‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 205 sur 287 · BRUIT RESPIRATOIRE DE PROPAGATION · texte numérisé non relu

BRUIT RESPIRATOIRE DE PROPAGATION

points. Mais, s'il y a murmure vésiculaire, c'est donc que le poumon n'a pas disparu, c'est donc qu'il n'y a pas d'épanchement et que la ponction est contre-indiquée.

Eh bien, en pareil cas, le bruit respiratoire est incontestable, mais la conclusion déduite erronée : c'est d'un bruit de propagation qu'il s'agit.

La démonstration du fait est facile à donner et fut, en effet, fournie séance tenante. Par suite môme de la suppression de tout un poumon par l'épanchement, le seul poumon qui soit désormais perméable reçoit la totalité de la colonne d'air trachéale et respire avec une ampleur et une force inusitées : c'est la respiration puérile, exagérée, laquelle, en raison de son exagération même, se transmet au côté opposé dè la poitrine, à celui qui ne respire pas, et s'y transmet aux parties adjacentes, c'est-à-dire à la portion du thorax la plus voisine de la ligne médiane, à la gouttière costo-vertébrale. Pour résoudre la question, auscultez alors successivement par tranches horizontales, du côté sain au côté malade, et alors voici ce que vous entendrez : du côté sain un murmure respiratoire intense presque soufflant; du côté malade ou suspect, encore le murmure respiratoire, mais beaucoup moins intense déjà; — puis, faisant toujours cheminer votre oreille suivant une ligne horizontale, en vous éloignant toujours ainsi davantage de la colonne vertébrale, vous arriverez bientôt à un point où le murmure respiratoire disparaît absolument; dans la région axillaire le silence est complet.

Ce sont là des minuties d'auscultation; mais vous voyez, par l'incident, qu'elles ne sont pas sans importance, minima magni momenti.

Dans de prochaines conférences, je vous parlerai des Pleurétiques et de ce qu'il faut leur faire.

LES PLEURÉTIQUES

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