GRAVITÉ DE L'ANGINE PAR LÉSIONS MULTIPLES
sont de la plus haute importance, je veux dire le phrénique. Que le bras se meuve difficilement, la chose est de médiocre importance, on est un manchot momentané, et tout esL dit; mais que le diaphragme se meuve difficilement ou incomplètement, cela est plus important : on n'est pas aussi impunément manchot de son diaphragme. Les auteurs se sont peut-être trop peu préoccupés du rôle pathologique du phrénique dans l'ensemble complexe de l'angine de poitrine.
La gravité, l'excessive gravité de l'angine de poitrine se comprend désormais : elle ne tient pas, tant s'en faut — et rien n'est plus étroit ni moins vrai qu'une pareille théorie — elle ne tient pas à une irritation pure et simple du pneumogastrique ; elle ne tient pas davantage à une irritation du plexus cardiaque tout entier - filets sympathiques et vagues — ce qui est déjà plus rationnel et plus près de la vérité; elle tient, cette gravité, à ce qu û y a lésion de ce plexus, et que, par conséquent, l'innervation qu'il envoie au cœur est une innervation fondamentalement et définitivement de mauvaise qualité. Et dans quelles conditions matérielles le cœur reçoit-il cette innervation mauvaise? C'est alors qu'il est lésé lui-même, que son tissu musculaire est en voie de dégénérescence granuleuse; qu'il est hypertrophié, c'està-dire augmenté de volume parce qu'*/ lutte contre une lésion aortique, et fatigué, épuisé presque, pour les mêmes raisons (I) Ainsi cœur malade dans ses muscles et cœur malade dans ses nerfs ; cœur malade dans son tissu contractile et cœur malade dans ce qui le fait se contracter; gravité double par double lésion • tel est au vrai l'état du cœur et de sa capacité, ou plutôt de son incapacité fonctionnelle.
C'est dans eet état du cœur que celui-ci reçoit le contrecoup de la contracture vasculaire qui résulte de tout grave retendent d'une lésion d'un plexus sur le système entier du ympathique, contracture vasculaire qui vient augmenter le travail du cœur au moment où cet organe est voisin de l'épuisement Llonnez-vous donc après cela qu'il puisse y avoir, en oareil cas, mort subite ou rapide 1 et croyez donc que cette mort soit
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due à une syncope par excitation, pure et simple du nerf pneumogastrique (1) !
En fait, s'il est quelque chose qui ne soit plus à démontrer, c'est l'autonomie du cœur. Il bat rnolu proprio, aux premiers temps de la vie embryonnaire, avant toute espèce de rudiment de moelle et par conséquent avant toute espèce de connexion nerveuse avec des choses qui n'existent pas encore : la moelle allongée et le sympathique. Il bat parce qu'il doit battre; c'est \e punclum sû> liens, le type de l'indépendance et de l'autonomie vitales.
Organe plus parfait et définitif en sa texture, il continue de battre, ultimum moriens, alors qu'il est arraché de la poitrine d'un animal; et ces mouvements autonomes, il les doit à un système ganglionnaire propre et intrinsèque, expression matérielle et savante de la vu impulsiva, en action déjà dans la vie intra-utérine.
Et c'est un organe aussi indépendant par sa vitalité propre, aussi/ j complexe par son indication musculaire et par son mode d'innervation ; un organe dont on connaît encore si incomplètement la physiologie, qu'on voudrait ainsi subordonner au seul nerf
m C'esl parce qu'il a omis l'action probable et nécessaire des filets sympa* th nues dans toute action morbide exercée sur le plexus cardiaque ; parce qu il a "Urnent omis l'état du cœur et celui de l'aorte, ainsi que la lêsum des ^nerd cardiaques signalée dès 186* par Lancereaux; parce qu'il a omis enfin 1 id.oj
ncrX u malade, que M. Jaccoud a été conduit à dire : « Sx la p^gm nous enseigne qu'il est un tronc nerveux dont l'excitation peut rendre compte de rous phénomènes symptomutiques de l'angine de poitrine, si la physicj tl no apprend en même temps que ce nerf est le sbul qui un capabU J nrodu L ces désordres fonctionnels, il est de toute évidence que 1 ne «Uodl n'a Is de raison d'être et que l'hésitation n'est plu, possible. La soluUon e|
M 2 claire et rigoureuse! El, bien ! toutes ces conditions sont réalisées la D1 s olo non désigne les nerfs pneumogastriques comme le siège ,pk*J ! déterminations hangar peotori, » (A^ne de poitrine, dans D,c, de «à
d r U^nWun. très lointaine analogie entre fexpéj
(Journal de l'anatomie et de la physiologie de Robm, août 1872.)
