AORTITE ET LÉSIONS DE VOISINAGE. 4B
nomènes anatomiquos; et les troubles fonctioryiels s'en déduisant avec une merveilleuse i'acilité :
1° Névrite du plexus cardiaque, douleur rétro-stornale avec constriction du milieu de la poitrine comme par un étau ;
A. Névrite des filets sympathiques du plexus, palpitations au moment des accès (chez d'autres malades il n'y a pas de palpitations, les battements du cœur restent réguliers ou même se ralentissent ; dans le premier.cas, il faut supposer que l'excitation morbide des fdets sympathiques a neutralisé l'excitation des filets pneumogastriques qui tend à ralentir le cœur; dans le second cas, au contraire, c'est l'excitation des fdets pneumogastriques qui l'emporte [I]); même névrite, sensation lipothymique d'une mort prochaine (sensation qui ne manque jamais et qui est, pour cette ■raison, si caractéristique) ; pâleur, état exsangue et refroidissement des extrémi tés, comme il arrive dans toute irritation morbide intense du grand sympathique (et qu'on voit réalisée à un si haut degré par l'irritation du sympathique abdominal dans la péritonite, l'étranglement intestinal, etc.) ;
B. Névrite des filets pneumogastriques du plexus, ralentissement possible du pouls ; dyspnée habituelle avec exacerbation comme dans l'asthme (aggravée d'ailleurs par la névrite du phrénique); sensation de strangulation et autres phénomènes laryngés;
2° Névrite diaphragmatique , douleurs à la base de la poitrine, au cou, à l'épaule, et dyspnée douloureuse dans les grands mouvements du diaphragme.
Quant aux exacerbations paroxystiques et nocturnes de tous ces phénomènes, elles ne sont ni plus ni moins explicables que celles qu'on observe dans les lésions du système nerveux.
Voici maintenant l'histoire pathologique d'une femme autrefois couchée au n° 17 de la même salle : et vous allez voir combien ce cas est analogue au précédent, par les symptômes comme par les lésions.
Lorsque je m'approchai du lit de la malade et qu'on me demanda le diagnostic, je répondis sénilité, et vous jugerez si je me trompais ; seulement cette femme était plus sénile par certains
(t) Voir, Endartérile, XVI" leçon, l'observation rapportée p. 33/,.
points de son organisme que par d'autres, et c'est ce qui mettait son existence en péril.
Elle n'avait que soixante-six ans d'après son acte de naissance, mais son aspect lui en donnait bien soixante-quinze ; or, physiologiquement, on a toujours l'âge que l'on paraît avoir. La face, pâle et terreuse, était sillonnée de rides ; le nez et les oreilles étaient froids ; la peau de tout le corps était amincie et ridée. Les épaules étaient décharnées et la poitrine sans mamelles.- Il n'y avait plus de cartilages costaux, en ce sens qu'ils étaient ossifiés, et qu'ainsi c'était un arc osseux continu qui s'étendait de la colonne vertébrale au sternum ; la poitrine en était devenue rigide comme une poitrine de marbre, qui se mouvait tout d'une pièce; aussi la malheureuse respirait- elle aussi mal par son thorax que par son diaphragme, lequel était endolori, comme vous l'allez reconnaître tout à l'heure.
Voyant cette femme si vieille, mon premier soin fut de tâter son pouls; l'artère radiale droite était rigide et très flexueuse, les pulsations en étaient très faibles, bien que perceptibles; mais voici que M. Choyau, placé à gauche de la malade, me dit qu'il ne sentait pas de pouls. Ce qui était vrai. Ainsi, pouls petit et dur
Fia. 33. — Pouls radial droit, plateau atliéromateux.
Fie. 34. - Pouls radial gaucho : compression de l'artère sous-clavio,c.
à droite, pouls nul à gauche; c'était là un premier point dune haute importance diagnostique, une première raison de soupçonner un anévrysme de l'aorte.
Les tracés sphygmographiques (flg. 33 et 34), d'accord avec