‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 225 sur 287 · ASPIRATIONS SUCCESSIVES DANS LA PLEURÉSIE PURULENTE · texte numérisé non relu

ASPIRATIONS SUCCESSIVES DANS LA PLEURÉSIE PURULENTE

rompues, les ponctions aspiratrices seules continuées, et, au bout de six mois, la quantité de pus diminua. Enfin, la guérison eut lieu. On avait fait trente-trois aspirations. Pendant toute la durée de ce traitement local, l'enfant fut mise au régime d'une alimen tation tonique : viande crue, beurre et alcool.

Cbez un autre enfant de sept ans, M. Bouchut fit une première aspiration qui donna issue à 300 grammes de liquide purulent, épais, jaune verdâtre, sans odeur. Puis, dans l'espace d'un mois, il fit cinq autres aspirations qui fournirent 60, 30, 100, 300 et 200 grammes de pus. L'enfant guérit sans déformation de la poitrine : le thorax s'était d'abord incliné du côté malade et l'on avait appliqué une bande de collodion sur le côté opposé, afin d'obtenir le redressement; mais il est bien évident, par ce que je vous ai dit tout à l'heure du jeune malade cité par Trousseau, que le collodion n'a été pour rien dans le résultat et que la na. ture fait à cet âge les frais du redressement. Une observation très juste de.M. Labadie-Lagrave, c'est que l'aspirateur Dieulafoy permet de répéter la ponction sans avoir la crainte de voir la plaie de l'aiguille se rouvrir spontanément en donnant naissance à une fistule par laquelle, d'un côté, le pus filtre au dehors, de l'autre l'air pénètre dans la plèvre et détermine la putridité du pus; tandis que c'est un accident assez fréquent à la suite de la ponction avec le gros trocart, accident dont je vous ai rapporté des exemples.

L'aspiration du pus et l'évacuation répétée de la plèvre suppurante sans tentative de modification des surfaces qui sécrètent le pus sont cependant choses peu rationnelles; à peine la plèvre malade est-elle vidée, qu'elle sécrète à nouveau et parfois avec une très grande rapidité ; la fièvre se rallume et, ainsi que je l'ai constaté, la température locale de la plèvre malade s'élève; le malade s'épuise par ces spoliations successives et finit par y succomber. Si l'on cite les faits de guérison par cette méthode on doit également citer les cas de mort; en voici un :

Un homme de quarante-huit ans entrait le 8 mars au n° 29 de mon semee; il portait un vaste épanchement pleurétique à gauche, et la nature du liquide n'en était pas douteuse : le malade sortant d'un service voisin où il avait été ponctionné sept fois en

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six semaines et où, aux six dernières fois, on avait retiré du pus.

Voici sommairement son histoire : dans la nuit du 1er au 2 janvier, il était sorti dans la cour de sa maison, s'y était refroidi et était immédiatement rentré avec de grands frissons. Le lendemain matin, point, de côté très douloureux. Évidemment, la maladie était aiguë et des plus récentes; au lieu de la traiter antiphlogistiquement, le médecin prescrivit un vésicatoire, et ce fut tout. Le malaise continuant - le contraire eût seul eu lieu d'étonner—le malade entre le 6 dans un des services de cet hôpital. Le lendemain 7, on fait une ponction qui donne issue à 2 litres de liquide d'aspect laiteux.

Ainsi en six jours le malade, traité par un vésicatoire pour une pleurésie aiguë, avait fait 2 litres de liquide riche en leucocytes. Je pourrais citer bien d'autres exemples, trouvés par moi dans mes recherches sur la suppuration de la plèvre, et où je vois invariablement, comme si la chose était des plus naturelles : « pleurésie aiguë , un vésicatoire , chiendent » — ou quelque autre drogue; à peu de jours de là l'épanchement augmentant - je crois bien 1 - on fait la ponction, et « c'est du pus que l'on extrait. » Mais passons !

Donc, au bout de six jours, on avait 2 litres de liquide laiteux; sept jours plus tard, le 15, c'est du pus, dont on obtenait 3 litres, qu'une seconde ponction fournissait.

C'est là l'histoire quotidienne maintenant : si le liquide n'est que louche à une première ponction, il sera purulent à la seconde. Nul à présent ne semble s'en étonner. Et cependant que s est-il donc passé entre les deux opérations, sinon une aggravation de la phlegmasie pleurale? Et comment comprendre cette transformation de l'acte morbide, sinon par une exagération de Ihyperémie actuelle de la plèvre, qu'ont exaltée le traumatisme de la piqûre, la succion opérée par l'aspirateur, elle vide produit par l'évacuation? Or, cette hypérémie que l'on a ainsi exaltée comme le prouve la nature des produits phlegmasiques ultérieurs, on ne fait rien, absolument rien, médicalement parlant, pour la combattre; on n'applique ni ventouses, ni sangsue,, m môme de vésicatoires, qui seraient alors si bien indiqués cependant I

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