THÉORIE DE LA TOUX PLEURÉTIQUE. SU
habituellement inefficaces alors (1), ou d'une opération dont l'urgence est parfois des plus pressantes, la paracentèse de la poitrine.
En résumé, la découverte de Damoiseau était restée jusque-là une simple curiosité de séméiotique assez stérile — ce médecin distingué n'y avait vu qu'un fait physique, et c'était demeuré un fait physique pour ses successeurs — parce que Damoiseau avait omis dans l'interprétation du phénomène les causes physiologiques de sa production, c'est-à-dire le mode d'exsudation et la nature de V exsudât. En introduisant cette donnée nouvelle dans les conditions du problème, je crois en avoir fourni une solution plus médicale, et avoir transformé le fait de séméiotique pure en un signe désormais utile non seulement au diagnostic, mais encore au pronostic ainsi qu'au traitement des épanchements pleurétiques.
Nous avons vu dans notre étude sur les Points de coté pourquoi le pleurétique souffrait et comment il souffrait; nous venons de voir dans cette leçon par quels signes physiques l'exsudat inflammatoire se révèle ; il me reste à vous dire pourquoi la pleurésie fait tousser et à vous montrer la haute valeur séméiotique de la toux dans la pleurésie.
Qu'un pleurétique tousse, et que sa toux soit sèche, voilà qui n'étonne guère, et qui cependant devrait étonner ; car, enfin, pourquoi tousse- t-il ? La plèvre n'a rien en soi qui doive provoquer un pareil accident. C'est en effet là un phénomène de voisinage, comme la douleur. Nous avons vu que le point de coté de la pleurésie était dû à la névrite intercostale concomitante ; voyons donc à quelle irritation nerveuse possible la toux pleurétique doit sa production.
Sans aborder ici l'étude complète de la toux et la démonstration de son importance clinique, laissez-moi vous dire aujourd hui dans quelles conditions habituelles on l'observe.
En principe, la toux est une expiration brusque et presque convulsive, ayant pour but l'expulsion d'un corps offensant
(I) Voir, plU8 loin, [eB Pleurétiques, leçons XXVIII, XXIX et XXX.
5jU LA PLEURÉSIE.
pour les voies respiratoires. Le point de départ de la toux est alors une irritation de la membrane muqueuse de revêtement de ces voies.
L'excitation, transmise au bulbe par le pneumogastrique, produit par acte réflexe la contraction des muscles expirateurs ; et le corps étranger (crachat ou tout autre) est lancé au loin : voilà
l'acte tutélaire.
Mais ce principe étant établi, que « l'irritation de la membrane respiratoire produit la toux » , il s'ensuit qu'une irritation quelconque de l'appareil respiratoire la produira, môme en l'absence de tout corps étranger. C'est là une toux sans but comme sans résultat ; une fatigue sans bénéfice ; la conséquence illogique, en apparence, d'un principe des plus logiques : la toux sèche, en un mot.
La toux, ai-je dit, résulte de l'irritation de la membrane mu-J queuse respiratoire, depuis le larynx jusqu'aux bronches : le la* rynx, étant le sphincter des voies aériennes, est doué d'une sensibilité spéciale exquise, de sorte que la toux n'est jamais plus intense que lorsque la muqueuse laryngée est irritée : le type de cette toux est celle qui se produit lorsqu'on « avale de travers » . Le nerf laryngé supérieur, branche du pneumogastrique, y préside. Pour la trachée-artère et les bronches, c'est la sensibilité du pneumogastrique qui se trouve mise en jeu. Ainsi il y a de la toux dans toutes les affections du larynx, de la trachée-artère et des bronches. De même il y a de la toux dans les affections du poumon, parce qu'elles ne peuvent exister sans irritation bronchique de voisinage ; et, dans tous les cas, du haut en bas des voies de l'air, nous trouvons le pneumogastrique comme nerf sensitif ; de sorte que nous sommes autorisés à rapporter à son excitation le point de départ de l'acte réflexe.
Procédant du connu à l'inconnu, de ce qui est fréquent a ce qui est rare, nous arrivons à la toux gastrique et à la toux vanneuse ; c'est-à-dire à cette toux qui a pour origine une excitatiofl de la muqueuse gastrique et intestinale. Or, là encore nous trouvons des filets du nerf vague, et nous sommes amenés a conclure] par analogie, que la toux a pour origine l'excitation des filets de
ce nerf. , Eh bien, l'irritation de la plèvre se transmet, partialement,