‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 197 sur 287 · EXPÉRIENCE DU FLACON · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DU FLACON

et absolue causée par la masse séreuse qui a glissé sur ces points. Et ces deux matités réunies seront limitées par une ligne courbe à sa partie supérieure (matité de la matière fibrineuse), ligne qui devient horizontale en se prolongeant vers les parties latérales et inférieures (matité de la sérosité). Et ce que j'ai dit de la sérosité restée adhérente aux parois de la poitrine est vrai, à fortiori, des fausses membranes exsudées sur place et adbésives de leur nature.

Une expérience des plus simples va rendre évident ce que je viens de vous dire.

Soient deux vases transparents, l'un contenant de l'eau et l'autre une matière visqueuse et colorée, telle que du goudron.

Via. 36.

Quelle que soit la position que j'imprime au vase qui contient l'eau, celle-ci, étant très fluide et non adbésive, se ramasse aux parties inférieures, et suivant une ligne de niveau parfaitement horizontale. Au contraire, si le liquide est visqueux comme dans le vase qui contient du goudron, voici ce qui arrive : le flacon (flg. 36) étant placé dans une position oblique analogue à celle d'un malade couché dans un lit, le liquide s'accumule naturellement aux parties inférieures, de façon que le plan qui le limite supérieurement est horizontal, et l'intersection de ce plan avec les parois du flacon est exactement une parabole ABC. Si main-

tenant je replace ce flacon dans la position verticale (fig. 37), la partie la plus fluide du goudron se précipite au bas du vase, et la limite supérieure de cette partie Iluide est la ligne de niveau circulaire A'B'; tandis que la portion visqueuse, restée adhérente aux parois, est précisément disposée suivant les contours de la

parabole primitive ABC. Vous voyez que cette parabole se raccorde avec la ligne de niveau suivant un angle obtus AA'B', ouvert en haut et en dehors.

Vous comprenez d'ailleurs que la percussion de toute la couche parabolique (fig. 37) ne donnera naissance qu'à une matité relative tandis que la matité sera absolue dans toute la couche horizontale. C'est ce que je vous ai fait constater sur les malades.

Eh bien, messieurs, le flacon qui contient l'eau, c'est la poitrine envahie par de la sérosité fluide; le flacon qui renferme le goudron, c'est la poitrine où l'épanchement est surtout abnneux.

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