TEXTURE PHYSIQUE ET FONCTIONS PHYSIQUES
J'ajoute maintenant que la bassesse de leur organisation correspondait à l'humilité de leurs fonctions toutes passives. Ainsi les tissus articulaires n'avaient nul besoin de sensibilité : qu'en eussent-ils fait? Rouage mécanique, ils devaient se mouvoir docilement, sans la spontanéité propre qu'implique la sensibilité; eL ainsi font-ils. Gomprenez^vous quel désastre c'eût été si les surfaces articulaires eussent été sensibles, comprimées comme elles doivent l'être pendant leur acte fonctionnel? Et, si elles eussent été vasculaires, la circulation qu'y fût-elle devenue pendant la compression?
Cela dit, voyons donc ce qu'est X endocarde au point de vue de sa texture, et si cette texture même ne le rapprocherait pas des tissus épithéliaux. Voyons si, en d'autres termes, il est sensible et avait besoin de l'être ; s'il est vasculaire et devait à ses fonctions de posséder cette propriété.
Deux maîtres, dont j'estime à un haut degré le caractère et les travaux. MM. Ranvier et Cornil, ont publié dans les Archives de physiologie normale et pathologique les résultats de leurs recherches sur l'endocarde et l'endartère, et sur l'inflammation de ces deux membranes (1). Connaître les lésions de l'une c'est connaître celles de l'autre, l'endocardite et l'endarlérite étant des maladies similaires.
C'est à tort qu'on a cru jusqu'ici que l'endocarde était une membrane séreuse; en réalité, il n'est qu'un tissu épithélial dépourvu de vaisseaux et de nerfs, c'est-à-dire une membrane essentiellement parasitaire.
Voici les preuves à l'appui : l'endocarde est composé de trois couches : <l° une couche superficielle, epithélialc ; 2° une couche de cellules aplaties; 3» une couche profonde de tissu conjonctif, contenant des fibres élastiques fines.
La première couche est constituée par des cellules pavimenteuscs, caduques; la deuxième est composée de cellules aplaties, d'une minceur extrême, et dont on peut limiter le contour au'
arLCsTTf°T à JSt0l°t "°r'mle C' ^holo^e de la tunique interne des urteics et de l endocarde, juillut-uoùl I8U8.
g76 L'ENDOCARDITE.
moyen de l'imprégnation d'argent; par la dilacération on sépare ces cellules avec leurs prolongements plasmatiques de la substance fondamentale (prolongements qui avaient fait supposer que cette couche était uniquement formée par des fibres). Vus de face, les noyaux paraissent allongés, et l'on peut facilement reconnaître leurs dimensions; vus de profil, ils conservent la même apparence, ce qui fait pressentir, comme le font remarquer Ranvier et Cornil, leur forme lenticulaire. Quant aux cellules, leur apparence extérieure est caractéristique : elles sont aplaties par la compression exercée par le sang à la surface de l'endocarde et de l'endartère. La troisième couche est constituée parles éléments ordinaires du tissu conjonctif anastomosés entre eux, et de fibres élastiques ; cette couche sert de substratum aux
cellules aplaties.
En fait, l'endocarde et l'endartère ont une structure en rapport avec leurs fonctions : ces membranes, ainsi que nous l'avons vu déjà pour l'endartère, avaient à jouer le rôle, purement mécanique et passif, de faciliter le glissement du sang, et elles ne sont au fond qu'un simple vernis; elles n'avaient pas à modifier le liquide qui les touche, et elles sont dépourvues de glandules , elles n'avaient pas à réagir spontanément, et elles sont privées de nerfs; membranes de glissement, elles se rapprochent des matières à peine organisées, n'ont pas de vaisseaux propres et vivent d'une existence parasitaire, par imbibition. Ainsi 1 endocarde est nourri par les vaisseaux situés dans 1 épaisseur du
TuTsont maintenant les valvules ventriculo-artérielles (ou sigmoïdes), et les valvules auriculo-ventriculaires? Moins encore peut-être ainsi que vous Valiez voir : de simples replis résultant pour les valvules ventriculo-artérielles, de radossement de l ndocardeventriculaire à l'endartère de l'aorte et de 1 artère pulmonaire, et, pour les valvules auriculo-ventriculaires, de f'a ossemen de "endocarde auriculaire à l'endocar de ven rieuse De sorte que sur la coupe d'une valvule auriculo-ventncu. îaaire'on distingue : 1» à la périphérie comme a la j^o^ et inférieure, la couche d'épithélium et des cellul s plati^ 2o deux couches de tissu fibro-élastique, appartenant 1 une a la