VÉRIFICATION DES LOIS PHYSIQUES
que sur une partie molle » (par exemple, Tarière vertébrale, la carotide interne près de la selle turcique, etc.) (1).
De son côté, Virchow admet également, comme cause d'artérite chronique, les tiraillements des artères en certains points, tels que la crosse de l'aorte, tous les points sinueux et ceux où la colonne sanguine se bifurque sous un angle très prononcé.
Les mêmes lois mécaniques que je vous ai exposées se retrouvent encore dans la dilatation, les anévrysmes et la rupture des artères.
Par exemple, le maximum de fréquence des dilatations artérielles se voit dans Yaorte (loi des diamètres) ; et, dans l'aorte, les points le plus souvent et le plus fortement dilatés sont : 1° les sinus de Valsalva (au voisinage des valvules sigmoïdes), ce qui est la vérification de la loi des diamètres ; 2° le grand sinus de l'aorte, au sommet de la crosse (loi des diamètres et des courbures) ; 3° enfin, au niveau des grosses collatérales, dans ces collatérales mêmes et à la bifurcation de l'aorte (loi des diamètres et des éperons). A la base de l'aorte, l'ondée sanguine, arrêtée par les valvules sigmoïdes dans son retour vers le ventricule en diastole, exerce une forte pression excentrique sur les sinus de Valsalva. De même, au niveau de la courbure aor tique, l'ondée s'incurve en pressant puissamment sur le sommet du grand sinus ; enfin au niveau des grosses collatérales, brisée par l'éperon, mais puissante encore, elle réagit sur les parois voisines avec une force proportionnelle à sa masse et à sa vitesse. On voit, dans quelques cas, l'aorte doublée, triplée de diamètre, ayant même le volume d'une tête de fœtus à terme. Au niveau des points dilatés, il y a presque toujours épaississement des tuniques ; quelquefois, au contraire, il y a amincissement: dans le premier cas l'irritation par pression a déterminé la prolifération ; dans le second, c'est l'usure qui a prédominé.
Un médecin anglais, Crisp, a donné de la fréquence des anévrysmes spontanés les chiffres suivants :
(1) Rayer, Archives de médecine, 1823.
Aofle thoracique 175 cas.
Artère poplilée 137 —
Arlère fémorale 66 —
Aorte abdominale et ses branches 59 —
Artère carotide 25 —
Arlère sous-clavière 23 —
Tronc brachio-céplialique 20 —
Arlère axillaire (1) 18 —
Eh bien, absolument comme pour les dilatations, vous voyez que le siège des anévrysmes est, par ordre de fréquence, l'aorte ascendante, et clans celle-ci d'abord les sinus de Valsalva, puis le grand sinus; après quoi viennent, pour l'aorte, sa portion thoracique descendante, puis sa portion abdominale (loi des diamètres, des courbures et des éperons). Mais, dans le tableau de Crisp, vous voyez l'artère poplitée occuper le second rang comme fréquence, et la fémorale le troisième, ce qui est dû à la loi des violences extérieures : extension brusque et tiraillements pour la poplitée, habituellement fléchie chez certains sujets (les cochers, par exemple); extension et frottement sur un os pour la fémorale.
Que si, voulant encore vérifier par une méthode indirecte les lois mécaniques invoquées, j'analyse les cas de rupture de l'aorte, je trouve, d'après les recherches de Broca, que, sur 28 cas, la rupture a eu lieu :
19 fois sur l'aorte descendante (dans le péricarde); 7 fois sur l'aorte thoracique; 2 fois sur l'aorte abdominale;
ce qui est absolument la vérification de la loi des diamètres pour les 28 cas, et dela'loi simultanée des diamètres et des courbures pour les 7 cas de rupture de l'aorte thoracique.
(1) Dans un remarquable travail (Anévrysme. dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t IV, p. 527), M. Léon Le Fort objecte avec raison que Crisp a rassemblé indistinctement tous les cas d'anévrysmes publiés dans les journaux de la Grande-Bretagne, mais non tous les cas observés; de sorte que ce n'est point là la statistique de l'observation 'réelle. « Du tableau de Crisp, il résulterait en effet, dit-il, que les anévrysmes poplité et fémoral réums sont plus fréquents à eux seuls que les anévrysmes de l'aorte!» C'est qu'en effet on est loin de publier tous les cas d'anévrysmes de celle artère, tandis qu on relaie plus volontiers les faits d'anévrysme dit chirurgical, eu raison des opérations qu'ils ont nécessitées. Quoi qu'il en soit, on sait que l'artère poplitée est, en effet, celle des artères périphériques la plus souvent frappée d'anévrysmd El cela me suffit.