ÀORTITE ET LÉSIONS DE VOISINAGE
morbide de l'endartôre à la totalité des parois de l'aorte. Mais la transmission de l'inflammation de l'aorte au péricarde aortique n'avait pu s'effectuer sans intéresser sur son passage les nerfs du plexus cardiaque (pic), de sorte que ceux-ci avaient dû être embrasés dans ce foyer de phlegmasie. Eh bien, c'est ce qui était, ainsi que vous l'allez voir.
Des filets nerveux de ce plexus, préparés avec le plus grand soin par M. Ghoyau, vous offrent au microscope l'aspect suivant (fig. 31) : les tubes nerveux sont comme enfouis dans une
Fig. 31. — Névrite cardiaque.
Tubes nerveux situés au milieu d'une gangue de tissu de prolifération.
gangue des plus épaisses de tissu conjonctif. Dans le feutrage serré de celui-ci se voient une quantité considérable de noyaux de prolifération. Ce tissu conjonctif exubérant, qui avait écarté les tubes nerveux les uns des autres, les a étranglés de place en place, de façon qu'en certains points la gaine du nerf est vide de tissu nerveux. Enfin, celui-ci est considérablement altéré, et la myéline y est transformée presque partout en une masse granuleuse amorphe.
Ainsi, dégénérescence des nerfs cardiaques au contact de l'aorte malade. Voici maintenant ce qu'étaient devenus les nerfs phréniques au contact du péricarde enflammé (flg. 32, n'jS 1 et 2) : La portion du plirénique droit, que nous avons vue cô Loyer les fausses membranes qui reliaient l'aorte au péricarde pariétal, préparée avec le môme soin par M. Choyau, nous présente absolument le même aspect que les nerfs cardiaques, c'est-à-dire (fig. 32) une énorme prolifération dunévrilème, un étranglement des tubes nerveux, et une altération granuleuse de ceux-ci.
Fig. 32. — Névrite plirénique.
Mo i Nerf phrénique préparé par dilacéralion. - N° 2. Même nerf préparé pav dilacéralion ei ÏÏué par le carmin et l'acide acétique, de manière à ne laisser pers.ster que les nova,, de prolifération.
J'espère que vous saisissez maintenant sans effort l'ensemble de ce travail morbide complexe dont la lésion de l'aorte a été l'on aine et que vous comprenez facilement la patho génie des souffrances accusées pendant la vie. L'inflammation s'est transmise d'abord de l'endartère à la totalité des parois de l'aorte ; pms de ce vaisseau au plexus cardiaque - d'où la névrite cardiaque et les douleurs rétro-sternales ; - mais le travail inflammatoire ne s'est pas arrêté là, il a envahi le péricarde aortique, puis le pariétal - d'où la névrite du phrénique, et les douleurs à la base d la poitrine, ainsi que l'ensemble de souffrances que nous savons appartenir à la névralgie de ce nerf:
Tel est, messieurs, dans son ensemble, le mécanisme des pi, -