RHUMATISME AIGU, AFFECTION GÉNÉRALE
leur d'une endocardite valvulaire aiguô. A une première atteinte de rhumatisme, il ne peut pas y en avoir d'autre. Le souffle au premier temps et au-dessus du mamelon, qui existe aussi presque toujours alors, ne doit pas vous laisser hésitants, il n'est et ne peut être qu'un souffle d'anémie et non de rétrécissement aortique : celui-ci n'a pas eu le temps de se produire encore. Quant à la jeune malade du n° 17, atteinte pour la seconde l'ois de rhumatisme, chez elle le souffle sus-mamelonnaire était rude et dénotait un rétrécissement aortique, qui avait dû se former consécutivement à la première attaque, et par suite de la persistance du ta'sus morbide de celle-ci.
(Ju'est-ce maintenant que le rhumatisme? C'est une affection générale qui frappe les tissus en raison inverse de leur vascularité — ce qui revient à dire : en raison inverse de leur vitalité.
Je vous prie de peser chacun des termes de cette proposition : elle est fondamentale, et tout ce que je vais ajouter s'en déduit par une série de conséquences.
La cause la plus habituelle du rhumatisme est le froid — et le froid humide ; bien que d'autres causes puissent le produire, voire même la blennorrhagie.
Mais ne parlons que du froid. Pensez-vous que le froid frappe directement les tissus rhumatisés? L'opération morbide est bien autrement complexe. Le froid frappe l'organisme d'abord, et celui-ci étant alors modifié, amoindri dans sa vitalité, dans sa manière d'être vivant, c'est vers les tissus fondamentalement les moins résistants que se font ce que Cullen appelle si justement les déterminations morbides.
Ainsi s'explique la fièvre rhumatismale, qui peut exister sans manifestations locales, et qui, dans les cas complets, aigus, comme celui de notre jeune malade du n° -17 de la salle Saint-Charles, précède de quelques heures les arthropathies.
1° Je dis d'abord, ce qui semble presque une naïveté, que l'organisme est d'autant plus accessible aux causes de maladies qu'il est moins résistant. 11 est bien certain que nous ne résistons aux agents physico-chimiques, qui font sans cesse échec à la vie, que par notre force de vitalité, laquelle est en antagonisme constant
avec les forces physiques. On connaît la définition qu'a donnée Bichat de la vie et de la mort ; je n'insiste pas davantage.
Soient, donc trois individus, l'un valétudinaire, le second convalescent, le troisième vigoureux, placés simultanément dans conditions antihygiéniques ; les deux premiers ont grande chai de contracter une maladie, qui sera, si l'on veut, une pleur, pour l'un, une entérite pour l'autre ; tandis que le troisième aura résisté.
Soient maintenant deux individus bien portants en apparence, mais l'un issu de race pure, l'autre de souche rhumatisante ou goutteuse; et qu'ils soient tous deux exposés à un refroidissement sévère. Le premier résistera, le second aura une attaque de rhumatisme. Et cela parce qu'il y avait en lui une disposition particulière de l'être, congénitale, héréditaire, inconnue danj son essence, manifeste seulement par son expression phénoménale, disposition particulière, ou mieux prédisposition, qui met l'organisme en état d'imminence morbide. Ce qui, en langage plus simple, veut dire que cet organisme résistera moins aux causes physiques qui pourront l'assaillir.
Or, ce qui est vrai d'un individu qui provient d'une lignée rhumatisante l'est également du lymphatique, du scrofuleux, de celui, en un mot, qui est débile ou débilité. Cela est vrai encore de celui qui, s'exposant chaque jour à l'influence répétée de causes occasionnelles déprimantes, use pour ainsi dire sa force de résistance vitale. La jeune fille du n° 17 en est un exemple bien probant. Elle est robuste, d'un tempérament sanguin, d'origine non rhumatismale; mais elle est fille d'auberge, e'est-à-dnj exposée chaque jour de Tannée à de brusques refroidissements et son organisme, primitivement résistant, a fini par fléchir.
j'ajoute maintenant que, dons l'organisme prédispose au rhumatisme par les raisons que je viens d'exposer, la cause occal sionnelle venant d'agir et la maladie étant constituée, les tissul qui seront surtout frappés, ouïes premiers frappés, seront les Ussus les moins vivants, ceux dont l'organisation est le plus ruditnejj taire- c'est-à-dire le tissu cartilagineux, le tissu fibreux et les séreuses articulaires, qui sont à peine des séreuses. De sorte que dans l'arthrite rhumatismale, ce qui est frappé, ce n est pomt