‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 162 sur 287 · FRACTURE DE COTE · texte numérisé non relu

FRACTURE DE COTE

Être mis en question : d'abord la malade avait du tremblement des mains qu'elle attribuait à l'émotion et que je rapportais, moi, à l'alcoolisme, autorisé que j'étais par le tremblement simultané et accusateur des lèvres et de la langue. De plus, les vaisseaux de la conjonctive étaient fort injectés et l'œil avait cet aspect brillant et presque larmoyant que donnent les habitudes bachiques. D'un autre côté, son squelette portait les traces de très nombreuses fractures; chacun de ses radius, entre autres os, avait été brisé à son extrémité inférieure, ainsi que le démontrait la déformation consécutive et caractéristique des poignets. Une femme n'a pas le droit d'avoir autant de fractures que cela; de telles lésions prouvaient des chutes violentes, et ces chutes, une infraction aux lois de l'équilibre non moins qu'à celles de la sobriété.

Ce qu'il y avait de plus évident, dans l'état actuel, c'était la douleur. Je résolus de la combattre, en attendant que je pusse poser un diagnostic définitif. En conséquence, je prescrivis l'an- < phcation immédiate, à la base droite de la poitrine, de six ventouses scarifiées qui soulagèrent considérablement la malade

A la visite du lendemain, je résolus d'être complètement édifié sur ce cas, et recommençai mon interrogatoire à nouveau. Il étai certain que cette femme était tombée sur le dos, dans son escalier, et n'avait pas ressenti d'abord grande douleur de sa chute ; ce qui peut s'expliquer par l'anesthésie de l'ivresse Mais e soir le point de côté devint tel, que la malade, en proie à 1 angoisse respiratoire, fut admise d'urgence à l'hôpital; et son cas semblait tellement médical, qu'elle fut placée dans un service ae médecine et non de chirurgie.

Examinant plus à loisir, je fis mettre à nu la poitrine - qui était démesurément grasse - et précisant de plus en plus le siège de la douleur qui n'avait plus la môme diffusion que la veil e, je promenai successivement le pouce sur les côtes de haut en bas; mais, arrivé sur la quatrième côte, ma pression rracha un cri de souffrance. Alors, appliquant mes deux mains

Z Je !tr i raUtre Z aVanl ^ ^ POilrhle' je fis ^usser 1 palac e, et je perçus une légère crépitation dans le voisinage de

m LES POINTS DE COTÉ.

ecchymose, toujours au niveau de la quatrième côte; de sorte qu'il y avait probablement sinon une fracture de cette côte à sa partie antérieure, au moins un décollement ou une rupture du , tilage costal, car la crépitation n'était pas sèche, elle ne se percevait pas -dans tous les mouvements, môme exagérés de la poitrine, et la douleur était le plus aiguë au niveau du cartilage.

Ainsi ce n'était pas le foie qui souffrait, la douleur siégeait trop haut dans la poitrine. 11 ne s'agissait pas non plus d'une névralgie intercostale: les points d'élection des foyers de douleur antérieur et postérieur faisaient défaut, et d'ailleurs la douleur n'existait pas au niveau des parties molles dans l'espace intercostal mais elle se faisait sentir sur un arc osseux correspondant. En résumé, voilà donc un point de côté symptomatique d'une fracture de côte, ou mieux d'un cartilage costal.

Un bandage de corps solidement fixé a suffi au traitement ; la douleur étant déjà notablement amoindrie par les ventouses de la veille.

Mais ce n'est pas que cette femme n'eût pu avoir une névralgie intercostale consécutive à une colique hépatique, la chose est si peu impossible - et pour mieux dire si fréquente - que vous en voyez actuellement un exemple chez la malade couchée au n° 38 de la môme salle. Ici la colique hépatique n'est pas plus douteuse que sa cause : il y a quinze jours que la malade est entrée en proie à une vive douleur d'un certain point de V hypochondre droit situé un peu au-dessous de la dernière fausse côte, sur une ligne i verticale intermédiaire à l'aisselle et au mamelon, c'est-à-dire sur un point correspondant exactement à la vésicule du fiel et au canal cholédoque ; douleur exaspérée par les mouvements respiratoires et surtout par la toux. A ce véritable point de cote prieur, survenu tout à coup, s'étaient ajoutés successivement des vomissements, puis de l'ictère, et enfin, pour qu il n y eu ^ de doute quant à la réalité non plus qu'à la cause matérielle de

tte colique hépatique, les matières fécales furent tamis , des calculs biliaires y ont été recueillis, au nombre de p us quarante. Eh bien, chez cette malad, nulepen amn d douleur d'élection au niveau de la vésicule du fiel, .1 existe

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