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L'ALCOOLISME ET SES MEFAITS

Or, nos organes, je ne saurais trop le répéter, résistent d'autant moins à l'usure que leur vitalité est moins grande, et celle-ci est d'autant moindre que la vascularilé est moins abondante. Mais comme, dans la vieillesse, la vitalité générale s'amoindrit, celte diminution sera surtout sensible dans les tissus fondamentalement les moins vivants.

Quels sont donc, après cela, chez les vieillards, les organes les plus habituellement ou les plus fortement lésés ? La réponse est facile : rappelez-vous le morbus coxse senilis, cette coxalgie de la vieillesse, où spontanément se produisent les lésions de la tumeur blanche, une érosion des cartilages, une atrophie des surfaces articulaires et la luxation consécutive de la hanche; rappelez-vous Y arthrite sèche, dans laquelle les cartilages articulaires s'érodent, se résorbent même, de manière à complètement disparaître. Pourquoi ces tissus articulaires, et en particulier le cartilagineux, sont-ils de la sorte attaqués par l'usure? pourquoi? sinon parce qu'ils sont des moins vasculaires? Et nous sommes ainsi conduits à rapprocher de ce fait, sous le rapport de la causalité, cet autre fait, signalé par Bichat et reconnu par tous les observateurs à la suite : « Sur dix sujets, dit Bichat, on en rencontre au moins sept qui présentent des incrustations calcaires. au-delà de la soixantième année. » C'est là une vérité d'observation : l'altération athéromato-calcaire existe chez tous les vieillards; elle y est seulement plus ou moins intense, plus ou moins généralisée, suivant la résistance native de l'endartère, c'est-à-dire suivant la force de résistance de l'individu tout entier. Ce qui me conduit à discuter cette objection : « mais tous les vieillards n'ont pas de dégénérescence artérielle. .. Voici, à cet égard, la vérité : chez les uns on trouve dans le système artériel des plaques athéromateuses peu saillantes aux points d'élection que je vous ai cités; chez les autres ces plaques sont beaucoup plus saillantes, plus nombreuses, et incrustées, çà et là, dans l'aorte, de molécules calcaires; chez d'autres enfin les plaques calcaires sont plus nombreuses dans l'aorte que les plaques athéromateuses; celles-ci sont disséminées dans le reste du système artériel et en des Points plus ou moins nombreux se voient des érosions ou des Pertes de substance. Ainsi j'ai trouvé el je vous montre chez tous

les vieillards des lésions artérielles ; seulement elles sont plus ou moins prononcées : c'est une affaire de degré.

La môme objection sous une autre l'orme, c'est que « ces lésions artérielles se rencontrent parfois chez de jeunes sujets ; ., ce qui est vrai, mais s'explique soit par l'origine diathésique du sujet, soit par des excès invétérés ; de sorte qu'enfin l'on trouve en effet quelques rares vieillards qui n'ont d'altérations artérielles qu'au minimum, tandis qu'inversement on voit des individus beaucoup plus jeunes avec des artères lésées profondément, et telles qu'on ne les observe habituellement que chez les sujets très avancés en âge. Eh bien, c'est que les premiers sont des vieillards jeunes, « encore verts, » comme on dit si justement en tenant compte de la conservation générale de leur organisme ; tandis q.ue les seconds sont de jeunes vieux. Regardez bien et vous verrez que les organes de ceux-ci sont prématurément caducs comme leur endartère, et qu'au contraire ceux-là ont conservé la jeunesse relative de leurs artères comme de leurs oro-anes. N'isolez donc pas clans vos recherches ce qm n'est pa| Lié dans la nature, c'est-à-dire n'isolez pas l'étude des lésions de l'endartère de celle des lésions du reste de l'organisme : elles sont les unes et les autres l'expression d'une altération générale de l'individu, survenue lentement, mais naturellement, par le fait même de la vie ; ou naturellement encore, mais prématurément, par le fait d'une diathèse ; ou plus prématurément encore et artificiellement, par suite de l'alcoolisme.

En effet, les débris organiques que je vous présente en ce moment ne proviennent pas d'un vieillard : l'homme auquel ils ont appartenu n'avait que quarante-trois ans, mais c'était un ivrogne Eh bien, son coeur est granulo-graisseux; l'endocarde en es altéré aux points où nous avons vu (1 ) qu'il l'était habituellement dans la vieillesse (sinus mitro-sigmoïdien), et son endartère p£ sente des altérations surtout calcaires tout le long de, on aorte ascendante et à sa crosse, des altérations athéromateuses et ficaires dans l'aorte descendante.

V alcoolisme chronique n'est rien autre chose, en réalité, qu

(1) Les maladies du cœur, lëçôfl ÎIÎ, p. :l

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