TEMPÉRATURE GÉNÉRALE ET PLËURALË. C
A une troisième ponction, faite huit jours après, le 23, on obtenait 2 litres de pus.
Dans le courant de février on fit encore quatre ponctions, dont les deux premières donnèrent issue chacune à 1 litre de pus, les deux dernières à la môme quantité environ d'un liquide couleur chocolat.
Le malade, se refusant à une huitième ponction, quitta le service le 25 février, mais il rentrait dans le mien le 8 mars; il présentait alors tous les signes d'un assez vaste épanchement : matilé dans tout le côté gauche de la poitrine , souffle intense presque amphorique dans la fosse sous-épineuse gauche avec bruit de gargouillement, comme l'ont signalé dans certains cas de pleurésie Barthez et Landouzy.
Le 10, la température axillaire était de 37°,2; celle de la paroi thoracique en contact avec la plèvre saine, de 36 degrés; celle du côté de la plèvre malade, de 36%8, c'est-à-dire de près de 1 degré plus élevée (1).
Le 11 , la température des deux plèvres était la même : de 3o°,6. Vous verrez dans un instant combien la constatation de ce fait avait d'importance; il indiquait, en effet, le silence de la phlegmasie ; vous verrez aussi comment tout cela changea par le fait de la ponction.
La faiblesse était grande, la figure pâle et amaigrie. Il y avait peu de toux, une expectoration presque nulle. La dyspnée n'était pas très intense. Le malade avait des sueurs nocturnes, mais pas de diarrhée.
Il m'importait de savoir s'il était tuberculeux, ainsi qu'il en avait l'aspect ; or, on entendait, au sommet droit et en arrière des craquements humides peu nombreux, mais très évidents
Je ne voulais pas l'opérer, ayant constaté qu'il était tuberculeux, car je ne voyais pas trop le bien que je pourrais lui faire par
BnnlP0Ur jU^r lempôrature Pleurale cas d'épanchement, j'applique ce .«vement e même thermomètre dans le même espace intercostale c, ^ cô té de la poitrine; la différence de température ne peut être due qu'à S
tue de la plèvre. S'il y a pleurésie ou hypérémie sécrétoire activ , y a «ration de température de 1 degré, s degrés et même |.|B. ainsi qu'0 ' °e o. dans les recherches faites par moi sur ce malade. (Voi, plus loin l 6 les recherches thermomètres loca.es et générales enl epri e sur m ia )
6S6 LES PLEURKTIQUES.
une huitième ponction, sachant le mal qu'elle lui pourrait causer; mais du 15 au 20, l'état général s'aggrava, le malade perdait l'appétit et avait des vomissements aqueux avec nausées presque continuelles et sensation de pression sur l'estomac; de sorte qu'il me pria lui-môme de lui faire la ponction qu'il avait refusée trois semaines auparavant.
Je cédai donc à ses sollicitations, et, le 20 mars, je retirai de sa plèvre, avec l'aspirateur Dieulafoy, 2250 grammes de pus épais et verdâtre. A la fin de l'opération, je lavai sa plèvre avec de l'eau tiède légèrement alcoolisée, dans la proportion de 15 grammes d'alcool pour 450 d'eau ; et celle-ci fut soigneusement aspirée après avoir séjourné quatre à cinq minutes dans la cavité pleurale. Le malade n'en éprouva aucune espèce de sensation.
A la suite de l'opération, il y eut, comme toujours, un sentiment de mieux-être; l'oppression était beaucoup moindre, le M envies de vomir cessèrent, les sueurs disparurent, mais l'appétit ne revint pas, et bientôt, chose plus grave, la fièvre s'alluma.
Alors se produisit un phénomène parallèle, de la plus haute importance, selon moi, et sur lequel j'appelle toute votre attention, à savoir : X élévation simultanée de la température locale de la plèvre malade et de la température générale prise dans l'aisselle. Et ce qui indiqua bien que la fièvre était le résultat de la repris^ du travail de sécrétion purulente dans la plèvre malade, c'est que l'élévation de la température dans la plèvre dépassa toujours celle de la température générale. Ainsi, quand la cavité pleurale était distendue au maximum par le produit morbide, toute sécrétiori y devenait matériellement impossible; mais elle s'effectuait a nouveau avec toutes ses conséquences, la fièvre de suppuration, dès que la cavité de la plèvre était redevenue libre par le fait de
la ponction (I). . .
Dès le 23, trois jours après l'opération, les vomissemenls bilieux se reproduisirent; il y avait de la douleur avec sensation de constriction à la région épigastrique. On entendait au tiers supérieur gauche du souffle amphorique mêlé à un peu de tintement métallique lointain. Je n'en conclus pas à un pneumothorax, mais
(1) Voir, plus loin , p. 693 [température plm-aU après la poncUo»', les détails de ces recherches et les conséquences que j en lire.