LÉSIONS DE L'ANGINE DE POITRINE
les attaques douloureuses étaient la conséquence. Nous Talions voir tout à l'heure.
Dans ce cas, messieurs, les douleurs étaient excessives et se manifestaient sous forme paroxystique la nuit, de telle sorte qu'il était difficile de ne pas y prendre garde; cependant, la nature n'en est pas encore si bien connue, que des médecins, je dis des médecins instruits, ne s'y méprennent, ainsi qu'il était arrivé dans ce cas. « C'est de l'asthme, » avait-on dit pour cette femme. « C'est 'du rhumatisme, du rhumatisme vague, » dit-on souvent avec tout autant de bonheur pour des souffrances analogues, mais de moindre intensité. Cependant il n'y a de « vague » en pareil cas que le diagnostic du médecin. Que de fois, en effet, entendrez-vous des vieillards se plaindre de leur « rhumatisme de la poitrine », lequel n'est autre que la douleur symptomatique d'une lésion de l'aorte ! Ce sont des erreurs que je veux vous éviter, et voilà pourquoi j'insiste avec une telle opiniâtreté sur les moindres particularités de ces souffrances.
Tenez, l'autre jour, l'un de ceux qui suivent ici mes leçons m'accompagna de l'hôpital de la Charité à l'hospice de La Rochefoucauld, et là, à la consultation, il put voir avec moi une vieille femme qui venait me demander quelque soulagement pour ses « rhumatismes, qui la tenaient dans le dos, entre les épaules et dans le bas de la poitrine » .
Je fis alors constater au médecin qui m'accompagnait qu'il y avait douleur à la pression au niveau de toutes les insertions diaphragmatiques, ainsi que sur le trajet du nerf phrénique gauche à la région cervicale. La malade disait, en outre, que la compression en ce dernier point « lui répondait au bas de la poitrine et lui coupait la respiration » .
H y avait également douleur à la pression du bord gauche du sternum, au niveau delà deuxième côte. J'auscultai alors et je ta entendre à ce médecin, auniveau de l'orifice aortique, un bruit
llTv fUde' f C' aU Premier tempS' 86 P^^Seant dans aorte. Il y avait donc une lésion de l'aorte avec altération des valvules sigmoïdes produisant un rétrécissement de l'orificeesion que le prétendu « rhumatisme , m'avait fait recherche; et découvrir. Ce n'est que sur ma demande que la malade me peter.— Clin. méd. 3» édit. 29
dit enfin avoir des palpitations fréquentes et assez pénibles.
Méfiez-vous donc des « rhumatismes de la poitrine » chez les J vieillards, ils ne sont, le plus souvent, que des douleurs rétrostemale et diaphragmaliques, symptomatiques des souffrances du plexus cardiaque et des nerfs phréniques, symptomatiques elles-mêmes de lésions de l'aorte et de la base du cœur. C est la un fait d'observation des plus fréquents.
Pour en revenir à notre malade du n° 3, je vous signalerai, à son sujet, un point de physiologie pathologique intéressant. Plusieurs d'entre vous, à mon exemple et immédiatement après moi, ont répété la compression des points douloureux il est résulté de cette provocation à la douleur une excitation telle de la région malade, qu'une violente attaque d angine de poitrine en a été la conséquence. Au lieu que l'excitatioj partît de l'aorte malade pour offenser les filets sympathiques et pneumogastriques du plexus cardiaque ainsi que les nerfs phréj niques (par un mécanisme que nous allons examiner tout à 2ure) cette excitation avait été produite par la Pres*on dj votre doigt sur les filets terminaux des phréniques ou au void na du plexus cardiaque, et le fait avait suffi pour aviver, dans certains nerfs malades, la douleur, engourdie seulement, "que le point de départ de l'explosion douloureuse fut di férent au fond le mécanisme était le même. Prenez donc garde, fqC; nd vous cherchez les points douloureux de trine dene le faire ni trop brutalement, ni avec trop d msi ta ne .
Mais je vous parle de maladie de ces nerfs cardiaques et phrf niques sans vous en donner la démonstration. Cette demonstra-
'tllude duno 3 asuccombé le-7 septembre a l'intensité croi* - ™sinaSe,l'inl1ammationdes„erfSouquesUon(1). ■
(1) Voit l'EniorKrIle, XVf leçon, p- 31» ='