‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 231 sur 287 · PLEURÉSIE PURULENTE DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE PURULENTE DE L'ENFANCE

ment sociales, et qui sont propres aux enfants des pauvres. Misère sociale et misère physiologique marchent ordinairement de conserve, aussi l'organisme du pauvre n'est-il trop souvent qu'un pauvre organisme.

Combien la chose est-elle plus vraie pour le petit enfant! Pauvreté de la séreuse et méchanceté de sa maladie ; tendance à la purulence de cette pleurésie survenant chez cet enfant du peuple, mal nourri, plus mal soigné encore; que le médecin n'a point visité ou qu'il a traité par des moyens insignifiants; d'abord parce que la mode est ainsi , ensuite parce que ni le milieu ni les conditions matérielles ne se prêtent à un traitement plus actif.

Quoi qu'il en soit, la pleurésie purulente, si fréquente dans les hôpitaux de l'enfance, l'est beaucoup moins en ville; et l'on peut avancer que les petits malades qui entrent à l'hôpital avec un épanchement purulent n'avaient pas été soignés avant leur admission. Ici encore je ne crains pas d'accuser l'expectation, dont je vous ai déjà signalé la malfaisance chez les enfants affectés de pleurésie (1).

Enfin la plèvre de ce petit enfant a suppuré, qu'y faut-il faire? Nous avons vu tout à l'heure qu'on peut la guérir à l'aide d'aspirations successives, dont il a fallu jusqu'à trente-trois dans un cas; mais on en pourrait citer d'autres où, au bout d:un an de traitement, les ponctions capillaires aspiratrices, répétées cinquante-six fois, sans compter les ponctions sèches, n'avaient pas encore réussi à guérir le petit malade.

Par ces raisons, d'accord avec M. Henri Roger, je crois que V écoulement continu du pus est préférable à son évacuation intermittente par ponctions successives. Je ne saurais mieux faire que de vous citer les paroles mêmes de mon cher maître en pathologie infantile.

« Voici, dit M. Henri Roger, les règles que nous croyons devoir tracer relativement au traitement de la pleurésie purulente chez les enfants et aux indications de.la thoracocentèse :

« 1° Dans les cas aigus, si l'épanchement est abondant, et si

(1) Voir, dans cette laçon, p. 6S(), et leçon XXVIII, p. K90.

078 LES PLEURÉTIQUKS.

les phénomènes généraux graves persistent sans amendement, on doit opérer vite, c'est-à-dire dès que l'on a des raisons de croire qu'il y a du pus en foyer. La lecture des observations, d'accord avec l'expérience journalière, montre que les chances de guérison sont en raison directe de la précocité de l'opération.

« Une première ponction sera pratiquée avec un trocart capib* laire, en évitant l'introduction de l'air au moyen de l'appareil de M. Dieulafoy, ou, de préférence, du ballon aspirateur et du petit trocart de M. Potain.

« Comme il y a des faits certains de guérison après une ponction unique, bien qu'ils soient très rares, il convient, après l'écoulement complet du pus, de procéder à l'occlusion de la plaie, avec ou sans lavages préalables de la plèvre.

« Si la collection se reforme et s'il survient de nouveaux acci' dents, on fera une seconde ponction suivie de lavages.

« La conduite à tenir ultérieurement dépendra de la marche delà maladie après l'opération. Si l'épanchement s'est reproduit lentement et en moindre abondance, on peut, se basant sur les succès obtenus après deux ponctions et injections, tenter encore l'occlusion de la piqûre. Mais si la collection s'est reformée abondante, en quelques jours, après la seconde comme après la première opération, il ne faut plus attendre, et dès lors il est plus sage d'établir une fistule pleuro-cutanée avec écoulement continu.

«Toute tentative nouvelle de tboracocentèse simple est contreindiquée : elle ne saurait en rien modifier la maladie, et, par contre, elle amène des retards très préjudiciables à un organisme épuisé. Il en est de l'établissement d'une canule à demeure comme de la trachéotomie : plus on temporise, moins on laisse de chances favorables aux malades.

« Une fistule permanente étant nécessaire, il faut, pour l'établir, ponctionner avec un trocart à hydrocèle, auquel on substitue ensuite une canule d'argent. Cette opération sera faite au point qui nous a paru le plus convenable, à la région antéro- latérale du thorax. Le drainage sera réservé aux enfants plus âgés et aux opérateurs habiles.

« L'instrument une fois en place, il sera indispensable de faire

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