VALEUR DIAGNOSTIQUE DE LA TOUX
décubitus entre le diaphragme et la base du poumon, de façon qu'elle viendra, dans la station assise, irriter des points de cette base qu'elle ne touchait pas le malade étant couché ; pour ces raisons, dis-je, vous pouvez affirmer que, certainemenl, l'exsudat pleurétique est de médiocre abondance, et que peut-être môme la pleurésie n'est que fibrineuse ; ce que la percussion et l'auscultation viennent bientôt confirmer.
Il m'est fréquemment arrivé de diagnostiquer une pleurésie par le seul fait de cette toux sèche, succédant immédiatement au brusque changement de position du malade ; voici des faits :
En juillet 187-2, à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. Tardieu, que je remplaçais, une jeune femme, atteinte de pelvi-péritonite subaiguë, se plaignit tout à coup d'avoir eu de la fièvre en même temps qu'une aggravation et une généralisation de ses douleurs péritonéales dans tout le côté droit du ventre. Le lendemain elle accusait des souffrances dans la région diaphragmatique correspondante, aux points d'élection que je vous ai indiqués (base de la poitrine et épaule). Gomme je pensais bien que la phlogose s'était étendue jusqu'au péritoine diaphragmatique, puis avait envahi la plèvre adjacente, et que je savais que, s'il en était ainsi, la malade serait prise de quinte de toux dès que je la ferais mettre dans la position verticale, je la priai de s'asseoir, et aussitôt la toux se produisit. Mon diagnostic était fait : il y avait pleurésie diaphragmatique et l'exsudat était médiocrement abondant. J'annonçai aux élèves que lorsque la toux aurait cessé, je la ferais renaître par la percussion ; ce qui eut lieu.
Vous comprenez bien que la percussion, dans ce cas, a pour efTet de déplacer les portions les plus visqueuses de l'exsudat que le changement de position de la malade n'avait pas immédiatement délogées. Le déplacement de celles-ci une fois opéré la percussion peut désormais s'effectuer sans renouvellement de la toux. J'annonçai encore aux élèves que si, comme il y avait des motifs pour le penser en raison de la fièvre, l'épanchement augmentait, la toux ne se produirait plus. Or c'est ce qui eut lieu le surlendemain : la malade pouvait s'asseoir, et on pouvait la percuter sans que la toux se manifestât. En même temps, nous constations l'élévation de la ligne para-
bolique do matité, puis l'établissement d'une zone inférieure de ^ matité absolue, correspondant à une nappe liquide ; etl'élévation de cette zone mate le cinquième jour de la pleurésie. D'ailleurs, la dyspnée et l'angoisse s'étaient simultanément accrues au point que la ponction devint nécessaire, et fut pratiquée ce même jour. 1 900 grammes de sérosité citrinc et Qbi-ineuse furent extraits avec l'appareil aspirateur de M. Castiaux et par ce jeune médecin avec l'assistance de l'interne, M. Bougon.
Cette opération, qui mit fin aux accidents, prouva du même coup l'exactitude du diagnostic et de la théorie, à savon' : qu il y avait du liquide, et que la toux cesse quand celui-ci est assez abondant pour baigner la totalité du diaphragme.
Tout récemment encore, le fait des quintes de toux sèche provoquées par redressement du tronc, comme signe delà pleurésie, m'a permis de prédiagnostiquer cette affection et de 1 annoncer aux élèves avant toute investigation directe, laquelle, séance tenante vint confirmer mes assertions.
Je prenais possession d'un nouveau service, et l'interne, très instruit, m'en présentait les malades. L'un d'eux était attem de péritonite chronique ; il s'agissait de savoir si, comme cela etauprobable, elle était d'origine tuberculeuse. Pour résoudre ce problème, il convenait d'examiner la poitrine. 11 n'y avait que de la subma'tité avec légère douleur à la percussion des sommet ; . en avant- quelques craquements douteux à l'auscultation. C était "eu Ve fis asseoir le malade pour examiner la partie postérieure Te la poitrine. Aussitôt il fut pris d'une petite toux sèche, qu augmentait d'intensité à mesure même que le malade toussait e "ar te fait précisément des secousses que la toux imprima à o thorax. Puis, quand la toux avait cessé, je la immédiatement en frappant légèrement son dos du p at de ma X Un -chat, un seul, fut rejeté. Je dis alors aux élevés que "rachat n'était pas la cause de la toux et qu U deva, en avoir une cause périphérique, c'est-à-dire pleurale ; c est-à- J Vautres termes, qu'il y avait une pleurésie, que nous allions
"malade nous dit que, depuis trois jours, il Mi* vemenf de la base droite du thorax. Les insertions duphragm