ENDOCARDITE AIGUË
face supérieure, l'autre à la face inférieure du repli ondocardique, la couche supérieure étant la plus épaisse; 3° au centre, une mince lame de tissu conjonctif. Une disposition à peu près semblable s'observe pour les valvules ventriculo-artérielles : seulement, le tissu fibro-élastique y est très épais, surtout à l'origine de la valvule. Quant aux vaisseaux, on n'en distingue guère qu'à la base des valvules auriculo-ventriculaires; les valvules ventriculo-artérielles en sont dépourvues. Ainsi, ces replis de l'endocarde sont, au point de vue du rapport avec les vaisseaux, moins bien partagés encore que l'endocarde des parois des oreillettes ou des ventricules, lequel est immédiatement accolé au myocarde et, par suite, aux vaisseaux de celui-ci. Eh bien ! nous verrons tout à l'heure que ce sont surtout les valvules qui sont frappées dans le cas d'endocardite, et, dans les valvules, que ce sont les parties les plus éloignées des vaisseaux qui sont de préférence atteintes. Enûn, je vous dirai bientôt quelles sont les faces des valvules habituellement malades, ou qui le sont au plus haut degré; actuellement, et par anticipation, j'énoncerai cette double loi, que les points des valvules frappés par l'endocardite sont ceux qui sont le plus fatigués et le plus éloignés des vaisseaux. Nous verrons dans un instant quels ils sont.
Voyons d'abord ce qu'est l'endocardite.
Elle peut être aiguë ou chronique. Vous avez pu voir de nombreux exemples de la première forme : rappelez-vous les n°M , 3 et 5 de la salle Saint-Paul, et le nM7 de la salle Saint- Charles, qui ont été affectés à la fois d'un rhumatisme articulaire aigu et d'une inflammation aiguë de l'endocarde. Cette forme aiguë, d'après Ranvier et Cornil, peut être caractérisée par un seul mot i elle est proliférante et non pas exsudative; l'endocardite exsudative n'existe pas et ne peut pas exister.
Alors que l'on considérait l'endocarde comme une membrane séreuse, et non point, ainsi qu'il l'est en réalité, comme un tissu épithélial, on a pu croire qu'il participait aux affections des membranes séreuses, et qu'un exsudât pouvait s'effectuer à sa surface exsudât qui pouvait être flbrineux ou purulent. Aussi ce mot d endocardite proliférante, adopté par Ranvier et Cornil pour
qualifier l'endocardite aiguB, est-il excellent ; il répond à une notion anatomique vraie, et par conséquent à une idée anatomopathologique également exacte.
Ces anatomistes ont vu que dans l'endocardite aiguë c'est la partie superficielle de l'endocarde qui entre en prolifération : il y a exagération du processus actif qui préside au renouvellement incessant de la surface épithéliale. Tout d'abord, la saillie, ou, hi vous aimez mieux, la plaque, qui est le résultat de cette prolifération, est rose et parfaitement transparente : puis elle devient opalescente, et, enfin, à une époque plus éloignée du début, elle semble tout à fait opaque. Cette plaque, qui ne présente aucun des caractères propres aux exsudats, est dépourvue de vaisseaux : sa coloration rose est due à lïmbibition. Ranvier et Cornil, à propos d'un cas d'endocardite puerpérale suraiguë, dont ils ont pu étudier les lésions anatomiques, disent expressément que l'endocarde était pâle non seulement au niveau de la prolifération, mais au voisinage même de cette prolifération. Le travail pathologique consiste dans la formation très abondante de petites cellules embryonnaires. Ces éléments sont très rapprochés les uns des autres; à un moment donné, ils peuvent devenir libres, et une ulcération superficielle se produit.
i luant à l'endocardite chronique, elle est le résultat d'un processus identique; mais le lieu d'origine de la prolifération n'est plus le même. Dans cette forme, tous les éléments qui composent les différentes couches ont une tendance à proliférer, et c'est la cou.-he profonde qui est le point de départ du travail pathologique. De plus, et c'est une différence capitale: les produits de la prolifération ne sont pas éliminés, comme dans la forme aiguë] ils meurent sur place et subissent la régression granulo- graisseuse etla dégénérescence alhéromateuse ou calcaire: ce qum est qu'une question d'âge pathologique.
Ainsi l'endocardite est proliférante, et non pas exsudative: elU est le résultat d'une production exagérée des éléments normaux du tissu, et non là conséquence d'un travail de sécrétion adventice ; le processus pathologique s'effectue dans l'épaisseur de ' l'endocarde etnon pas à sa surface, comme le démontre la p**m tance de Vépithèliam pavimenteux au-dessus de la plaque inflam-