PLEURÉSIE AIGUË ET MÉDICATION SANGUINAIRE
Les jours suivants, rétablissement parfait. En tout, trois saignées, quinze sangsues et une purgation. « La maladie, ajoute Andral, fut jugée avant le sixième jour. Le traitement antiphlogistique énergique qui fut employé exerça, sans doute, une puissante influence sur cette prompte et heureuse terminaison. Quel que soit le peu d'intensité des pleurésies, nous pensons qu'elles doivent être attaquées dès le début par (/ abondantes émissions sanguines. Si, en effet, n'ayant égard qu'à la bénignité des symptômes actuels, on leur oppose un traitement peu actif, trop souvent on a lieu de s'en repentir, soit parce qu'un (ipanchemenl survient, soit parce que la phlegmasie de la plèvre négligée se propage au parenchyme pulmonaire. »
(Je ne sais rien de plus judicieux ni de plus vrai que ces paroles; c'est, au fond, la tradition commentée par un sage; j'y ai, rejetant les théories actuelles, conformé ma pra tique, et j'ai pu voir céder en quelques jours, sans épanchement, des pleurésies dont le début annonçait la violence. C'est pour avoir oublié ces préceptes d'un grand observateur, ou ne pas les avoir connus, que trop de médecins contemporains laissent s'effectuer ces vastes épanebements que la thoracocentèse est seule efficace à faire disparaître. 11 eût mieux valu certes en empêcher la formation.) . Dans le second cas, la maladie est encore prise à son début; c'est dans la nuit du 10 au I i avril qu'eut lieu le frisson et que' le point de côté se fit sentir encore à droite ; c'est dans la soirée du 12, trente-six heures plus tard, que le malade entre à la Charité et y est immédiatement saigné, « Le sang offrit un caillot en champignon à bords relevés, recouvert d'une couenne épaisse et entouré de beaucoup de sérosité. Disparition du point de côté après la saignée. »
Le 13, il y eut clans la matinée jusqu'à midi une sueur abondante, mais qui ne fut pas critique; car, le soir, un violent redoublement eut lieu, le point de côté reparut et la respiration redevint gênée; on fit une nouvelle saignée de 12 onces, qui présenta le même aspect que la première.
Le lendemain 14, quatrième jour de la maladie, persistance de la toux et de la fièvre, mais disparition presque complète de la douleur de côté. «Le soir, redoublement marqué par l'augmen^
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tation de la fièvre ci du point de côté. Ce redoublement se termine par une sueur abondante, qui dure toute la nuit et pendant laquelle la douleur pleurctique disparaît. »
Dans la matinée du cinquième jour, il n'y a plus aucun symptôme de pleurésie. Encore sueur la nuit, mais sans redoublement fébrile. Guérison.
En tout, deux saignées.
Cette affection présenta cette particularité qu'elle fut une pleurésie à symptômes rémittents.
La troisième observation est surtout remarquable par la coïncidence de la brusque disparition des symptômes à la suite d'une abondante hémorrbagie utérine, qui fut évidemment critique, et à la production de laquelle une saignée du bras ne fut pas indifférente.
C'était une jeune femme qui, pour s'être refroidie en lavant a la rivière, fut prise d'une vive douleur au-dessous de la mamelle droite.
Le troisième jour de sa maladie, on lui fit une saignée avec application de sangsues sur le côté douloureux.
Le quatrième jour, l'état restait le même, à cela près que la respiration était un peu plus libre et la douleur moins vive. « Dans la matinée du cinquième jour, la dyspnée avait considérablement augmenté, ainsi que la douleur; aucun signe n annonçait cependant que quelque épanchement eût commence a se faire dans la plèvre. La malade était dans un état d anxiété extrême; elle se plaignait d'éprouver de la pesanteur et une chaleur incommode dans les régions lombaire et inguinale. L ue nouvelle saignée fut prescrite ; à peine avions-nous quitté son lit, qu'elle fat prise tout à coup d'une abondante hémorrhagie utérine. A mesure que le sang coulait, la malade se sentait notablement soulagée. Elle perdit environ 3 livres de sang Dans l'après-midi, la respiration était libre, la douleur très obtuse Ij pouls à peu près naturel; en un mot, cette femme P»H peu d'heures d'un état très grave à la convalescence. Les jours suivants, retour des forces et d'une parfaite santé
« La circonstance la plus remarquable de cette observation et sans doute le mode de terminaison de la maladie. Les auteuis