, et alors surviennent les troubles fonctionnels généraux. C'est ainsi que, dans le rétrécissement intestinal, l'appétit diminue, les digestions se font mal : tout l'organisme souffre. C'est ainsi que, lorsque le rétrécissement siège dans un point des voies aériennes, on voit survenir la dyspnée, l'orthopnée, et finalement
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l'asphyxie avec ses terribles conséquences. C'est ainsi enfin que, si les voies circulatoires sont rétrécies en quelque point du cœur, on voit se produire les palpitations, qui ne sont que des mouvements spasraodiques temporaires de l'organe. En effet, les individus atteints de maladies cardiaques ne sont pas seulement exposes aux accidents qu'entraîne la gêne permanente de la circulation, ils sont encore sujets à des troubles d'origine spasmodique, qui augmentent temporairement la gravité des symptômes.
On observe enfin un quatrième fait : c'est la dilatation en amont du canal rétréci. Aussi, voyez-vous chez le vieillard du n° 22 un ballonnement qui donne à son ventre un volume disproportionné avec l'apparence amaigrie des parties supérieures de son corps.
Ainsi, messieurs, il y a dans tout rétrécissement des phénomènes comparables, et qui ne diffèrent qu'en raison de l'impôt tance physiologique du canal altéré. Vous pouvez donc toujours (et c'est à cette conclusion que je veux arriver) induire d'un rétrécissement quelconque tout l'ensemble des symptômes auxquels il peut donner naissance.
Un point reste à élucider; notre malade n'a plus de spasme, bien qu'il ait toujours un rétrécissement, et par suite les vomissements stercoriformes ont également disparu. Comment peut-on comprendre cetLe disparition complète de la cause productrice du spasme? Ici nous sommes obligés de nous en tenir à des probabilités ; et d'abord, je vous ai dit que nous nous trouvions en présence d'une affection cancéreuse de l'intestin. Eh bien, supposons que la maladie ait son siège en dehors de la paroi intestinale, que par exemple les ganglions mésentériques soient atteints! or ces ganglions peuvent avoir changé de place, et la paroi de l'intestin a pu ainsi échapper en partie à la compression. Faisons, si vous le voulez bien, une autre supposition : cette fois, admettons que c'est bien la paroi intestinale qui a été atteinte par le cancer; ne peut-il pas arriver que la masse morbide s ulcère et subisse une notable diminution de volume ? Alors, le spasme vînt-il à se produire, il est hors d'état d'empêcher la circulation des matières alvines dans un canal revenu a ses dimensions primitives. Enfin, il peut se faire une destruction de la paroi qui,