‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 228 sur 287 · THORACOCENTÈSE ET MORT SUBITE · texte numérisé non relu

THORACOCENTÈSE ET MORT SUBITE

mécanisme est le môme, bien quo la symptomatologïe du fait soit différente; dans l'un comme clans l'autre cas, c'est l'afflux du sang dans les vaisseaux du poumon naguère comprimé et qui se déplisse, c'est cet afflux qui devient la cause prochaine de la moft, soit au cas de syncope, parce que cet afflux du sang au poumon se fait au détriment du cerveau qui tombe en ischémie et se syncope ; soit au cas de congestion, parce que cet afflux provoque un état asphyxique auquel le malade ne tarde pas à succomber.

Maintenant la pleurésie purulente est chronique; son début remonte à plusieurs semaines ; tout fait présumer que la plèvre est doublée de fausses membranes épaisses et résistantes, que peut-être sa cavité est cloisonnée, que l'expansion du poumon est doublement entravée et que l'évacuation pure et simple du pus sera aussi difficile qu'insuffisante. Il est bien évident qu'il faut tenter alors de modifier la vitalité actuelle des parois de la cavité malade, et qu'on ne peut le faire que par des actions topiques.

Ainsi, aspiration d'une part, injection d'autre part, voilà cequ'on peut tenter avant d'arriver à Vultima ratio, l'opération de Vempyème.

Ici encore l'aspirateur Dieulafoy peut être de très grand avantage : il aspire le liquide purulent, permet de laver à grande eau, de rincer pour ainsi dire la cavité pleurale, d'y injecter enfin des liquides médicamenteux en quantité telle qu'on le désire et avec la vitesse qu'on y veut mettre; de les y laisser séjourner aussi longtemps qu'on le juge à propos, puis de les en extraire aussi complètement qu'il est nécessaire.

Pour opérer facilement ces lavages et ce pansement de la plèvre plusieurs fois par jour avec facilité, il faut laisser un tube à demeure; afin d'ailleurs de pouvoir injecter un liquide quelconque, la teinture d'iode par exemple, sans que ce lube s'altère, M. Dieulafoy a imaginé un trocart thoracique (lîg. 38).

Le volume de ce trocart ne dépasse pas celui des aiguilles n°" 2 et 3. L'instrument est recourbé de manière que la canule laissée à demeure, étant presque parallèle à la paroi interne de la poitrine, ne puisse heurter de son extrémité le poumon, le blesser ou en être oblitérée. Le trocart ayant pénétré dans l'a poitrine,

860 LES PLEURÉT10UES.

on le fixe très facilement au moyen de rubans de fil placés dans les yeux du petit disque ou bouclier qui le termine, et de quelques gouttes de collodion qui collent ces rubans à la peau.

Fig. 38 —tt, trooart tlioracique ; — B, bouclier du trocart muni de fentes / destinées à laisser passer un ruban de ûl ; - P, dard du trocart ; - A, ajutage intermédiaire, mettant en rapport l'aspirateur et le trocart; — T, tube de l'aspirateur; - 0, obturateur; - V, vis sur laquelle s'adapte l'obturateur ou l'ajutage intermédiaire; — CC, trocart vu de face et mis en place.

Le manuel opératoire est assez simple : le trocart introduit dans la plèvre, on en retire le dard, on y fixe rapidement un ajutage à robinet destiné à mettre la canule laissée en place en rap-

Fio. 39.

port avec l'aspirateur à crémaillère (fig. 39), et l'on vide alors la plèvre, on la lave, puis on injecte le liquide médicamenteux. L'opk ration terminée, on boucbe la canule avec un obturateur à vis. La saillie que fait la canule avec son obturateur est à peine sensible et ne gène en aucune façon le malade. Cbaque fois qu'on veut pratiquer un pansement de la plèvre, on dévisse l'obturateur et on le

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