TRAITEMENT DE LA NÉVRITE CARDIAQUE
la névralgie diaphragmatique par rapport à la névralgie cardiaque : elles ont l'une et l'autre une existence parfaitement indépendante.
Ce ne sont pas là, messieurs, de pures subtilités nosologiques : le point de pratique est de La plus haute, importance ; la névrite cardiaque tue, la névralgie cardiaque ne fait ordinairement que des menaces de mort non suivies d'effet ; la névrite cardiaque tue, non pas tant parce qu'il y a lésion des nerfs cardiaques, que parce qu'il y a simultanément lésion du cœur, et que cet organe est mis ainsi hors d'état de résister indéfiniment aux troubles de son innervation; la névralgie cardiaque ne tue pas, pour des raisons précisément inverses; si troublé nerveusement que soit le cœur, il peut résister par la validité de sa fibre musculaire et survivre à l'orage : ce sont ces cas-là qui guérissent (bien qu'il ne faille pas toujours s'y fier!); la névrite cardiaque chronique ne guérit pas.
Comme la névrite cardiaque chronique est la conséquence de l'aortite, et que vous n'avez d'autre moyen clinique de reconnaître la première qu'en découvrant la seconde (ce qui après tout est chose assez facile), cherchez donc, avec la plus scrupuleuse attention, la lésion de l'aorte, chez un individu qui vous présentera l'ensemble symptomalique de ce qu'on a appelé X angine de poitrine; cherchez-la par tous les moyens possibles; cherchez-la par l'auscultation et la percussion; tenez compte des moindres bruits insolites, des plus faibles modifications de timbre, comme aussi de l'intensité plus forte de Timpulsion; mesurez avec minutie le diamètre des vaisseaux; et, si les bruits sont secs, à plus forte raison s'ils sont soufflants ; si l'impulsion est considérable, à plus forte raison s'il y a des battements aortiques ; si le diamètre dépasse seulement de 1 centimètre le diamètre normal (1), concluez hardiment qu'il y a névrite, puisqu'il y a aortite ; qu'ainsi, ce n'est pas d'une simple névrose qu'il s'agit; que le cas est mortel, et que la mort surviendra dans un avenir plus ou moins rapproché, d'une façon qui pourrait bien être subite.
Je dis plus : c'est qu'au cas où vous ne trouverez aucun signe évident d'aortite, si les douleurs propres aux nerfs phréniques
(I) Voir, plus haut, pour ces mesures normales, VEndartMh XV» leçon p. 320. '
peter. — Clin. métl. 3° édit. , ^
/lfl8 LEB, POINTS DE COTÉ.
sont associées à celles des nerfs cardia. pies, vous pouvez encore conclure qu'il y a névrite et non point névralgie de ces nerfs; et que les conséquences sont celles que je viens de dire. Vous voyez d'ici la haute importance séméiotique de la douleur des phréni-
ques en pareil cas.
Au contraire, si l'investigation de l'aorte ne vous a donné que des résultats négatifs, si surtout il n'existe pas de douleur des phréniques, affirmez la névralgie et croyez à la guérison.
Les accidents qui viennent de faire le sujet de cette conférence, se manifestant d'une façon violente et qui peut Être rapidement périlleuse, il importe de les combattre avec une activité proportionnelle à leur intensité.
Au cas de névrite cardiaque chronique, les attaques de ce qu'on a appelé Y angine de poitrine symptomatique ne sont autre chose que des exacerba tions violentes de cette névrite. Vous en savez assez le péril, en raison du mauvais état du cœur, pour comprendre la nécessité d'y mettre rapidement un terme. Eh bien, ce sont encore les émissions sanguines qui sont alors des plus 'efficaces : n'hésitez pas clans ce cas, et malgré la pâleur, qui n'est pas alors celle de l'anémie, mais de la contracture des vaisseaux périphériques, de ce que j'appelle le tétanos vasculaire par retentissement sur le sympathique, n'hésitez pas à appliquer une demi-douzaine de ventouses scarifiées ou à faire mettre trois ou quatre sangsues, chez les hommes à la région sternale supérieure, au niveau 'du plexus cardiaque (chez les femmes, un peu plus bas). C'est ce que j'ai fait pour la malade du n° 9; c'est ce que je fais en ville; et j'ai vu cette médication réussir à calmer les douleurs névritiques contre lesquelles avaient échoué les moyens antispasmodiques les plus variés. Une dame sujette à ces exacerbations de la névrite cardiaque chronique, liée à 1 existence d'unelésioncardio-aortique(rétrécissementdel'orificedel'aorte),
s'est trouvée si bien d'une première application de six sangsues que je lui avais faite et dont on avait laissé couler les piqûres pendant une heure, à l'occasion d'une des plus violentes attaques que j'aie jamais vues, que, dans ses attaque, ultérieures, elle en réclamait de nouveau l'application et le M-