‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 200 sur 287 · THÉORIE DE LA TOUX PLEURÉTIQUE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LA TOUX PLEURÉTIQUE

aux nerfs intercostaux et phrénique, et, viscéralement, encore au pneumogastrique. L'irritation des nerfs intercostaux et phrénique fait souffrir, mais ne fait pas tousser (nous l'avons assez vu dans notre étude sur les Points de côté) ; c'est donc par excitation des filets terminaux du nerf vague que le pleurétique tousse ; et cette excitation a lieu par transmission de l'inflammation de la plèvre viscérale aux couches corticales adjacentes du poumon, et, par suite, aux ramuscules bronchiques contigus, lesquels sont animés par le nerf vague.

Telle est l'explication de la toux pleurétique. C'est là, comme en tous les autres points d'où part l'excitation qui fait la toux, une affaire de pneumogastrique ; que les expansions terminales de ce nerf soient irritées, et il en résul tera un acte réflexe d'expiration, acte réflexe essentiellement protecteur quand ce sont les expansions terminales de la surface interne des voies respiratoires qui sont excitées ; acte réflexe inutile, mais qui ne pouvait pas ne pas avoir lieu, quand ces mêmes expansions terminales sont excitées à la périphérie du poumon, ou à l'estomac, ou à l'intestin. Le merveilleux serait qu'il en fût autrement : la nature est toujours consonnante à elle-même {semper sibi consona), et ne dévie pas d'un principe, une fois celui-ci posé.

Tout cela n'est que curieux, mais voici où la chose devient pratiquement utile :je dis que « tout malade qui, changeant brusquement la position couchée pour la position assise, tousse aussitôt d'une façon quinteuse, a ou une pleurésie, ou une caverne, ou une vomique, ou une dilatation des bro?ic/ies ; » c'est-à-dire que, dans l'un ou l'autre de ces cas, il a déplacé une couche dé liquide qui s'en vient irriter des filets du nerf vague situés jusque-là en dehors du travail morbide.

En effet, l'expérience du flacon nous fait voir que l'exsudat pleural se déplace en glissant, et doit s'insinuer entre la voûte du diaphragme et la base du poumon ; de sorte qu'il y a nécessairement excitation des couches corticales en rapport avec cette nappe de liquide pleurétique, et comme une titillation des filets vagues «tués à la périphérie pulmonaire. Quand le malade était couché a tolérance s'était établie entre les filets nerveux adjacents et la couche de liquide morbide sécrété sur place et immobile peter. — Clin. méd. 3<> ('dit.

D'ailleurs, l'exsudal pseudo-membraneux qui revêt la roque ^ pleurale isole jusqu'à un certain point le poumon, et joue ua Pôle dans colle tolérance relative des lilels nerveux. Tandis que les autres portions saines de la plèvre pulmonaire s'offrent nues cl désarmées au contact irritant du liquide brusquementdéplaee; aussi les Blets périphériques du nerf vague s'en émeuvent-Us au voisinage et la toux se produit-elle.

C'est par un mécanisme absolument semblable que se mam, teste la toux, au cas de caverne pulmonaire ou de dilatation bronchique : dans ces deux conditions encore, le brusque déplacement du liquide accumulé dans la cavité intra-pulmonaire met ce liquide en rapport avec de nouveaux points de la membrane muqueuse des bronches, et, par suite, avec de nouveaux ûlelî vagues pour lesquels c'est un contact insolite ; d'où la toux.

Quand le malade était au repos, le liquide morbide, lentement sécrété s'était lentement accumulé dans la cavité sécrétante, dont la membranede revêtement, par cela précisément qu'elle sécrétait, avait perdusasensibilité physiologique etnepouvaitgucre s'émouvoir au contact de cela môme qu'elle sécrète. Ce n'est donc que lorsque la quantité de liquide morbide devient assez considérablepour arriver àtoucher des points demuqueusebronchique saine que la toux peut avoir lieu ; et c'est ce qui s'effectue ou à la longue et par réplétion de la caverne, quand le malade est couché, ou instantanément, quand le malade change brusquement de position, de façon à vider en partie sa caverne dans un tuvau bronchique adjacent.

S'il y a caverne ou dilatation bronchique, la quinte de toux a Bour effet le rejet successif d'un certain nombre de crachats ; inversement, s'il y a pleurésie, la quinte de toux n'est su.vie d'aucune expectoration, la toux est sèche ; d'où il suit que vous êtes en droit de diagnostiquer une pleurésie chez un ma ladept* tout à coup de quintes de toux sèche par le fait d un biusque changement de position.

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