‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 158 sur 287 · ENDOCARDITE AIGUË · texte numérisé non relu

ENDOCARDITE AIGUË

matoire. Si, maintenant) l'endocardite est aiguë, la prolifération frappe la couche superficielle et les produits de cette prolifération peuvent être éliminés. Si, au contraire, l'endocardite est chronique, le processus a son point de départ dans la couche profonde de l'endocarde, et les produits de la prolifération survivant h l'inflammation subiront sur place un travail de régression athéromateuse ou calcaire.

En résumé, dans l'endocardite aiguë, qui est proliférante et non exsudative, il y a production de plaques par gonflement de la partie la plus superficielle de la tunique interne ; ces plaques sont saillantes, quelquefois confluentes, rosées, transparentes, opalescentes, gélatiniibrmes, rarement ulcérées; elles résultent de la prolifération de cellules sphériques ou irrégulièrement sphériques et qui ne sont autres que les cellules embryonnaires.

Dans l'endocardite chronique, le siège de la prolifération est différent, c'est la partie profonde de la tunique interne; et toutes les cellules de nouvelle formation sont vouées à une transformalion graisseuse, cartilagineuse ou calcaire.

Les travaux contemporains ont démontré, ce qu'avait depuis longtemps enseigné Bouillaud, à savoir, l'excessive fréquence de l'endocardite. On l'observe à peu près constamment, sinon toujours, dans toutes les maladies générales, fièvres continues, éruptives, puerpérales, rhumatisme fébrile, qui est aussi une maladie générale, etc. Dans tous ces cas, l'endocardite est nécessairement aiguë, et dans la plupart des premiers la lésion disparaît avec la fièvre qui l'a engendrée. D'autres fois, la maladie de l'endocarde passe au type chronique : ce qui a lieu soit par l'intensité même du travail morbide qui frappe toute la profondeur de l'endocarde, soit surtout quand l'organisme est débile et le tissu de mauvaise qualité : l'endocardite devient alors le point de départ d'une lésion organique du cœur.

Maintenant, pourquoi l'endocarde est-il si souvent, pour ne pas dire toujours, frappé dans ces maladies générales? Pourquoi? Binon parce qu'il est un tissu épithélial, c'est-à-dire peu vivant "l Parce qu'il est alors soumis à des frottements plus fréquents et plus intenses en raison même du mouvement, fébrile? H faut concevoir que la maladie affaiblit momentanément la

résistance normale ou vitale de tous les tissus de l'organisme : qu'elle en réduit môme quelques-uns à l'incapacité fonctionnelle, et ce sont précisément les plus vivants, les plus richement doués, les plus activement fonctionnants dans l'état de santé ; ainsi, pouj bien fixer la pensée, la membrane muqueuse de l'estomac el sel glandules à pepsine sont si bien amoindries et troublées, que l'anorexie et la dyspepsie sont de règle dans tout état fébrile, et que l'indigestion résulte immédiatement de toute tentative inopportune d'alimentation. Mais il est bien évident que les tissu, épi, théliaux sont impressionnés comme les autres, amoindris peutêtre même davantage ; cependant leurs fonctions continuent p. ,u quelques-uns d'entre eux, parce qu'elles ne peuvent cesser sous Peine de mort; telle est la fonction circulatoire et celle par conséquent de l'endocarde. Or, c'est dans cet état de moindre résistance que ce tissu est plus souvent et plus fortement frappe par l'ondée sanguine, en raison de la suractivité fébrile de la

circulation. ..-.m-

Quant à cette altération de nutrition des tissus epithehaux par le fait d'une maladie fébrile intense, elle est démontrée à ciel ouvert par les ongles, qui présentent après la guérison ainsi que le faisait remarquer Beau, une dépression dont a profondeur et l'étendue correspondent à l'intensité et à la durée de la maladie c'est-à-dire que pendant celle-ci le tissu ungueal avait ete moins abondamment sécrété.

Ainsi, les troubles de nutrition de l'endocarde, par su te d une maladie générale fébrile, ne sont qu'un cas particul.er de 1 a te- " Z g nérale alors, des tissus épitbéliaux; et la lésion del'endocarde'se concoitaussi dans ce cas par la suractivité même des panses nhvsiques de son altération.

Ty a doue deux raisons pour une d'endocardite dans les ma-

ladies générales fébriles.

, njreste maintenant avons dire quelles son les par - d ,-endocarde le plus souvent atteintes, A ce sujet tous s ut sont d'accord pour affirmer que ce rV^^^T! qnoi les valvules? C'est ici qu'intervient utilement la notion

U cTque0 je vous ai dit de la bassesse biérarcbiquc des tissus que

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