GRAVITÉ DE Ij' ANGINE PAU LÉSIONS MULTIPLES. A8b
pneumogastrique! Et c'est une expérience faite sur un animal, dont le cœur est sain, que l'on voudrait appliquer à un homme dont le cœur est malade !
De telle sorte que, en présence d'un cœur et de gros vaisseaux tellement malades et de telle façon, que les lésions multiples et multiformes n'y frappent pas seulement la membrane interne de revêtement, les orifices et les valvules, mais encore dans l'artère le tissu élastique, et dans le cœur le tissu contractile ; en présence, dis je, de ce désordre anatomique, bien suffisant pour expliquer la faiblesse de l'organe et ses troubles fonctionnels, multiples et douloureux, il n'y aurait dans l'ensemble complexe et redoutable de l'angine de poitrine que le plexus cardiaque en action, et dans ce plexus que le pneumogastrique !
La mort a donc lieu dans l'angine de poitrine par lésion du plexus cardiaque et par lésion du cœur, consécutives toutes deux .à une lésion de l'aorte.
Voilà comment s'expliquent la fréquence et la gravité des .cas d'angine de poitrine chez les vieillards (lésion de l'aorte par sénilité naturelle [I]), chez les goutteux (lésion de l'aorte par diathèse [2]), chez les ivrognes (lésion de l'aorte par sénilité anticipée [3]), chez les hommes plutôt que chez les femmes (ceux-là étant plus buveurs et plus goutteux que celles ci), chez les peuples du Nord : Anglais, Allemands, Polonais, plutôtque chez ceux du Midi (pour les mêmes raisons). Ainsi s'expliquent également les cas de mort avec ossification des artères coronaires, celle-ci n'étant qu'un cas particulier d'une lésion semblable de l'aorte c'est-à-dire qu'il y avait alors à fortiori aortile (4) et névrite cardiaque concomitante, l'aortite ayant été constatée ou méconnue. Je vous ai souvent fait voir comment la lésion de l'aorte est alors négligée; c'est que, pour examiner le cœur, on coupe ordinairement l'aorte à sa base, au point par conséquent où elle est rectihgne et n'offre guère d'altération ; que, ne trouvant pas de lésion dans ce tronçon d'aorte laissé adhérent au cœur, et en
(1) Voir VEndarlérile, leçon XV, p 285.
(2) Ibid., p. 285.
(3) Ibid., p. 285.
Ibid., p. 285.
trouvant dans les artères coronaires, 'on n'a pas l'idée d'aller plus avant et d'examiner l'aorte elle-même. C'est tout simplement une observation insuffisante, et la conclusion qu'on en a déduite de l'influence pathogénique de l'ossification des artères coronaires était hâtive non moins qu'erronée.
Je suis persuadé pour mon compte que tous les faits d'autopsies dites négatives, au cas de mort par suite d'une attaque d'angine de poitrine, sont de cette nature. Il y a eu recherche insuffisante : ou l'on n'a pas convenablement examiné l'aorte ; ou môme on ne l'a nullement explorée ; ou, dans aucun de ces cas, on n'a examiné le plexus cardiaque soit à l'œil nu, soit surtout au microscope.
Je parle des cas où la mort a été le fait de l'angine, attendu que cette affection peut être due à une simple névrose, et que 1 individu qui a été atteint de cette forme de l'angine étant mort d'une façon quelconque, mais indépendante de son affection nerveuse on peut fort bien, à son autopsie, n'avoir trouvé aucune lésion àortique. Et je dis que tout est à revoir dans les observations d'autopsies négatives, au cas de mort par le fait de l'attaque d'angine de poitrine ; attendu qu'on n'a nullement alors examine le plexus cardiaque, que nous avons trouvé lésé, Lancereaux et moi.
Quant à la gravité excessive des cas d'angine de poitrine aiouë par péricardite - ou, plus exactement, de névrite aiguë des nerfs cardiaques et diaphragmatiques au contact du péricarde enflammé -ai-je besoin de vous dire quelle tient aux troubles brusques et intenses de l'innervation du cœur et du diaphragme d'une part; au retentissement sur le sympathique tout entier de la lésion de sa portion cardiaque d'autre part ; et qu'il y a de plus ,ène fonctionnelle directe du cœur, résultant pour les couches superficielles du myocarde du contact de celles-ci avec le péricarde enflammé; et peut-être encore lésion par pénnévrite des ganglions automoteurs intra-cardiaques situés dans 1 épaisseur de l'oreillette droite? Or, ne comprenez-vous pas ce qu i! peut resulter de péril, pour l'organe et l'organisme, d'une telle association de lésions et de troubles fonctionnels?
Le point de départ de l'attaque d'angine de poitrine peu , e cardiaque, pulmonaire ou gastrique; c'est-à-dire que attaque peut avoir pour origine Incitation tune portton termnak